Les agriculteurs accompagnés par les agronomes d’Al Moutmir

Immersion  : Le 20 décembre 2022, les équipes d’Al Moutmir se sont installées dans la province de Kelâa des Sraghna pour lancer ce dispositif d’accompagnement dédié à la culture d’olivier.

Sur le chemin menant à Al Attaouia située dans la province de Kelâa des Sraghna les senteurs d’huile d’olive prédominent. A presque 10h 30 du matin les agriculteurs de la région commencent à affluer vers le site aménagé par le Groupe OCP, Al Moutmir et l’UM6P. Animés par la volonté d’apprendre les bonnes pratiques agricoles, les fermiers étaient curieux et attentifs lors des séances de formation dispensées à leur profit.

C’est le cas de Nora, une jeune agricultrice de 26 ans, qui confie : «C’est la première fois que j’assiste aux séances de formation organisées par Al Moutmir. Mon père a une parcelle d’un peu plus de 2 hectares d’olivier et je veux l’aider à améliorer son rendement. J’ai aussi l’intention d’avoir mon propre projet dans l’olivier». Pour sa part, Mustapha (65 ans), agriculteur (et membre d’une coopérative de la région dont les membres détiennent au total 330 hectares), estime que cette initiative lui a permis d’améliorer le rendement de son terrain agricole qui s’étale sur 11 hectares. «Nous avons bénéficié d’analyses de sols et sommes satisfaits des résultats obtenus. Ça nous a permis d’en savoir beaucoup plus sur les méthodes à appliquer. L’engrais utilisé est de très bonne qualité et se mélange plus facilement avec la terre», affirme-t-il. En effet, les analyses de sols sont effectuées gratuitement dans le cadre dudit programme. Les séances de formation permettent aussi aux agriculteurs de savoir le type d’engrais qui correspond le mieux à leur culture, le timing de son utilisation, la meilleure manière d’entretenir l’arbre ainsi que les pratiques à adopter pour l’irrigation.

Plantation, analyses du sol, gestion de l’eau, la taille et l’entretien de l’arbre, la récolte… l’Initiative Al Moutmir met à la disposition des agriculteurs son expertise à travers un accompagnement sur mesure. «Le dispositif Al Moutmir aujourd’hui est porté par l’Université Mohammed VI polytechnique. Et à travers ce portage nous bénéficions de toute l’expertise de notre université mais aussi l’expertise de ses partenaires. Cette expertise nous permet d’avoir un appui sur le plan recherche et développement au niveau agricole mais aussi en termes d’innovation», souligne Nawfal Roudies, responsable Al Moutmir. Et de poursuivre : «On est une équipe d’à peu près 80 personnes réparties sur 44 provinces du Maroc et on couvre plusieurs cultures, notamment l’olivier».

«Les récentes précipitations sont bénéfiques», Hamid Sabri

Président de l’Association marocaine de production d’olivier et d’économie de l’eau.

Président de l’Association marocaine de production d’olivier et d’économie de l’eau.

Pour Hamid Sabri, président de l’Association marocaine de production d’olivier et d’économie de l’eau, «la province atteignait une production d’olivier qui peut aller jusqu’à 300.000 tonnes mais cette année il est probable qu’elle soit de 15.000 tonnes. Comparée à l’année précédente, la productivité est très en baisse vu le contexte de sécheresse. Les localités les plus touchées sont celles, qui dépendent des eaux de barrages. Par contre, les agriculteurs bénéficiant du Plan Maroc Vert et adoptant le goutte-à-goutte ont pu optimiser leur consommation d’eau, réussir leurs récoltes et générer un bon rendement».

Les récentes précipitations ont visiblement un effet salutaire sur l’année agricole dans la région. C’est ce que nous confirme Hamid Sabri affirmant que «les agriculteurs sont optimistes concernant le retour de la pluie. Elle a permis de vivifier les arbustes d’olivier». Il faut dire que la région de Kelâa des Sraghna est alimentée par trois barrages, à savoir Moulay Youssef, Moulay Driss et Bine El Ouidane. Pour lui, «l’initiative Al Moutmir arrive à point nommé parce qu’elle aide beaucoup les agriculteurs. Ce dispositif intervient avec des moyens performants et complets pour les accompagner».

En termes de chiffres le bassin oléicole Haouz Tassaoute compte les cinq provinces de Marrakech, Al Haouz, Chichaoua, Rhamna, Kalâa des Sraghna relevant de la région Marrakech-Safi. On estime la superficie oléicole de ces provinces à 200.000 hectares, soit 82% de la surface de la région Marrakech- Safi et 18% de l’oliveraie nationale. Ces superficies ont enregistré une hausse de 41% entre 2008 et 2020 grâce aux efforts déployés dans le cadre du Plan Maroc Vert. En 2019-2020, la production au niveau de la région Marrakech- Safi a atteint 283.000 tonnes (soit plus de 18% de la production nationale) contre 223 000 Tonnes durant la campagne précédente (en augmentation de 21%).

Optimisation de l’eau : Les pratiques les plus recommandées, selon Abouabdilah Aziz

 

Professeur à l’Ecole nationale d’agriculture de Meknès.

Professeur à l’Ecole nationale d’agriculture de Meknès.

La gestion de l’eau est un souci majeur pour les agriculteurs, notamment dans cette période de sécheresse. A cet égard, un des ateliers mis en place par Al Moutmir sensibilise les fermiers à cette problématique. Abouabdilah Aziz, professeur à l’Ecole nationale d’agriculture de Meknès, explique que «l’olivier est une culture qui peut tolérer la sécheresse mais cela dépend des conditions climatiques de chaque année. S’il fait très chaud et que les besoins augmentent il faut ajouter des irrigations complémentaires». Pour l’expert, «il faut gérer l’irrigation d’une manière intégrée et prendre en considération les demandes climatiques qui dépendent par exemple de la température, la vitesse du vent et le rayonnement».

Il indique : «Dans ce contexte de rareté de l’eau, on doit passer à ce qu’on appelle l’irrigation déficitaire, c’est-à-dire apporter moins que les besoins. D’abord pour économiser l’eau et ensuite pour améliorer la productivité de l’eau. Il faut savoir combien l’arbre peut produire par mètre cube sachant que les besoins en eau de l’olivier c’est entre 450 et 600 millimètres durant tout le cycle mais parfois on peut aller en dessous de cette quantité si on arrive à identifier les stades de la culture qui ne sont pas sensibles, notamment la phase nouaison-fleuraison». Il précise que «le mode le plus recommandé est le mode localisé parcequ’il est le plus efficient mais il est conditionné par une bonne gestion».

Auteur: ALM
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