Par Emile FIDIECK DP EcoMatinLa Commission Technique de Réhabilitation (CTR) des entreprises du secteur public et parapublic, placée sous la tutelle du ministère des Finances, a rendu public, la semaine dernière, un rapport sur l’état financier d’une quarantaine d’entreprises et organismes publics du Cameroun. Couvrant la période 2016-2018, le document confirme leur (très) mauvaise santé. Le chiffre d’affaires global est de 1 223 milliards de FCFA en 2018 pour un apport d’à peine 240 milliards de FCFA (environ 20% au PIB). Cela semble satisfaire certaines autorités de Yaoundé. Mais, à bien scruter le rapport de la CTR, on tutoie dangereusement le gouffre.
L’endettement abyssal de ces entreprises et organismes publics parle de lui-même. Selon les données de la CTR, leur endettement à court terme s’élève à 128% de leur chiffre d’affaires cumulé, soit quelque 1 565 milliards de FCFA, en valeur nominale. Quant à la dette à long terme, elles représentent 105% de ce même chiffre d’affaires, soit 1 284 milliards de FCFA. En somme, nos entreprises et organismes publics cumulent près de 2 750 milliards de FCFA de dettes, un montant deux fois supérieur à ce qu’elles-mêmes produisent. C’est un véritable scandale !
Certes, il y a quelques-unes de ces entités qui ont réussi l’exploit de générer des bénéficies, mais la proportion est tellement faible que l’on pourrait légitimement se poser la question de savoir pourquoi on garde ces entreprises et organismes en l’état. Les experts de la Banque Mondiale et du Fonds Monétaire International l’ont d’ailleurs déjà assez dit : il faut leur trouver un modèle économique plus viable. Dans tous les cas, il est impératif de penser enfin à arrêter la saignée.
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Auteur: Joel Abissek
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