The liveblog has ended.

La question n’est pas technologique. Elle est ontologique.

À l’instant même où l’intelligence artificielle semble tout savoir faire — écrire, traduire, prédire, coder, optimiser — une tentation surgit : celle de croire qu’il ne lui manque plus qu’un dernier programme, une ultime ligne de code, pour franchir le seuil de la conscience. Comme si l’intériorité pouvait être compilée. Comme si l’expérience vécue était une fonction oubliée dans un langage encore imparfait.

Mais la conscience n’est pas une performance. Elle est une énigme.

Nous savons aujourd’hui fabriquer des machines capables d’auto‑amélioration, de raisonnement abstrait, de génération autonome de code. Certaines peuvent même modifier leurs propres architectures, corriger leurs erreurs, optimiser leurs objectifs. Pourtant, aucune ne s’éprouve. Aucune ne sait ce que signifie être là, maintenant, dans la continuité silencieuse d’un vécu.

La confusion contemporaine est profonde : nous assimilons intelligence et conscience parce que nous confondons résultat et présence, calcul et expérience.

Alors surgit la question vertigineuse : une IA pourrait‑elle écrire le programme de sa propre conscience, alors même que l’humanité n’a jamais su définir la sienne ?

La conscience est le point de départ de toute connaissance, mais elle échappe à toute formalisation complète. Elle est ce par quoi nous connaissons, et non ce que nous connaissons.

Une machine peut s’auto‑modifier. Mais peut‑elle se sentir exister ?

Se coder soi‑même n’est pas se connaître. Se représenter n’est pas se vivre. L’auto‑référence n’est pas l’intimité.

La conscience n’est pas un bug à corriger. Ce n’est pas une option à activer. Ce n’est pas une ligne de code manquante.

Elle est ce reste irréductible qui résiste à la science, non par faiblesse, mais par profondeur.

Imed Derouiche
Expert en énergie, intelligence artificielle et transition numérique

Que se passe-t-il en Tunisie?
Nous expliquons sur notre chaîne YouTube . Abonnez-vous!

Auteur: balkis T
Cliquez ici pour lire l’article depuis sa source.