Dans le rapport intitulé «La révolution ratée du Nicaragua» rendu public ce mercredi 29 avril par le think tank californien «Oakland Institute» et portant sur les violences exercées contre les communautés indigènes du Nicaragua, Anuradha Mittal, la directrice de cette ONG, accuse le président nicaraguayen Daniel Ortega de profiter de la pandémie du nouveau coronavirus pour accélérer l’occupation, par les «Blancs», des territoires appartenant auxdites populations.

Ainsi, en pleine pandémie, les autochtones se voient donc soumis à une «double-peur» dès lors qu’ils doivent faire face à la fois à «la violence des colons et à celle du virus dont ils ne savent que très peu de choses en raison de l’absence d’information et des messages confus du gouvernement».

Les violences exercées par les envahisseurs hispanophones
contre la communauté indigène du pays à l’effet de la chasser de ses terres ne
sont pas subséquentes à la pandémie. Ces exactions se sont multipliées ces
dernières années pour la simple raison que les terres occupées par les
autochtones sont fortement convoitées à cause de leur fertilité et de leur
richesse en bois tropicaux et en or.

Lottie Cunningham, avocate et fondatrice du «Centre pour la
justice et les droits de l’homme de la côte atlantique nicaraguayenne» dénonce
le fait que le gouvernement de Daniel Ortega soit en train d’utiliser la
pandémie «comme un écran de fumée». Soutenant «en sous-mains les colons (il
chercherait) à profiter du virus pour masquer les invasions des terres
indigènes dont l’accélération devient dramatique».

Ainsi, dès le déclenchement de la pandémie du Covid-19, les
assauts contre les autochtones se sont faits plus fréquents. Et si, le 29
janvier, l’attaque perpétrée par un groupe de plus de quatre-vingt «colons»
armés contre la communauté «Alal» s’était soldée par la mort de quatre
personnes et par la disparition d’une dizaine d’autres, une adolescente
«Miskito» avait été violemment blessée à la tête le 16 février alors que le 26
mars, ce sont deux «mayangna» installés sur le territoire «tuahka» au nord-est du
Nicaragua, dans la réserve «Bosawa», qui avaient été abattus par des éleveurs
de bétail. Le lendemain, ce fut au tour de deux jeunes hommes, l’un «Miskito»
et l’autre «Mayangna» de tomber sous les balles des «blancs».

Depuis 2015, ce sont donc plusieurs dizaines d’indigènes qui
ont été tués, blessés ou enlevés pendant que des milliers d’autres ont été
contraints de quitter leurs terres et d’aller gonfler les effectifs des
quartiers pauvres et miséreux des villes environnantes.

Considérant que parmi les 304 communautés indigènes que
compte le Nicaragua, seules douze ont été placées sous la protection de la
Commission interaméricaine des droits de l’Homme, plus de 1000 indiens de la
région «Mayangna» ont été forcés à quitter leurs villages et à se dessaisir
d’un territoire de plus de 32.000 hectares sur lequel 1.500 familles de colons
pratiquent, désormais, l’élevage extensif.

Alors qu’avec la pandémie du Covid-19 qui, selon le
président nicaraguayen serait «un avertissement» donné par Dieu aux grandes
puissances, il aurait été plus judicieux de surseoir aux attaques contre la
communauté autochtone et de s’atteler à enrayer la propagation du virus, le
président Daniel Ortega est d’un autre avis. Ecartant toute mesure de
confinement, il a donc appelé la population à continuer à travailler au motif
que «si on arrête de travailler, c’est la mort du pays». Mais qu’en sera-t-il,
cependant, des incessants assauts contre les populations indigènes ? Ne
cesseront-ils jamais Monsieur le Président ? Attendons, pour voir…

Nabil El Bousaadi

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Auteur: M’hammed rahal
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