Chômage technique pour les travailleurs de l’entreprise

Toutes les démarches effectuées par l’entreprise auprès de la BEA et la tutelle pour débloquer la situation financière de ce complexe industriel demeurent sans suite, précise-t-on au niveau de la direction générale de l’Eniem.

Encore une fois, l’Entreprise nationale des industries de l’électroménager (Eniem) sise à Oued Aissi, à 7 kilomètres à l’est de Tizi Ouzou, retombe dans une situation d’incertitudes.

La direction générale de ce complexe industriel vient d’annoncer un arrêt technique d’activité à partir du 2 février prochain. «Nous portons à la connaissance des travailleuses et des travailleurs de I’Eniem que le conseil de direction, élargi aux membres du bureau du CP, s’est réuni le 27 janvier 2020, au niveau du siège de la direction générale, afin de débattre de la situation qui prévaut au sein de l’entreprise, relative à la production et aux approvisionnements.

A cet effet, nous avons le regret de vous informer que toutes les démarches effectuées par l’entreprise auprès de la BEA et la tutelle pour débloquer la situation financière de l’entreprise afin d’assurer les approvisionnements nécessaires à l’activité de production, demeurent, à ce jour, sans suite, et ce, malgré le plan de charge ambitieux présenté», lit-on dans la note d’information adressée par la direction générale de l’Eniem à ses employés.

Selon le même texte, cette situation a provoqué une rupture de stocks de la matière première et des collections CKD, et «les quelques approvisionnements placés seront réceptionnés à partir de la deuxième quinzaine du mois de mars 2020, pour ne couvrir que quelques journées d’activité». «Par conséquent, l’employeur et le partenaire social se voient contraints de convenir d’un arrêt technique d’activité à partir du 2 février 2020, et ce, conformément à la convention collective de l’entreprise», ajoute le même document. Ainsi, épuisement des reliquats, anticipation sur le congé annuel 2019/2020 et chômage technique sont les trois propositions émises par les responsables de cette entreprise.

Par ailleurs, rappelons que c’est la deuxième fois, en l’espace de six mois, que la production est suspendue au niveau de l’Eniem de Tizi Ouzou. En juillet dernier, les travailleurs de cette usine avaient été contraints de prendre un congé forcé, étant donné que la matière première destinée à la fabrication des climatiseurs, réfrigérateurs, cuisinières, entre autres, n’était pas disponible au niveau des ateliers de l’Eniem, en raison d’un problème lié au renouvellement de sa licence d’importation des collections CKD.

D’ailleurs, en réaction à cette situation, le PDG de l’entreprise, Djilali Mouazer, avait déclaré à El Watan que l’Eniem risque la disparition totale avec des répercussions importantes sur le climat social de la région, tout en mettant, en outre, l’accent sur les 1800 travailleurs directs qu’emploie cette entreprise qui était le fleuron de l’industrie nationale. «Les répercussions de cette situation est la perte d’emplois, s’il y a encore blocage. Nous serons obligés d’aller vers un congé technique et un plan social. Tout est prêt sur la table.

Nous n’allons pas ramener des gens pour rester du matin au soir, à l’intérieur de l’entreprise, sans rien faire. C’est la logique des choses. On risque la disparition totale de l’Eniem», avait-il précisé. Toutefois, quelques semaines plus tard, les choses allaient rentrer dans l’ordre et la production a repris au sein de cette entreprise, et ce, après avoir obtenu les décisions d’importation CDK.

D’ailleurs, M. Mouazer avait même parlé d’importantes perspectives de développement de l’entreprise pour la diversification de sa production. «On est en train de se préparer au nouveau cahier des charges pour accélérer l’extension de notre gamme, notamment pour ce qui est du petit appareil électroménager, les chaudières et tous les modèles de climatiseurs.

D’ailleurs, pour nous, 2020 est l’année de la diversification de nos produits», nous avait-il expliqué, tout en soulignant que des discussions avec les responsables de la BEA avançaient de manière à aboutir à un rééchelonnement en vue du déblocage d’importantes lignes de crédit. Cependant, ce complexe industriel sera à l’arrêt, encore une fois, à partir de la semaine prochaine. 

Post Views: 1 197


Auteur: Anis Khecheba
Cliquez ici pour lire l’article depuis sa source.