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Alors que la pression énergétique mondiale s’intensifie sous l’effet combiné de l’intelligence artificielle, des data centers et de la transition bas carbone, la Tunisie se trouve à un carrefour stratégique.

Notre dépendance au gaz naturel, l’augmentation structurelle de la demande électrique et les contraintes budgétaires imposent une rupture de modèle. Cette rupture porte un nom encore peu médiatisé : la centrale électrique virtuelle.

Contrairement à une centrale classique, la centrale électrique virtuelle (Virtual Power Plant – VPP) n’est pas une infrastructure physique unique. Il s’agit d’une plateforme numérique qui agrège des milliers de petites unités de production solaire, de batteries domestiques et industrielles, ainsi que des charges flexibles (pompage agricole, climatisation tertiaire, recharge de véhicules électriques), pour les piloter comme une seule centrale intelligente.

L’enjeu pour la Tunisie est considérable. En structurant une VPP nationale à l’horizon 2030, nous pourrions porter la part des énergies renouvelables à 35–40 % du mix électrique, réduire nos importations de gaz de près de 20 % et attirer des investissements privés estimés entre 3 et 4 milliards de dollars. La flexibilité ainsi créée permettrait également de sécuriser l’installation de data centers régionaux, secteur en forte croissance où la stabilité électrique devient un critère géopolitique majeur.

La VPP n’est pas seulement un outil technologique. C’est un instrument de souveraineté. Elle permet d’optimiser en temps réel la production et la consommation, de monétiser les services de fréquence, d’arbitrer les prix de l’électricité et de transformer chaque citoyen équipé de panneaux solaires en acteur du système énergétique.

Trois étapes structurantes doivent être engagées immédiatement : un cadre réglementaire autorisé à l’agrégation privée, un programme pilote dans les grandes villes, et l’intégration progressive des batteries distribuées au réseau national. La digitalisation du système électrique devient ainsi une priorité stratégique, au même titre que les interconnexions internationales ou les projets d’hydrogène vert.

En 2030, la question ne sera plus de savoir si la Tunisie doit digitaliser son réseau, mais si elle a su anticiper cette mutation. La centrale électrique virtuelle représente une opportunité unique de transformer une contrainte énergétique en avantage compétitif.

Le futur énergétique ne sera pas seulement renouvelable. Il sera intelligent.

Imed Derouiche – Expert en énergie, hydrogène et transition numérique

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Auteur: balkis T
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