Tiens ! Une femme…

… encore en vie !

Ouais ! Ouais ! Ouais ! C’est clairement annoncé et dit publiquement : la lutte contre la bureaucratie est lancée ! Et si certains esprits malveillants, issus pour la plupart des milieux ricanant, doutent de la volonté officielle de mener bataille contre la bureaucratie, nous allons l’écrire noir sur blanc. Un mémo. Un bon gros mémo dans lequel nous expliquerons tout, dans le détail. Un document qui sera imprimé en millions d’exemplaires. Donnez-nous juste le temps de certifier les exemplaires tirés. Tous les exemplaires. Pour prouver leur authenticité. C’est la procédure en pareil cas. Bon ! Pour authentifier, les procédures sont nombreuses. La plus évidente, c’est la voie notariale. Pour cela, il faut constituer un dossier administratif. Comme de fournir des pièces d’état civil certifiant formellement de l’identité du rédacteur du mémo anti-bureaucratie. Attention ! Les pièces d’identité, carte nationale, permis ou passeport doivent être en cours de validité. Il faut aussi des photos. Cinq photos, pas six ! Six, c’est pas un bon chiffre chez nous. Les clichés doivent avoir été pris sur fond blanc, les yeux et le cou dégagés. À ces pièces, il faut adjoindre un certificat de résidence de moins de six mois. Attention aux certificats de complaisance, ils exposent leur bénéficiaire et leur rédacteur à des peines conséquentes, prévues dans le code pénal, article 144 bis et suivants. Une fois ce dossier administratif bouclé, il faudra rédiger une lettre d’intention, document obligatoirement manuscrit et paraphé de la mention « lu et approuvé », daté et signé. Et zut ! Nous n’avions pas pensé à un truc pourtant tout bête. L’authentification de cette signature au bas de la lettre d’intention. Qu’importe ! On repart chez le notaire. Il nous dira bien quel autre dossier administratif constituer pour les authentifications de signatures. De toutes les manières, la bureaucratie n’a qu’à bien se tenir, nous finirons un jour par avoir sa vieille peau de crocodile à cette garce. En attendant, je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.

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