Inviter le public à renouer avec la nature tout en lui offrant un essai visuel sur le caractère sacré de la figure féminine. C’est l’essence de l’œuvre de l’artiste maroco-américain Rachid Bouhamidi, qui expose jusqu’au 3 novembre à l’Espace Rivages de la Fondation Hassan II pour les Marocains résidant à l’étranger à Rabat. Un monde onirique regorgeant de vie et chargé de symboles profondément inspirés de ses origines marocaines.
L’exposition, qui s’intitule «Sanctuary Kingdom», propose aux spectateurs près d’une vingtaine de toiles peintes par l’artiste au cours de ces huit dernières années. Son but premier: faire découvrir et redécouvrir son œuvre au public. «Rachid Bouhamidi n’expose que très rarement au Maroc, n’ayant visité pour la première fois ses régions qu’à l’âge adulte. A travers cette exposition, nous souhaitons faire connaître ses œuvres marquées par son attachement inébranlable pour le pays, en dépit de son éloignement géographique», nous confie la directrice du pôle Art, culture et communication de la fondation, Fatiha Amellouk.
Des toiles à travers lesquelles le peintre cherche à sublimer la femme et à revaloriser son statut au sein de la société, notamment marocaine. «Les femmes sont des figures sacrées qui méritent d’être respectées dans toutes les sociétés, et ce indépendamment de leur classe sociale, de leur religion ou de leur nationalité. Mon travail consiste à rehausser leur statut et à offrir une sorte d’essai visuel sur la notion de féminité», précise Bouhamidi.

L’artiste maroco-américain Rachid Bouhamidi expose jusqu’au 3 novembre à l’Espace Rivages de la Fondation Hassan II pour
les Marocains résidant à l’étranger à Rabat (Ph. R.B)
Autre objectif recherché par l’artiste, conscientiser le public sur l’importance de préserver notre lien avec la nature, fragilisée ces dernières années par la disparition d’une partie de sa faune et de sa flore. «Notre lien avec la nature semble s’estomper au fur et à mesure que les années passent, en raison notamment de la disparition des animaux et des plantes sur Terre. A travers le thème de la végétation, je souhaite transmettre un message de coexistence entre l’Homme et cette dernière», tient à souligner l’artiste.
Des créations qui ont pour trait commun une véritable richesse chromatique qui, associée à des jeux complexes de lumières, apporte à l’ensemble pureté et énergie. «La couleur, la lumière et le chromatisme sont des éléments cruciaux en peinture. Ils contribuent à transmettre une énergie résonante et contagieuse», explique le peintre. «La couleur est également essentielle car elle apporte aux œuvres une dimension psychologique, rendant les sujets représentés moins inertes», complète-t-il. La sensation mouvement se veut enfin omniprésente, permettant au spectateur de se projeter dans un monde rythmé par les actions et les interactions de ses personnages.
Un féru de peinture qui a exposé au pays de l’Oncle Sam
Né à Palm Springs aux Etats-Unis en 1981, Rachid Bouhamidi réside actuellement à Los Angeles. Diplômé en Beaux-Arts de la School of the Art Institute de Chicago et titulaire d’un master en peinture de l’université de Boston, son parcours artistique l’a conduit à exposer ces deux dernières décennies aux Etats-Unis, en Europe ainsi qu’au Maroc.
Karim AGOUMI
«Equilibrer le langage pictural rend la peinture plus communicative»

Rachid Bouhamidi, artiste peintre maroco-américain (Ph. R.B)
– L’Economiste: D’où provient le titre intriguant de cette nouvelle exposition «Sanctuary Kingdom»?
– Rachid Bouhamidi: Dans mes œuvres, les personnages représentés habitent un univers onirique à l’abri des travers du monde réel. J’ai pensé à peindre une «ville sanctuaire» servant de lieu de refuge pour les immigrants sans papiers, les parias et les exclus de la société, en lui conférant une dimension presque mythique baignée de paix et de plénitude. Un moyen de pousser le public à se libérer de ses peurs et à ressentir davantage de compassion pour ses pairs.
– Vous avez été profondément marqué par l’œuvre de Matisse…
– Oui. Ce qui me frappe chez Matisse, c’est sa manière de simplifier le langage pictural. Il simplifie ses peintures, au point qu’elles parviennent à se fondre avec les arts décoratifs qu’il admirait tant. En peinture, la simplicité formelle et la complexité de l’exécution sont complémentaires.
– A travers cette exposition, vous invitez à réfléchir sur le lien entre l’Homme et la nature. Pour vous, il est capital de ne jamais s’en défaire?
– Bien évidemment! Il va sans dire que nous ne pouvons exister sans la nature et que nous nous devons de réactiver les liens rompus qui nous unissaient à elle. Pour peindre mes œuvres, je me suis toujours inspiré des premières nations autochtones du monde. Des peuples qui n’ont jamais perdu ce lien profond qui nous unit à la nature.
Propos recueillis par Karim AGOUMI
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Auteur: Karim Agoumi
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