Zakia Driouich, secrétaire d’État à la pêche, a décliné sa stratégie pour la commercialisation des produits de la mer, notamment en renforçant les réseaux de marchés de gros et en réduisant le nombre d’intermédiaires (Ph. Bziouat)

Sur les mesures prises pour traiter la problématique de la hausse des prix du poisson, Zakia Driouich a confirmé devant la Chambre des conseillers le rôle stratégique des interventions du secrétariat d’État. D’abord, il se manifeste à travers la protection des stocks halieutiques nationaux pour garantir leur durabilité. Ensuite, l’approvisionnement durable des marchés et des industries liées à la pêche maritime en ressources marines. Sa stratégie dans le domaine de la commercialisation repose sur plusieurs points. Le premier porte sur le renforcement des réseaux de marchés de gros à l’intérieur des ports. Aujourd’hui, l’Office national des pêches (ONP) gère 72 marchés de vente en gros, dont 14 marchés de nouvelle génération, pour un investissement de 635 millions de DH. «Nous avons généralisé l’utilisation des caisses normalisées, accompagnée de la création d’unités de gestion, pour un investissement total de 365 millions de DH», a-t-elle affirmé devant les parlementaires. En outre, près de 16.000 barques de pêche artisanale ont été équipées de glacières isothermes (ICE-BOX), afin de préserver la qualité des produits de la mer et de faciliter leur commercialisation dans les marchés de gros, avec un investissement de 93,5 millions de DH.
La secrétaire d’Etat a également mentionné la mise en œuvre du programme national de renforcement des infrastructures de commercialisation intérieure, en partenariat avec les collectivités territoriales. Et cela, à travers la construction d’un réseau de 10 marchés de gros hors ports, dont l’objectif est de structurer et de soutenir le circuit interne. Ce réseau sera renforcé par de nouveaux marchés en cours de réalisation à Nador et à Fès.
Ce département a également mis en place un programme de construction de 8 marchés modernes de vente au détail, à l’horizon 2027, avec une contribution de 30 millions de DH. Cinq d’entre eux sont déjà en cours de réalisation. Parmi les objectifs, Driouich a cité le soutien à la commercialisation des produits halieutiques, l’encouragement de la consommation, la réduction du nombre d’intermédiaires et la maîtrise des prix. Elle a saisi l’opportunité de la séance plénière de la Chambre des conseiller pour annoncer l’inauguration du premier marché moderne de vente au détail à Dakhla à l’occasion de la Fête de la Marche verte.

Vers moins d’intermédiaires

En ce qui concerne l’organisation du métier de vendeur de poisson en gros, cette profession constitue un maillon important de la chaîne de valeur du secteur de la pêche maritime, un maillon qui n’était pas structuré auparavant. Aujourd’hui, la loi 08-14 encadre cette profession et fixe les conditions de son exercice. «Nous sommes en train de réviser certaines dispositions légales afin de renforcer le rôle du vendeur de poisson en gros en tant qu’acteur clé dans le domaine de la commercialisation et de la garantie des conditions de sécurité sanitaire des produits de la mer», a souligné la secrétaire d’Etat. Selon elle, ces mesures visent à renforcer le marché intérieur et encourager la consommation locale de produits de la mer de haute qualité. Outre le maintien de la stabilité des prix à des niveaux raisonnables et la réduction du nombre d’intermédiaires, l’accès aux marchés de gros n’est autorisé qu’aux vendeurs de poisson en gros, titulaires d’une carte spéciale.


Modernisation

Au cours des dernières années, la flotte a connu un processus de modernisation de ses structures, de ses équipements et des techniques utilisées dans les opérations de pêche. Aujourd’hui, on observe une dynamique importante au niveau des chantiers de construction et de rénovation des bateaux, qu’ils soient en bois, en fer ou en polyester. On compte actuellement à 56 chantiers qui ont permis en 2024 de construire 47 nouveaux bateaux et 1.094 nouvelles barques de pêche artisanale. En plus de cela, 1.194 bateaux, y compris des barques ont fait l’objet de réhabilitation et d’entretien. Dans sa réponse, Driouich n’a pas omis de rappeler le programme Ibhar destiné à la mise à niveau et à la modernisation de la flotte de pêche. Ce programme avait pour objectifs de moderniser les moyens de production afin de permettre aux navires de pêcher dans des zones éloignées des côtes et de garantir la qualité des produits de la mer et d’améliorer leur compétitivité. Le nombre total ayant bénéficié de ce programme s’élève à 1.161 bateaux, pour un soutien global de plus de 170 millions de DH. Parmi les autres mesures prises pour la modernisation de la flotte de pêche artisanale, elle a cité l’augmentation de la jauge totale des embarcations de 2 à 3 tonnes. Idem pour le soutien de 6.183 embarcations dans les provinces du sud, équipées de dispositifs modernes de secours, pour un investissement de 20,6 millions de dirhams, dans la perspective de généraliser cette initiative. A cela s’ajoute l’octroi prévu de 4 gilets de sauvetage de nouvelle génération par embarcation, pour un investissement de 69,5 millions de DH et la dotation de 757 embarcations en moteurs neufs, pour un montant de 15,14 millions de DH.

Mohamed CHAOUI

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