Ali Benflis, président de Talaie El Hourriyet, affirme avoir dénoncé et qualifié la corruption en Algérie de «grande criminalité économique et financière». M. Benflis assure avoir, dès la présidentielle de 2014, axé son programme politique sur ce fléau en élaborant «une stratégie globale et cohérente de prévention et de répression».

«Depuis, les réunions du congrès et du comité central de Talaie El Hourriyet ont régulièrement consacré une résolution spécifique à la lutte contre la grande criminalité économique et financière.

Celle-ci a provoqué des ravages portant préjudice à l’économie nationale. Elle a compté pour beaucoup dans l’innommable dilapidation des 1200 milliards de dollars que le pays a engrangés à la faveur d’une décennie d’embellie financière, favorisée par une valorisation sans précédent du cours des hydrocarbures», poursuit-il dans une déclaration rendue publique hier, suite aux opérations d’arrestation d’hommes d’affaires et de convocation de hauts responsables par la justice. M. Benflis estime que c’est cette grande criminalité économique et financière qui «a mis à genoux une économie nationale à laquelle cette embellie financière assurait un avenir prometteur tant pour le décollage économique du pays que pour la prospérité de son peuple».

«Cette entreprise de prédation à vaste échelle, qui équivaut à une véritable mise à sac des ressources du pays, n’a pu prendre cette dimension méthodique et systémique qu’à la faveur des puissantes alliances qu’elle a pu tisser au plus haut niveau politique de l’Etat et de son administration publique», souligne cet avocat de formation, ajoutant qu’elle n’a pu réussir qu’à l’abri de l’impunité et de l’immunité absolues. «Dans ce cadre, il y a lieu de ne pas oublier que la législation pénale a été révisée pour requalifier la corruption de délit et non de crime, et pour revoir à la baisse les peines encourues.

Dans le même sens, les lanceurs d’alerte ont été neutralisés en réservant l’exclusivité du dépôt de plaintes pour faits de corruption aux seuls conseils d’administration des entreprises», soutient M. Benflis, pour lequel «le régime politique qui a sévi dans notre pays deux décennies durant a transformé l’économie nationale en champ de ruines».

«Sa survie ne tient plus qu’au fil de la planche à billets, qui représente un remède plus dangereux encore que le mal qu’il est censé guérir», relève encore cet homme politique, qui estime que «le peuple algérien, l’économie nationale et la réputation internationale du pays sont les trois principales victimes de la grande criminalité économique et financière.

Le peuple algérien a été appauvri». Pour lui, l’économie nationale a été dépossédée de moyens considérables de développement. Et l’image internationale du pays a été grandement ternie par sa perception et son classement parmi les pays les plus corrompus de la planète.

«Comme crime contre le peuple et contre la nation, la grande criminalité économique et financière est impardonnable. Ses auteurs et alliés politiques doivent être jugés et punis. Leur punition devra être à la mesure de la gravité indicible de leurs crimes», estime Ali Benflis. «La justice est en train de briser les murs de l’immunité et de l’impunité derrière lesquels la grande criminalité économique et financière s’est trop longtemps abritée», estime-t-il.

Ali Benflis considère qu’il est impératif, dans ce contexte extrêmement sensible que vit notre pays, que cette démarche salutaire soit entourée de précautions nombreuses et indispensables. «Elle doit, avant tout, se dérouler dans le calme, dans la sérénité et dans le souci de rassurer plutôt que d’inquiéter et d’alarmer», insiste-t-il, afin d’éviter de nourrir la véritable guerre psychologique qui commence à l’entourer à travers les questionnements sur ses arrière-pensées et ses véritables buts.

«Elle doit, aussi, convaincre que la moralisation de l’espace politique et économique est l’indispensable complément de l’œuvre refondatrice de l’Etat de droit», poursuit M. Benflis, considérant qu’il est important que «la justice passe mais il est infiniment plus important qu’elle passe sans laisser le moindre doute sur son impartialité, en n’ayant pour seul guide que la primauté de la loi et l’égalité de tous devant elle».

«Par la rigueur de sa démarche, elle doit faire taire les suspicions de représailles ou de vengeance et agir de sorte que rien dans son comportement n’apparaisse comme sélectif ou vindicatif», ajoute M. Benflis.

Il rappelle que l’Algérie a connu tant d’opérations «mains propres» traumatisantes qu’«il est plus que nécessaire que notre opinion publique soit convaincue que l’action de la justice en cours n’a rien de commun avec elles et qu’elle est partie intégrante du vaste chantier du changement que le peuple algérien veut ouvrir».

Ali Benflis insiste dans sa déclaration sur l’impératif de la transparence dans toute entreprise de moralisation de la vie économique et politique. «Seule la transparence peut faire taire les suspicions, calmer les alarmes et dissiper les relents de la guerre psychologique qu’il n’est pas permis de laisser entourer cette entreprise», conclut-il.

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Auteur: Hicham Chouadria
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