SM le Roi Mohammed VI a présidé, vendredi 16 octobre, au Palais Royal à Rabat, la cérémonie de nomination de la nouvelle équipe gouvernementale conduite par Fatima Ezzahra El Mansouri. Selon la composition communiquée, plusieurs figures de l’ancien exécutif conservent leurs portefeuilles, tandis que de nouveaux responsables font leur entrée. Économie, éducation, santé, emploi et transition numérique figurent parmi les départements concernés par une redistribution des responsabilités.
Le changement est d’abord symbolique. Après avoir dirigé le ministère de l’Aménagement du territoire national, de l’Urbanisme, de l’Habitat et de la Politique de la ville sous Aziz Akhannouch, Fatima Ezzahra El Mansouri accède désormais à la tête du gouvernement. Sa nomination, annoncée le 29 septembre, constitue une première dans l’histoire politique du Royaume : elle est la première femme appelée à diriger l’Exécutif marocain.
La nouvelle équipe s’inscrit dans le cadre d’une majorité réunissant le Parti authenticité et modernité (PAM), l’Istiqlal, l’Union socialiste des forces populaires (USFP) et le Parti du progrès et du socialisme (PPS). Cette coalition dispose de 207 sièges à la Chambre des représentants, selon l’annonce officielle du 12 octobre.
Les poids lourds de l’État restent en place
La composition transmise fait apparaître une continuité dans plusieurs départements stratégiques. Abdelouafi Laftit conserve l’Intérieur, Nasser Bourita les Affaires étrangères, Abdellatif Ouahbi la Justice et Ahmed Toufiq les Habous et les Affaires islamiques. Nizar Baraka demeure chargé de l’Équipement, tandis que Ryad Mezzour conserve l’Industrie et le Commerce.
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Abdessamad Kayouh reste aux commandes du Transport et de la Logistique. Mohamed Mehdi Bensaid conserve un portefeuille consacré à la Jeunesse et à la Culture, élargi aux Sports. Azzeddine El Midaoui maintient également la responsabilité de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de l’Innovation.
Ces reconductions témoignent d’une volonté de préserver des compétences déjà engagées dans la conduite des politiques publiques. Elles coexistent toutefois avec une redistribution substantielle des responsabilités économiques et sociales.
Finances, éducation, santé : des portefeuilles redistribués
Le changement le plus notable dans la sphère économique concerne Fouzi Lekjaa, qui passe du portefeuille délégué chargé du Budget à celui de ministre de l’Économie, des Finances et de la Performance publique. Dans l’équipe sortante, ces fonctions relevaient de Nadia Fettah, tandis que Lekjaa intervenait auprès d’elle en qualité de ministre délégué chargé du Budget.
L’éducation connaît également une recomposition. Le portefeuille confié à Nabil Benabdallah regroupe l’Éducation nationale, le Préscolaire, la Formation professionnelle et la Qualification. La liste prévoit en outre deux ministres délégués, chargés respectivement du Préscolaire et de la lutte contre le décrochage scolaire, puis de la Formation professionnelle et de la Qualification.
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Dans la santé, Youns Bjijou remplace Amine Tehraoui, selon la composition communiquée. L’agriculture revient à Khalid Hatimy, avec une appellation qui met explicitement en avant la souveraineté alimentaire. L’énergie, les mines et le développement durable sont confiés à Charafat Afailal, tandis qu’Abderrahim Chahid prend en charge l’Emploi et le Dialogue social.
De nouveaux entrants et des sortants en nombre
La liste fait apparaître plusieurs entrants par rapport à l’équipe sortante, parmi lesquels Hassan Tariq au Secrétariat général du gouvernement, Samir Belfkih à l’Aménagement du territoire et Ahmed Rahhou à l’Intelligence artificielle et à la Transformation numérique.
D’autres nouveaux responsables sont annoncés dans le tourisme, la famille, l’énergie, l’emploi et les secteurs sociaux. Parmi eux figurent Jalal Charaf, Najwa Koukouss et Charafat Afailal. La création d’un département consacré à l’intelligence artificielle traduit, sur le papier, une volonté de placer les technologies numériques au cœur de l’action publique.
En contrepartie, plusieurs membres de l’ancien gouvernement ne figurent plus dans la liste transmise. C’est notamment le cas d’Aziz Akhannouch, qui quitte la tête de l’Exécutif, de Nadia Fettah aux Finances, de Mohamed Saad Berrada à l’Éducation nationale, d’Amine Tehraoui à la Santé, d’Ahmed El Bouari à l’Agriculture et de Fatima Zahra Ammor au Tourisme.
Une architecture gouvernementale plus spécialisée
Au-delà des changements de personnes, la nouvelle architecture repose sur une spécialisation accrue de certains domaines. Le Commerce extérieur, la Pêche maritime, la Jeunesse, l’Artisanat, l’Habitat, l’Inclusion sociale et la Réforme de l’administration disposent chacun d’un responsable délégué identifié.
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Cette organisation vise à répartir plus précisément les responsabilités au sein de l’Exécutif. Elle devra toutefois être appréciée à l’aune de la coordination entre ministères, des moyens budgétaires mobilisés et des résultats obtenus sur les priorités nationales : pouvoir d’achat, emploi, qualité des services publics et compétitivité de l’économie.
Le défi de la mise en œuvre
La cérémonie décrite dans la composition communiquée aurait été marquée par la prestation de serment des nouveaux membres du gouvernement devant le Souverain, suivie d’une photo-souvenir en présence du chambellan Sidi Mohammed El Alaoui.
Pour Fatima Ezzahra El Mansouri et son équipe, l’enjeu dépasse désormais la répartition des portefeuilles. La coalition devra traduire ses engagements en mesures concrètes, dans un contexte où les attentes en matière d’emploi, d’éducation, de santé et de justice sociale demeurent fortes. La portée réelle du renouvellement dépendra moins du nombre de nouveaux visages que de la capacité de cette équipe à transformer ses priorités en résultats tangibles.
Auteur: Adama Sylla
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