Aujourd’hui, la symbolique de ces deux dates est toujours aussi forte mais sa portée sur la génération ayant vécu cette transition et celle d’aujourd’hui a bien évolué. «Pour moi, le 24 février est au-delà d’une date commémorative. Je pense qu’elle a résumé l’histoire de l’économie de l’Algérie. Tout simplement parce que le principe phare de cette date et son objectif étaient de recentrer l’économie basée essentiellement sur le pétrole. Il faut se rappeler qu’à l’époque, il y avait un grand engouement pour cette ressource autour de laquelle d’importantes richesses se sont créées. Le fait d’avoir décidé de la nationalisation des hydrocarbures était une grande décision très courageuse qui a permis à l’Algérie d’avoir le monopole direct sur ses produits rares et d’occuper une place importante dans le monde», indique Abdelhak Kazitani, cadre supérieur de Sonatrach et sénateur.
Ce dernier estime que «ce n’est pas un hasard si la compagnie nationale figure en tête du classement en Afrique et occupe la 12e place dans le monde. Notre interlocuteur estime que la nationalisation des hydrocarbures a permis à notre pays de créer un tissu industriel réel : «si l’on regarde la répartition des zones industrielles dans le pays, l’on constate qu’elle couvre les quatre coins du pays : de Skikda à Hassi Messaoud et d’Ouargla en passant par Oran et Alger, ce sont là les fruits de la grande décision du 24 février», assure M. Kazitani.
Comment les jeunes d’aujourd’hui perçoivent-ils cette date hautement symbolique ? Ont-il tiré la morale de cette décision qualifiée à l’époque de courageuse et singulière ? En réponse à ces questions, notre interlocuteur estime que «le modèle et la référence algérienne sont toujours fiables et d’actualité, et ce, déjà grâce à la place qu’occupe Sonatrach dans le monde. Maintenant il faut aller de l’avant et introduire une nouvelle dynamique dans d’autres secteurs d’activités, notamment les énergies renouvelables et la pétrochimie. Alors oui, c’était une grande décision qui a permis à l’Algérie de faire un grand pas vers l’édification de son avenir», soutient notre interlocuteur.
L’autre partie de l’histoire associée à la date du 24 février est la création de l’UGTA en 1956. Un évènement considéré comme une étape marquante du processus de la lutte pour l’indépendance. Pour M. Mohamed Meliani, secrétaire général des Travailleurs des ports qui relève de l’UGTA : «Le 24 février 1956 est une date éternelle et fondatrice de l’histoire de notre peuple et de sa nation tout comme le 1er novembre et le 5 juillet. Chaque année, nous saisissons la célébration de cet évènement pour nous adresser aux jeunes, à qui nous demandons de préserver les acquis chèrement arrachés par les travailleurs algériens au fil des années et dans tous les secteurs. Nous leur demandons, aussi, de préserver l’entreprise et la production algérienne et se mobiliser autour de leur développement et leur avenir.
Notre message pour eux est de se réunir autour de l’intérêt suprême du pays», dit-il.
Il a ajouté, à ce propos, que les jeunes d’aujourd’hui sont appelés à préserver l’UGTA en tant que représentation syndical : «La loi de mon pays a permis la création d’autres syndicats autonomes, mais la place de l’UGTA reste singulière tirée de son passé historique et glorieux», a-t-il conclu.
Amel Saher
Auteur: elmoudjahid
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