M. Abdelmadjid Azzi nous a replongé, hier, lors du Forum de la mémoire d’El Moudjahid, dans les premiers moments de l’UGTA, a l’heure où les plus grands noms du syndicalisme algérien ont donné naissance à l’Union générale des travailleurs algériens (UGTA), à l’image de M. Boualem Bourouiba, l’un des 5 fondateurs et grand témoin du mouvement syndical.
C’est lors de la commémoration du 8e anniversaire du décès de Boualem Bourouiba, organisé conjointement hier au forum de la mémoire par le journal El Moudjahid et l’association Machaal Echahid que la vie et le parcours de cette grande figure emblématique du syndicalisme algérien ont été exposés par son ami et compagnon de toujours le syndicaliste, Abdelmadjid Azzi. en présence de la veuve et des enfants du défunt. «Il fait partie de la génération de tous ces compatriotes qui ont sacrifié les plus belles années de leur vie pour que l’Algérie soit débarrassée du colonialisme» dira M. Azzi.
Dans un témoignage trés émouvant, M Azzi nous a livré les premiers pas et le combat de ce militant en tant que l’un des principaux artisans de la création de l’UGTA. «Militant du Parti du peuple algérien, Bourouiba a fait ses premiers pas de syndicaliste dans les chemins de fer. Il était, comme les autres travailleurs et saisonniers, syndiqué dans la Confédération du travail, dominée par le Parti communiste algérien à l’époque. Et c’est dans le feu de la guerre de Libération que l’idée de la création d’une organisation syndicale indépendante de celles existantes, et proprement algérienne, a germé chez lui» dira M. Azzi. Notre invité nous rappelle un autre combat conduit par M. Bourouiba, Celui qu’il a mené au sein des syndicats UGTA, au lendemain de l’Indépendance de l’Algérie, de la reconstruction du syndicalisme algérien, au cours des premiers moments de l’Indépendance, en particulier de la Centrale syndicale, l’Union générale des travailleurs algériens.
L’orateur nous parle avec des mots faciles de ce que le défunt a vécu et observé, des syndicalistes qu’il a rencontrés sur son chemin, dans l’Algérie nouvellement indépendante. Il nous remémore ainsi les «événements engendrés par la douloureuse crise de 1962» et «ses déchirements», le coup d’État du 19 juin 1965» et «ses conséquences sur le mouvement syndical. M Azzi raconte que le «24 février, ils étaient une cinquantaine de membres a se réunir en congrès prés de Ketchaoua, dans un local sous la présidence de Aissat Idir .
Une coordination de cinq membre s’est dégagé, elle est composée de Aissat Idir, Benaissa Attalah, Djermane Rabah Ali Yahia Madjid et Boualem Bourouiba.
Il faut reconnaître que Boualem Bourouiba de par son expérience fut d’un grand apport en tant que membre fondateur dans la création de l’UGTA au moment crucial ou la répression s’abattit sur le peuple Algérien» dira l’invité d’El Moudjahid. Au lendemain de l’indépendance M. Boualem Bourouiba «estimait que la mise sur pied d’une centrale forte, réunissant la grande majorité des travailleurs pouvait jouer un rôle irremplaçable dans la mise en place d’une économie solide et serait également garante d’une justice sociale et un rempart contre les atteintes a la démocratie» Le défunt était partisan de l’autonomie de l’UGTA et a 45 ans il a renoncé a ses fonctions au Secrétariat nationale de la Centrale. En 1992 , après le retour de Mohamed Boudiaf au pays, Bourouiba sera nommé au conseil consultatif. A la fin de son mandat il décida de consacrer son temps a l’écriture de ses mémoires.
M Azzi terminera son récit par dire «nous gardons de lui le souvenir d’un militant courageux généreux qui est demeuré fidele aux principes fondateurs de la liberté et la démocratie, l’essence même du syndicalisme».
Le Forum de la mémoire n’a pas omis a cette occasion d’honorer la veuve de Boualem Bourouiba, une symbolique qui a profondément touché les enfants et les petits enfants du défunt. Farida Larbi
Auteur: elmoudjahid
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