Pour le 5e vendredi consécutif, des dizaines de milliers d’Oranais n’ont pas manqué leur rendez-vous,avec cette nouvelle page de l’histoire en marche, depuis le 22 février.
Jeunes, moins jeunes, hommes et femmes, vieux, enfants, drapés des couleurs nationales, ont marché, manifesté, chanté, pour faire entendre leur voix et s’imposer comme unique source de tout pouvoir. Même si l’ensemble des revendications semblent se croiser dans la nécessité du «départ du régime», à l’expatriation du mandat actuel du président sortant, les manifestants ont néanmoins divergé sur certains détails, notamment les solutions proposées pour une sortie de crise et un passage vers une phase de transition, sans exposer le pays à un quelconque risque de déstabilisation ou vacance de pouvoir. Ainsi, l’article «102» était présent sur la plupart des pancartes et les banderoles, d’hier, directement ou indirectement, mais surtout contenu dans des messages différents : «C’est trop tard pour le 102», le «102 n’est que la moitié de la solution», «Nous voulons l’application de l’article 19 partez tous».
D’autres manifestants ont appelé à l’application de l’article «07», qui stipule que le peuple est la source de tout pouvoir… On a pu lire aussi des dizaines de slogans hostiles aux partis de l’alliance présidentielle et personnalités publiques accusés d’opportunisme politique et considérés une menace contre la cohésion du mouvement. Certains ont appelé à déléguer des représentants, pour encadrer le mouvement du 22 février et préparer la prochaine étape. Les tentatives de récupération des manifestations par certaines mouvances idéologiques, notamment islamiques, à travers des tribunes basées à l’étranger, ont été également rejetées et dénoncées à travers quelques slogans, notamment «Ni islamique ni militaire, l’Algérie libre et démocratique». Et comme à chaque vendredi depuis le début du mouvement, les slogans affirmant solidarité entre le peuple et l’armée nationale étaient au rendez-vous : «Djeich, Chaâb, khawa, khawa». C’était vers 14h, que les premiers manifestants se sont rassemblés dans la place 1er-Novembre (ex-place d’Armes). Moins d’une demi- heure après, c’est une marrée humaine qui a commencé à marcher en empruntant le même itinéraire adopté depuis le début des marches du vendredi et qui a comme lieu de départ la place 1er-Novembre, jusqu’au siège de la wilaya, en passant par la rue Émir-Abdelkader, rue Larbi- Benmhidi, et le retour par le Front de mer. À l’instar des manifestations précédentes, la participation de familles de harraga dans la marche d’hier était fort remarquable, mais surtout imposante, via les gigantesques pancartes brandies par les proches de victimes. Il a été constaté par ailleurs la présence d’un important dispositif sécuritaire qui a accompagné la manifestation, du début jusqu’à la fin. Aucun incident ou débordement n’a cependant été enregistré.
Amel S.
Auteur: elmoudjahid
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