«Suite à plusieurs rencontres avec les différents partenaires, industriels, pharmaciens, importateurs et distributeurs, le ministère a pris des mesures urgentes pour pallier à la pénurie des médicaments, notamment ceux destinés aux malades chroniques». C’est ce qu’a déclaré le directeur général de la Pharmacie et des équipements médicaux au ministère de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière. M. Djaoued Bourkaib a animé, ce jeudi, une conférence de presse en présence des membres de la commission des cellules de veille pour la gestion des médicaments a fait savoir que ce plan d’action concerté pour la régulation du marché du médicament a été scindé en deux, en l’occurrence des mesures conjoncturelles et d’autres structurelles.
S’agissant des mesures conjoncturelles, il a annoncé la tenue de réunions hebdomadaires de la cellule de veille jusqu’à la fin des perturbations du marché du médicament ainsi que l’évaluation périodique de la situation. «Nous allons procéder à partir de la semaine prochaine à l’évaluation et le contrôle minutieux de l’état des stocks tels la production et l’importation, le suivi mensuel des quantités de médicaments produits localement, notamment pour les médicaments essentiels. De même que nous allons veiller également au suivi de l’exécution des programmes d’importation comme la déclarations ou le planning de livraison», a-t-il détaillé.
Le contrôle de la mise en œuvre des engagements des importateurs et des producteurs, sera également accentué dans le cadre de ce plan d’action. Par ailleurs, le directeur général a mis en garde les importateurs qui n’ont pas honoré leurs engagements. Reconnaissant les tensions sur le marché national ces trois années antérieures, il fait savoir que les services du ministère ont procédé déjà à l’évaluation de la situation depuis le début 2019. «Des avenants aux programmes d’importation initiaux seront accordés à compter du mois de mai 2019, sur des critères objectifs et selon une procédure préalablement arrêtée, notamment pour les médicaments essentiels et ce, pour stabiliser le marché et reconstituer les stocks», a-t-il expliqué.
Pour les produits dits mixtes issus de la fabrication locale et de l’importation, l’évaluation et le contrôle porteront sur les engagements des fabricants locaux. «Toute défaillance constatée sera pallié par des mesures appropriées, y compris des importations d’appoint supplémentaires», a-t-il averti.
S’agissant des produits exclusivement fabriqués localement et déclarés en rupture ou sous tension, les fabricants concernés seront interpellés et mis en demeure à l’effet de prouver que leurs engagements sont honorés, faute de quoi, des mesures palliatives seront mises en œuvre.
Evoquant les «mesures structurelles», Bourkaib a cité quelques actions sectorielles qui vont être entreprises, notamment la poursuite et renforcement de la concertation entre le ministère de la santé et les différents intervenants sur le marché du médicament ainsi que le rapprochement des échéances pour la délivrance des Programmes annuels prévisionnels d’importation, en tenant compte des données pertinentes et de la fabrication locale. «Cette mesure applicable dès 2019 pour l’année 2020. Il sera question donc du rapprochement des délais de dépôt au 31 juillet de l’année, l’échéance pour la délivrance de ces programmes est donc prévue début novembre «, a-t-il rappelé, mettant en valeur les «efforts» de son département pour «l’aplanissement» des entraves auxquelles font face les producteurs locaux et «l’amélioration» du cadre juridique de gestion du marché des médicaments, conformément aux nouveaux textes. Autre annonce importante faite lors de cette conférence, elle concerne la révision des prix de certains médicaments issus de la fabrication nationale, jugés «trop bas» et «non rentable» s, et donc susceptibles d’être abandonnés alors qu’il s’agit souvent de médicaments «essentiels».
Des hausses « minimes » prévus pour certains médicaments
«La hausse des prix de ces produits ne touchera pas le pouvoir d’achat. Elle sera minimee» a rassuré à ce sujet le DG de la Pharmacie et des équipements médicaux au département de Miraoui, ajoutant que c’est la Caisse nationale des assurances sociales (CNAS) qui la prendra en charge.
Plusieurs autres mesures intersectorielles (ministères des Finances, et du Travail) ont été prises par ailleurs pour «améliorer» le domaine pharmaceutique et « développer « cette industrie nationale «encore naissante». Selon Bourkaib, la facture du marché national des médicaments entre locaux et importés s’est élevée, en 2018, à 3,8 milliards dollars dont 55% de production locale.
De son côté, le vice-président de l’Union nationale des opérateurs de la pharmacie (UNOP) a salué les mesures prises par le département de la Santé qui a reconnu, pour la première fois, l’existence de «réelles» perturbations au niveau du marché pharmaceutique, optant ainsi à un dialogue «clair» avec ses partenaires. «Ces mesures de curatives et préventives vont permettre sans doute de pallier les carences enregistrées», s’est en effet félicité le Docteur Malik Aït Saïd qui a fait savoir que le secteur de l’industrie pharmaceutique englobe quelques 90 producteurs locaux et plus de 100 projets en cours d’élaboration.
Sarah A. Benali Cherif
Auteur: elmoudjahid
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