Dans le cadre de la mise en œuvre du DSCE, le gouvernement a identifié le relèvement du niveau d’investissement public comme l’un des éléments clés pour l’atteinte des objectifs souhaités. À cet effet, il s’est fixé comme objectif, de relever progressivement la part de l’investissement public dans les dépenses totales de l’État de 20% en 2010 à 30% à l’horizon 2020. Cet objectif atteint jusqu’en 2017 (36,3%) connait un fléchissement depuis 2018 où le budget d’investissement public (BIP) est tombé à 28,6% du budget de l’Etat puis à 27,4% en 2019.
Pour l’exercice 2020, l’investissement public ne représentera que 1347 milliards de FCFA sur une enveloppe globale de 4951,7 milliards de FCFA soit 27,20%. Au ministère des Finances, l’on explique cette tendance par la signature du programme économique et financier avec le FMI qui souligne la nécessité de ramener le déficit budgétaire à un niveau compatible avec les critères communautaires de la Cemac d’une part, et l’exigence de réduction du déficit budgétaire à un niveau soutenable.
Au ministère de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du Territoire (Minepat), l’on explique que d’une manière globale, l’ambition du gouvernement est de porter la part moyenne de l’investissement dans le budget de l’Etat à 30,3% sur la période 2020-2022, afin de permettre le financement de l’important programme de développement. « L’objectif assigné à la gestion de l’investissement au cours de la période étant l’amélioration quantitative et qualitative des investissements publics, à l’effet d’impulser une dynamique de développement du secteur privé nécessaire au renforcement de la croissance et la création d’emplois, ainsi que l’amélioration des conditions de vie des camerounais, en cohérence avec les objectifs de développement de la Vision 2035. »
Ainsi, l’attention portée sur le niveau global de l’investissement se combine avec une politique d’affectation prioritaire au renforcement des infrastructures, afin de permettre un véritable essor des investissements privés, qui doivent prendre le relai d’impulsion de la croissance jadis portée par l’investissement public. Dans cette logique, indique-t-on, « l’accent a été mis sur la réalisation des grands projets afin de rompre avec le saupoudrage. » Comme quoi, il n’y a pas lieu de s’alarmer. Surtout que, rassure-t-on, l’investissement public et l’investissement privé sont en général complémentaires. Le premier étant réalisé pour soutenir le second. Bien plus, apprend-on au Minepat, dès 2020, la programmation des investissements publics prend en compte les principales contraintes et poches d’inefficacité et d’inefficience.
Il s’agit entre autres de l’effet d’éviction de la dette sur les autres postes de dépenses et la nécessité de maintenir le déficit budgétaire à un niveau soutenable vont continuer pendant le triennat à contenir le niveau global du BIP ; la poursuite des programmes d’investissement spéciaux (CHAN 2020, CAN 2021, Planut, PTSJ), avec cependant la nécessité de mieux les intégrer dans le budget de l’Etat. Leur budgétisation constitue une priorité pour l’Etat avec un effet d’éviction sur les autres composantes du BIP ; la mise en service des grands projets de première génération, notamment par la finalisation de toutes les infrastructures connexes ; la situation des retards de payement des décomptes au Trésor public, ce qui nécessitera d’une part une meilleure planification des besoins des projets et d’autre part la mise en place des plans d’engagement cohérents avec le plan de trésorerie ; le nombre important de projets à financement extérieur s’exécutant en même temps va continuer au cours de la période à générer des besoins en décaissement au-delà des possibilités budgétaires, ce qui imposera de poursuivre le mécanisme de régulation engagé, au moins jusqu’à la fin de l’année 2023.
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Auteur: Francky
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