
Le dossier des œuvres sociales dans le secteur de l’éducation refait surface. Les dernières propositions de la ministre du secteur, Nouria Benghebrit, font polémique.
Dans sa dernière apparition devant la presse et dans une interview accordée à la télévision nationale, Nouria Benghebrit avait proposé comme solution à l’érosion du pouvoir d’achat de distribuer les 2% du soutien de l’Etat au budget des œuvres sociales aux employés. «Vu la conjoncture actuelle et la situation financière du pays, il est possible de distribuer cette participation de l’Etat aux employés au prorata des salaires et inversement proportionnel. Les employés ayant une faible rentrée d’argent pourraient profiter de cette aide pour améliorer leur situation.
Cela pourrait être une solution», disait-elle avant de rebondir sur d’autres sujets, tels que les détachements et la mise à disposition du personnel au profit des syndicats. Elle a expliqué qu’il est aujourd’hui impossible de revenir aux nombres importants de détachements constatés en 2014, vu la situation de surcharge dans les établissements due au manque de personnel enseignant. Un personnel qui existe mais qui est détaché.
Ces déclarations, notamment celle liée aux œuvres sociales, suscitent la polémique dans les rangs des syndicats qui disent refuser d’emblée une pareille proposition. «Cet argent est celui des travailleurs et non pas du ministère. Ce dernier n’a pas le droit d’y apporter des orientations pour les attributions, même si l’Etat participe dans ce budget.
Au lieu de proposer de soutenir les salaires des travailleurs de l’éducation, notamment des corps communs, avec l’argent des œuvres sociales, le ministère, qui s’est proclamé avocat des travailleurs, devrait intégrer ces catégories dans le secteur de l’éducation, étant donné qu’elles y travaillent. Sinon, il pourrait leur octroyer une prime spéciale pour soutenir leurs salaires», a déclaré Boualem Amoura, secrétaire général du Syndicat autonome des travailleurs de l’éducation et de la formation (Satef).
Une opinion partagée par Meziane Meriane, coordinateur national du Syndicat des professeurs de l’enseignement secondaire et technique (Snapeste), qui considère que le budget des œuvres sociales ne suffit pas pour faire face aux besoins des fonctionnaires de l’éducation. «Comment pourrait-il être distribué de cette manière ?
C’est une proposition dont le principe est juste inconcevable sur le terrain. La preuve : les primes de retraite dont le montant s’élève à 250 000 DA, que les œuvres sociales doivent prendre en charge, n’ont pas été versées depuis 2015 faute de budget. Si le ministère veut aider le personnel de l’éducation et ces corps communs, il pourrait négocier avec le gouvernement une prime spéciale», propose-t-il.
Alors que la situation entre le ministère de l’Education et ses partenaires sociaux, notamment les syndicats autonomes, est sous haute tension, pareilles déclarations ne viennent pas arranger les choses. Les membres de l’Intersyndicale de l’éducation, qui avaient déclaré leur retrait de la charte d’éthique, maintiennent la machine des protestations et leur décision de boycott des manifestations organisées par le ministère.
D’ailleurs, ils sont conviés à une réunion les 4 et 6 février avec à l’ordre du jour l’étude de l’arrêté ministériel relatif au mode de gestion des œuvres sociales et la loi 240/12 relative au statut particulier des travailleurs de l’éducation. Une réunion des membres de l’Intersyndicale de l’éducation est prévue le 15 de ce mois pour décider des prochaines protestations.
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