D’emblée, nos interlocuteurs à la Direction de l’Environnement ont tenu à faire savoir que les installations classées sont soumises à des règles strictes respectées scrupuleusement. Selon eux, toutes les phases, de la réalisation à l’exploitation, d’un projet industriel sont soumises à des autorisations. Tout d’abord, avant la phase construction, l’industriel est tenu de fournir une étude détaillée de risques (dangers) et d’impact sur l’environnement, le personnel et la population. Cette étude doit dûment prouver que l’installation industrielle projetée ne présente pas une source de nuisance de quelque nature que ce soit. Ensuite, avant la phase d’exploitation industrielle, les premiers tests de l’installation doivent confirmer les études de dangers et d’impact présentées précédemment. Et ce n’est pas tout. Une fois l’autorisation d’exploitation industrielle délivrée, l’installation exploitée reste sous un contrôle permanent par le biais des inspections inopinées de la commission de wilaya chargée du contrôle des installations classées, de la Direction de l’Environnement et de la commission de wilaya chargée de la veille sur l’environnement et le développement durable. Nos interlocuteurs reconnaissent cependant que malgré la présence sur le terrain de toute cette panoplie d’acteurs de contrôle et de veille, des manquements pourraient arriver. D’après eux, ces manquements ont pour origine soit une panne des équipements de traitement des déchets industriels, soit la mise à l’arrêt volontaire de ces équipements, car, explique-t-on, le traitement des déchets constitue une charge d’exploitation que certains industriels pourraient chercher à éviter. L’on assure qu’en cas de manquement, et si une mesure urgente n’est pas requise, le pollueur est mis en demeure de se mettre en conformité avec les lois et les normes établies dans un délai raisonnable. Si l’infraction persiste, la fermeture de l’installation en cause est prononcée. Nos mêmes interlocuteurs ont insisté à l’occasion sur le rôle du citoyen dans la préservation de l’environnement. Ils l’encouragent ainsi à s’impliquer dans les efforts de veille et d’alerte. Mais pour l’instant, l’on n’a pas encore pensé à un numéro vert pour lui faciliter la tâche. De ce fait, pour ce faire, le citoyen n’a pour alternative que de saisir par écrit la Direction ou se présenter le jour de la réception des citoyens. Par ailleurs, il y a lieu de relever que des affiches non signées ont été placardées sur les murs à Fornaka en guise d’appel à un sit-in de protestation devant le siège de l’APC au sujet des odeurs de la zone d’activité, mais selon nos sources, ce sit-in n’a pas eu lieu. Le moins que l’on puisse dire, à ce propos, est que le curieux mode d’emploi adopté pour s’organiser et interpeller les élus locaux met à nu l’indigence de la vie associative dans cette commune.