Du moment que le Souverain a acté la décision de placer les hôpitaux sous l’autorité directe des directeurs généraux des cinq Groupements sanitaires territoriaux (GST), la mise en œuvre de la réforme du système de santé national est bien partie.
C’est à la suite d’un Conseil des ministres, tenu jeudi 9 avril et particulièrement riche en nouveautés, que SM le Roi, conformément aux dispositions de l’article 49 de la Constitution et sur proposition du Chef du gouvernement, a nommé les futurs directeurs des Groupements sanitaires territoriaux.
En matière de santé publique, il s’agit là d’un levier majeur d’amélioration de l’état de santé des populations, fondé sur des stratégies éprouvées. Avec ces nouveaux patrons, le pilotage des structures hospitalières, qui doit rester à l’abri des pressions, qu’elles soient politiques ou industrielles, va certainement réduire les inégalités sociales de santé et les dépenses de santé à long terme. À titre d’exemple, la gestion du Groupement sanitaire territorial de la région de Souss-Massa a été confiée à un général de l’armée, Tarik El Harti, dont la réputation de rigueur est connue et estimée par ses pairs, que ce soit au niveau de l’hôpital militaire d’Agadir que l’intéressé a géré jusqu’à présent ou au niveau des autres services de santé de la province.
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Avec ces nominations de poids lourds de la santé, dont la plupart ont roulé leur bosse dans les rouages des structures hospitalières, le Chef de l’État met les dernières touches à une réforme majeure d’un système de santé qui ambitionne également de favoriser les coopérations entre les quelques dizaines d’hôpitaux publics marocains.
Ce qui représente une véritable révolution en termes de refonte du système de santé. En effet, ces GST remplacent une gouvernance hospitalière centralisée et fragmentée par une organisation régionale intégrée et dotée de l’autonomie financière et de la personnalité morale. Ils visent à rapprocher les décisions en matière de santé de la réalité du terrain, à réduire les inégalités territoriales et à améliorer la coordination des soins et des parcours. Les mots-clés de ce nouveau système sont la décentralisation, l’autonomie, une coordination accrue, la réduction des inégalités et une nouvelle gouvernance.
Pour ce qui est de la décentralisation, les GST permettent une prise de décision en matière de santé plus adaptée aux besoins régionaux, contrairement aux décisions centralisées, qui sont parfois inadaptées. Ainsi, la territorialisation de la santé vient de franchir un nouveau pas décisif. Une décision fondée sur la régionalisation de l’offre de soins qui met en avant l’indépendance scientifique et financière de nos politiques de santé et, in fine, de la santé des Marocains.
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Ces nouveaux modes de coopération entre les établissements publics de santé à l’échelle d’un territoire visent ainsi à garantir à tous les patients un meilleur accès aux soins.
Le déploiement des GST s’accompagne d’une gestion propre, conçue comme celle d’établissements publics régionaux, dotés de la personnalité morale et de l’autonomie financière, chargés d’exécuter la politique de santé de l’État à l’échelle territoriale. Tous les établissements publics de santé d’une région seront donc regroupés au sein d’une même entité. Une mutualisation des moyens qui vise à atteindre plusieurs objectifs simultanés : mutualiser les ressources, décentraliser la décision, coordonner les parcours de soins et, au final, responsabiliser les acteurs locaux.
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En principe, ce nouveau mode de gestion devrait permettre d’adapter les politiques sanitaires aux réalités démographiques, épidémiologiques et géographiques de chaque territoire, alors que, jusqu’à présent, les décisions centralisées s’avéraient souvent inadaptées à la réalité régionale.
De toute façon, la crédibilité des changements repose aussi bien sur la confiance dans les hommes que sur les messages et les institutions qui les portent.
Auteur: Abdelaziz Bouabid
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