Depuis la démission de Bouteflika de son poste de président de la République, le 2 avril dernier, une situation de blocage a pris progressivement forme. Car entre la voie constitutionnelle optée (contre vents et marées) par le pouvoir en place et la solution politique, il semble bien que le peuple algérien, du moins la majorité, a fait son choix.
En attendant, des solutions de sortie de crise sont proposées par des personnalités politiques qui veulent apporter leur contribution. La dernière en date émanant de Ali Yahia Abdenour, l’infatigable militant des droits humains, avocat de son état, Ahmed Taleb Ibrahimi, l’ancien ministre, et Rachid Benyelles, général à la retraite, dont le texte intégral a été publié hier par TSA.
Les trois hommes ont, en effet, rendu public, hier, une déclaration intitulée ‘‘Appel pour une solution consensuelle’’ dans laquelle, ils appellent au report des présidentielles du 4 juillet et plaident pour une de transition de «courte» durée, conduite par des hommes et des femmes «n’ayant jamais» appartenu au système «profondément corrompu» des vingt dernières années. «Cette période est nécessaire pour mettre en place les mécanismes et dispositions permettant au peuple souverain d’exprimer librement et démocratiquement son choix à travers les urnes, un processus qui va dans le sens de l’histoire, et que rien, ni personne ne saurait arrêter», expliquent-il en affirmant qu’après avoir «obtenu» la démission «forcée» du président-candidat «moribond», les manifestants dont le nombre a atteint des sommets «historiques», exigent désormais l’instauration d’un État de droit et d’une «véritable» démocratie. Par conséquent, les trois hommes invitent ouvertement et d’une manière pressante le Commandement de l’Armée nationale populaire à nouer un dialogue «franc» et «honnête» avec des figures «représentatives» du mouvement citoyen, en branle depuis le 22 février dernier, des partis et des forces politiques et sociales qui le soutiennent, afin, soulignent-ils, de trouver «au plus vite» une solution politique «consensuelle» en mesure de «répondre» aux aspirations populaires «légitimes» qui s’expriment quotidiennement depuis bientôt trois mois. Ali Yahia Abdenour, Ahmed Taleb Ibrahimi et le général Rachid Benyelles estiment que la situation de «blocage», porteuse d’ailleurs de «graves» dangers dans une situation régionale «tendue» et traduite par le maintien de la date du 4 juillet pour la tenue des élections présidentielles, ne pourra que «retarder» l’avènement «inéluctable» d’une «nouvelle» République. Ils imaginent, de ce fait, mal un scrutin libre et honnête alors qu’il est, à leur yeux, «d’ores et déjà rejeté» par «l’immense majorité» de la population parce qu’organisé par des institutions «encore» aux mains de forces «disqualifiées» et «opposées» à tout changement salutaire. «Le 22 février 2019, des millions d’Algériens, toutes classes sociales et tous âges confondus, sont sortis dans les rues de l’ensemble des grandes villes du pays pour manifester pacifiquement, crier leur colère et refuser l’humiliation qu’un pouvoir arrogant et sûr de lui, voulait encore leur faire subir en annonçant la candidature pour un cinquième mandat, d’un homme qui vit à l’état végétatif depuis cinq ans. Par leur caractère massif et strictement pacifique, les manifestations grandioses de ces treize dernières semaines ont forcé l’admiration du monde entier et nous ont rendu notre dignité trop longtemps bafouée, comme elles nous ont permis de recouvrer notre fierté d’appartenir à une grande nation.
Elles auront également fortement contribué à renforcer l’unité nationale et la volonté du vivre ensemble, quelles que soient nos différences politiques, et nos sensibilités culturelles ou doctrinaires», rappellent les signataires de la déclaration.
S. A. M.
Auteur: elmoudjahid
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