Ouarzazate : Un message vocal compromettantOuarzazate : Un message vocal compromettant

Harcèlement sexuel
Un surveillant d’éducation d’un lycée de la ville d’Ouarzazate poursuivi pour avoir harcelé une lycéenne par message vocal, a eu beau nier, son enregistrement, devenu viral, l’a trahi et le tribunal l’a jugé coupable.

À Ouarzazate, les matinées des établissements scolaires ressemblent à toutes les autres : sonnerie, cour bruyante et couloirs qui sentent la craie. C’est dans ce décor ordinaire qu’un surveillant d’éducation a pris l’habitude de s’attarder près d’une lycéenne. Une adolescente qui semblait sérieuse et discrète, mais qui n’avait jamais imaginé que l’attention de cet adulte, croisé chaque jour, finirait par devenir un poids.
Les premiers messages étaient anodins en apparence. Puis le ton a changé. Des mots trop familiers, des allusions, une insistance qui la mettait mal à l’aise. Elle ne répondait pas, ou à peine, espérant qu’il se lasserait. Il ne s’est pas lassé.
Dernièrement, son téléphone portable a vibré. Un message vocal sur WhatsApp. La voix de l’homme, basse, mielleuse, lui disait qu’elle lui plaisait. Il l’invitait à le retrouver dans l’établissement où il travaillait et ajoutait, comme pour la rassurer, que personne n’en saurait jamais rien. Que son secret serait bien gardé.
L’adolescente est restée figée, le pouce au-dessus de l’écran. Puis, tremblante, elle a fait écouter l’enregistrement à une amie, qui a été stupéfaite par son contenu. L’extrait s’est ensuite propagé sur WhatsApp. De téléphone en téléphone, de groupe en groupe, l’audio a circulé parmi les camarades, puis dans tout le lycée. En quelques jours, il a atteint les oreilles de l’administration. Les responsables ont écouté l’enregistrement jusqu’au bout, le visage fermé. La rumeur est devenue un scandale, et le scandale, une affaire de police.
Les enquêteurs ont convoqué la lycéenne, accompagnée de son tuteur, puisqu’elle était mineure. Dans le bureau, elle a parlé d’une voix à peine audible. Elle a expliqué que le harcèlement durait depuis un certain temps. Cinq de ses camarades ont à leur tour été entendues et ont confirmé avoir été témoin de ce que subissait leur amie. Les pièces du puzzle s’assemblaient.
Sur instruction du procureur du Roi près le tribunal de première instance de Ouarzazate, le surveillant a été arrêté. Face aux policiers, il n’a pas tremblé, du moins en apparence. Il a tout nié en bloc. La plainte? Une manœuvre malveillante pour lui nuire. Quand on lui a fait écouter l’enregistrement, il a haussé les épaules tout en prétendant être le fruit d’un montage et d’une fabrication. Il a répété sa version devant le procureur du Roi, sans fléchir, et a été placé en détention préventive à la prison locale.
Les chefs d’accusation s’alignaient, lourds: tentative et détournement de mineur, harcèlement sexuel par messages électroniques à caractère sexuel, incitation d’une mineure à la prostitution.
Le mardi 13 octobre, le surveillant a comparu, en état d’arrestation, devant la chambre correctionnelle. Il a de nouveau nié les accusations. Mais sa voix, enregistrée dans l’audio, constituait une preuve contre lui. Le juge a pesé chaque qualification. Pour certaines accusations, le magistrat a estimé que les éléments n’étaient pas suffisants : le détournement de mineur et l’incitation à la prostitution ont été écartés. Mais pour le reste, le doute n’avait plus de place. La tentative de détournement de mineur était établie. Le harcèlement sexuel par messages à caractère sexuel également.
La sentence est tombée : un an de prison ferme et 5.000 dirhams d’amende.

Auteur: Abderrafii ALOUMLIKI
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