«Les religions à l’unisson» pour la 4e année consécutive
Des concerts à Casablanca, Rabat, Marrakech et Tanger
Créé en 1996, l’Orchestre philharmonique du Maroc est composé de quatre-vingts musiciens professionnels. L’OPM donne une cinquantaine de concerts par saison, du grand répertoire symphonique à la musique contemporaine, en passant par l’opéra et la musique de chambre (Ph. OPM)
Un chant de muezzin, interprété par le munshid Smahi El Harati, résonnant de l’intérieur de l’Institut Mohammed VI de formation des imams, morchidines et morchidates à Rabat, faisant écho à un Adonaï, divinement interprété par la chanteuse judéo-berbère Françoise Atlan relayé par l’Ave Maria de Caccini, interprété par la cantatrice Caroline Casadesus sous la baguette de Jean-Claude Casadesus. C’était le 30 mars dernier.
Au premier rang le Roi Mohammed VI accompagné par le Pape François. L’image avait fait le tour du monde, symbole extrême de tolérance et de dialogue entre les religions. Cette œuvre musicale fait partie d’une série de concerts lancée par l’Orchestre philharmonique du Maroc (OPM) en 2016 et baptisée «Les religions à l’unisson» qui réunit, sur une même scène, des artistes issus des trois grandes religions monothéistes.
Pour cette 4e édition (du 8 au 14 octobre), l’OPM propose, cette fois-ci, un arrangement de l’Ave Maria du compositeur autrichien Franz Schubert, mêlant des chants en araméen, latin et arabe, lors d’une série de concerts à Casablanca, Rabat, Marrakech et Tanger, pour l’ouverture de sa 24e saison.
Composée en 1825, sous le titre de «Ellens dritter Gesang» littéralement le «Troisième chant d’Ellen» (Hymne à la Vierge), elle est aujourd’hui mondialement connue sous le nom d’«Ave Maria de Schubert», une œuvre magistrale qui participa à la construction du romantisme musical, aux côtés de Beethoven. Ce sont les sopranos Elise Hadad et Tatiana Probst qui accompagneront le ténor Smahi El Harati dans l’exercice.
Ils seront dirigés par le chef d’orchestre Olivier Holt, conseiller artistique et premier chef invité de l’Orchestre philharmonique du Maroc. En deuxième acte du concert, l’OPM s’attaquera également à une symphonie de taille: la Symphonie n°5 de Gustav Mahler, encore jamais interprétée au Maroc. L’œuvre majeure, composée entre 1901 et 1902, d’une portée émotionnelle exceptionnelle, est l’une des plus tragiques de toutes les compositions de Mahler.
L’image de la prestation du ténor Smahi El Harati, de Françoise Atlan et de Caroline Casadesus devant le Souverain et le Pape François, avait fait le tour du monde, symbole extrême de tolérance et de dialogue entre les religions (Ph. OPM)
C’est le film Mort à Venise de Luchino Visconti qui conféra à cette symphonie sa célébrité. Dans ce splendide long-métrage tourné en 1971, le mouvement lent illustre l’adieu à la vie de l’écrivain Thomas Mann. Aujourd’hui encore, cette Cinquième Symphonie résonne comme la longue histoire de tous ceux qui, face à la terreur de devoir un jour disparaître, plongent dans le récit de leur vie. Créé en 1996, l’Orchestre philharmonique du Maroc est composé de quatre-vingts musiciens professionnels.
À chaque saison, l’OPM donne une cinquantaine de concerts, d’une grande variété de programmes sur trois siècles de musique, du grand répertoire symphonique à la musique contemporaine, en passant par l’opéra et la musique de chambre. Depuis ces 20 dernières années, l’orchestre a pu bénéficier d’un contact privilégié avec les artistes et chefs d’orchestre invités.
Parmi lesquels: Emmanuelle Bertrand, Jean-Claude Casadesus, Marc Coppey, Abdel Rahman El Bacha, Victor Julien Laferrière, Laurent Korcia, Paul Meyer, Laurent Petitgirard ou encore Xavier Phillips qui, du bout de leurs doigts, archets ou baguettes, ont participé à la création d’une véritable identité musicale de l’Orchestre philharmonique du Maroc. Aux côtés de son premier chef invité et conseiller artistique Olivier Holt, l’Orchestre explore aujourd’hui tous les répertoires, autant avec rigueur que passion.
A.Bo
Auteur: hlafriqi
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