Les prix du pétrole se repliaient fortement hier, pénalisés par l’avancée de l’épidémie de pneumonie virale hors de Chine et ses potentielles conséquences sur la demande mondiale en or noir, dans un marché déjà excédentaire. Les deux principaux indices du pétrole, le WTI et le Brent, s’enfonçaient de quelque 4% à la mi-journée. Le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en avril valait 56,05 dollars à Londres, en baisse de 4,19% par rapport à la clôture de vendredi.
À New York, le baril américain de WTI pour le même mois perdait 3,97%, à 51,26 dollars. Cette forte baisse des prix en début de séance hier porte un coup d’arrêt à la progression des deux cours de référence européen et américain, qui était de l’ordre de 2% la semaine dernière et de respectivement 10% et 8% depuis une reprise amorcée le 10 février. “Ce changement rapide s’explique par les préoccupations relatives à la demande. Si de plus en plus de pays et de continents sont touchés par le virus, le ralentissement sur l’activité économique et les voyages sera d’autant plus important”, a estimé Carsten Fritsch de Commerzbank, cité par l’AFP. La semaine dernière déjà, les analystes d’UBS avaient réduit leur prévision sur le prix du pétrole pour 2020, à 60 dollars pour le Brent et 55,50 dollars pour le WTI, contre 63,50 et 60 dollars précédemment. Ils estiment l’impact de l’épidémie sur la demande mondiale d’or noir à 1,7 million de barils par jour au premier trimestre 2020 et 450 000 barils par jour sur l’ensemble de l’année. La situation est telle que la directrice du Fonds monétaire international, Kristalina Georgieva, a estimé, dimanche, que le nouveau coronavirus mettait “en péril” la reprise de l’économie mondiale lors d’une réunion du G20 à Riyad. Les principales puissances économiques mondiales ont appelé, à l’occasion, à une réponse coordonnée pour endiguer l’épidémie de coronavirus dont les effets devraient, selon le FMI, amputer la croissance économique mondiale de 0,1 point de pourcentage cette année. Désormais, les acteurs de marché se tournent vers les pays membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et leurs alliés qui se retrouveront la semaine prochaine à Vienne pour tenter d’apporter une réponse côté offre à la mesure des risques qui pèsent sur la demande. Mais là aussi, les choses ne semblent pas rassurantes. En effet, un article de l’agence Dow Jones a fait état de division entre l’Opep et ses partenaires sur la stratégie de quotas à l’approche de la réunion. La nécessité d’une réunion anticipée, durant le mois en cours pour redresser la barre des prix, proposée par certains pays de l’Opep, dont l’Algérie, n’a pas été du goût de la Russie qui a indiqué qu’il fallait plus de temps pour évaluer l’impact de la maladie.
Entre-temps, la chute des prix continue de mettre à mal les finances des pays producteurs, à l’instar de l’Algérie dont l’équilibre budgétaire reste chevillé aux prix du pétrole. Certes, le prix du baril de pétrole brut de référence de la LF 2020 est de 50 dollars. Mais cette LF 2020 reconduit une politique budgétaire avec des niveaux très élevés de déficit. Les cours du marché autour desquels évoluent les prix du baril actuellement sont très loin des prix référence pouvant garantir l’équilibre des finances de l’État. Et si la situation perdure, la marge de manœuvre du gouvernement sera de plus en plus réduite.
Saïd Smati
Les prix du pétrole se repliaient fortement hier, pénalisés par l’avancée de l’épidémie de pneumonie virale hors de Chine et ses potentielles conséquences sur la demande mondiale en or noir, dans un marché déjà excédentaire. Les deux principaux indices du pétrole, le WTI et le Brent, s’enfonçaient de quelque 4% à la mi-journée. Le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en avril valait 56,05 dollars à Londres, en baisse de 4,19% par rapport à la clôture de vendredi.
À New York, le baril américain de WTI pour le même mois perdait 3,97%, à 51,26 dollars. Cette forte baisse des prix en début de séance hier porte un coup d’arrêt à la progression des deux cours de référence européen et américain, qui était de l’ordre de 2% la semaine dernière et de respectivement 10% et 8% depuis une reprise amorcée le 10 février. “Ce changement rapide s’explique par les préoccupations relatives à la demande. Si de plus en plus de pays et de continents sont touchés par le virus, le ralentissement sur l’activité économique et les voyages sera d’autant plus important”, a estimé Carsten Fritsch de Commerzbank, cité par l’AFP. La semaine dernière déjà, les analystes d’UBS avaient réduit leur prévision sur le prix du pétrole pour 2020, à 60 dollars pour le Brent et 55,50 dollars pour le WTI, contre 63,50 et 60 dollars précédemment. Ils estiment l’impact de l’épidémie sur la demande mondiale d’or noir à 1,7 million de barils par jour au premier trimestre 2020 et 450 000 barils par jour sur l’ensemble de l’année. La situation est telle que la directrice du Fonds monétaire international, Kristalina Georgieva, a estimé, dimanche, que le nouveau coronavirus mettait “en péril” la reprise de l’économie mondiale lors d’une réunion du G20 à Riyad. Les principales puissances économiques mondiales ont appelé, à l’occasion, à une réponse coordonnée pour endiguer l’épidémie de coronavirus dont les effets devraient, selon le FMI, amputer la croissance économique mondiale de 0,1 point de pourcentage cette année. Désormais, les acteurs de marché se tournent vers les pays membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et leurs alliés qui se retrouveront la semaine prochaine à Vienne pour tenter d’apporter une réponse côté offre à la mesure des risques qui pèsent sur la demande. Mais là aussi, les choses ne semblent pas rassurantes. En effet, un article de l’agence Dow Jones a fait état de division entre l’Opep et ses partenaires sur la stratégie de quotas à l’approche de la réunion. La nécessité d’une réunion anticipée, durant le mois en cours pour redresser la barre des prix, proposée par certains pays de l’Opep, dont l’Algérie, n’a pas été du goût de la Russie qui a indiqué qu’il fallait plus de temps pour évaluer l’impact de la maladie.
Entre-temps, la chute des prix continue de mettre à mal les finances des pays producteurs, à l’instar de l’Algérie dont l’équilibre budgétaire reste chevillé aux prix du pétrole. Certes, le prix du baril de pétrole brut de référence de la LF 2020 est de 50 dollars. Mais cette LF 2020 reconduit une politique budgétaire avec des niveaux très élevés de déficit. Les cours du marché autour desquels évoluent les prix du baril actuellement sont très loin des prix référence pouvant garantir l’équilibre des finances de l’État. Et si la situation perdure, la marge de manœuvre du gouvernement sera de plus en plus réduite.
Saïd Smati
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