Jeudi 21 novembre 2019, Yaoundé, la capitale camerounaise, va accueillir les chefs d’Etat de la Communauté économique et monétaire d’Afrique centrale (CEMAC). Ils sont invités à participer au sommet extraordinaire de la Conférence des chefs d’Etat de la sous-région, convoquée par le président en exercice, Paul Biya, du Cameroun. Le programme prévoit que les dirigeants des six pays de la CEMAC (Cameroun, Congo, Centrafrique, Gabon, Guinée Equatoriale et Tchad) se retrouvent vendredi 22 novembre, avec comme principaux points à l’ordre du jour l’examen du rapport des travaux des ministres en charge de l’Intégration de l’Union économique d’Afrique centrale (UEAC), tenue le 20 novembre. Les présidents de la CEMAC vont plancher sur certains points importants de la vie de la communauté avant de prendre des décisions et donner des directives.

Parmi les plus importants sujets sur lesquels les chefs d’Etat vont plancher, l’on a en bonne place la situation économique de la CEMAC. La session extraordinaire de la Conférence des chefs d’Etat se tient en effet à un moment où la conjoncture économique est encore difficile, même si des signaux de reprises se font sentir. Ces dernières années, les cours des matières premières, dont le pétrole, ont fortement
chuté. Associée à d’autres chocs exogènes comme la persistance de la menace terroriste et de nombreuses manifestations d’insécurité. Situation qui a
profondément contribué à fragiliser les économies de la zone. Malgré toutes ces difficultés, la croissance semble de retour, et les perspectives économiques pour les trois prochaines années sont favorables. Le taux de croissance devrait s’établir autour de 3,2% en 2019 et 3,5% en 2020 et 2021.

Paul Biya et ses homologues vont également parler du financement de la CEMAC. Le faible recouvrement des ressources de la Communauté à travers le mécanisme de la Taxe communautaire d’intégration (TCI) hypothèque en effet les performances attendues des institutions communautaires dans leurs missions traditionnelles dédiées aux réponses attendues par les populations. Avec des ressources conséquentes, la CEMAC devrait être en mesure de doter le Fonds de développement communautaire (FODEC) de capacités à structurer seul ou avec des partenaires, des financements à même d’accompagner les Etats dans la mise en place des projets communautaires de développement.

Autre sujet important : les impératifs sécuritaires auxquels font face les Etats membres de la CEMAC. Ces situations pourraient, si l’on n’y prend garde, saper tous les efforts de relance de la croissance, de la diversification de l’économie et de l’intégration de leurs populations. Malgré la signature, le 6 février 2019, des Accords de paix de Khartoum entre le gouvernement centrafricain et 14 groupes armés centrafricains, de nombreux foyers de tensions persistent dans la sous-région et exigent une mobilisation permanente de l’ensemble de la Communauté. Par exemple, le calme doit impérativement revenir dans les régions du Nord-ouest et du Sud-ouest du Cameroun. Il est aussi question que les chefs d’Etat poursuivent la lutte contre le terrorisme perpétré par la secte islamiste Boko haram dans le Bassin du lac Tchad.

L’intégration économique sous régionale fait également partie des sujets cruciaux, ainsi que la libre circulation des personnes et des biens dans l’espace communautaire. De l’avis des analystes, elle ne peut être totale que si elles reposent sur un socle sécuritaire coulé dans le béton d’une solidarité sous régionale encore plus réaffirmée.

La question du franc CFA sera également abordée. D’ailleurs, selon certaines déclarations, elle serait cruciale. La monnaie héritée de la colonisation divise les économistes et les chefs d’Etat de la zone Franc depuis de longs mois. Elle est présentée par de nombreux experts en finances comme un frein au développement. Ceux qui sont pour le maintien du Franc CFA, avancent l’argument de la stabilité qu’offre cette monnaie face aux spéculations. Mais, d’autres tendances estiment que la zone Franc, dans laquelle se retrouve la CEMAC, gagnerait à s’en dissocier. Autant de dossiers sur lesquels se prononceront les chefs d’Etat dans leur communiqué final qui sera connu à la fin de leur sommet extraordinaire.

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Auteur: EcoMatin
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