C’est fait. La société de Maintenance des équipements industriels (MEI), filiale du groupe Sonelgaz,  a signé, hier à Alger, avec General Electric (GE), une commande d’un montant de 7,5 millions de dollars  de pièces de rechange fabriquées localement.

Une commande destinée aux besoins des installations énergétiques gérées par le groupe américain en Algérie ainsi que ses clients à l’étranger. Les commandes à MEI, à caractère flexible, vont augmenter au fil des années pour atteindre «900 millions de dollars pour les 20 prochaines années», annonce le ministre de l’Energie. Plus explicite, Mohamed Arkab précise que cette commande se fera au début à raison d’un million de dollars par an et «avec le développement des capacités de MEI, nous atteindrons les 90 millions de dollars/an, et pour la période 2020-2024, le montant prévisionnel est à hauteur de 117 millions USD». Cet accord, enchaîne le ministre, s’inscrit en droite ligne avec la politique gouvernementale visant à se débarrasser de la dépendance à l’étranger ainsi qu’à promouvoir la politique d’exportation, notamment vers l’Afrique, qui constitue un «marché prometteur».

Sonelgaz : un taux d’intégration de 30%  pour le début

Lui emboîtant le pas, le premier responsable de Sonelgaz précise, à propos du taux d’intégration, qu’il se situera autour de 30% dans une première étape avant d’aller progressivement vers un taux optimal de 100%. Il brandira la détermination de la Société qu’il dirige à «abandonner progressivement le clés-en-main pour les ouvrages complexes et à domicilier graduellement la fabrication en Algérie». Et d’ajouter : «Il en va de même pour l’engineering, y compris l’engineering de détails, et l’approvisionnement». Aux yeux de Chaher Boulakhras, cette démarche «nous conduit à réaliser des projets complexes en lots totalement décomposés», ce qui favorisera, par la suite, la «fabrication locale en bon nombre d’autres composants et l’émergence, localement, de nouvelles petites entreprises et sociétés sous-traitantes».
Se félicitant de ce partenariat, M. Boulakhras dira : «Notre filiale montera en compétence et fabriquera avec des coûts compétitifs». Dans sa communication, le même responsable explique que la stratégie de Sonelgaz se base sur le «développement de tous les axes permettant de couvrir, à long terme, les besoins en énergie du pays». Sur les performances de Sonelgaz, M. Boulakhras souligne : «Nous disposons d’un parc de production totalisant une capacité installée de 21. 000 MW». S’y ajoutent des réseaux électriques, toutes tensions confondues, de près de 380.000 km et des réseaux gaz avoisinant les 130.000 km. Pour répondre à la demande additionnelle prévue, Sonelgaz «réalisera en l’espace de 10 ans un parc de production équivalent à celui réalisé en 50 ans, soit 20.000 MW de capacité supplémentaire». Dans cette optique, M. Boulakhras affirme que la concrétisation de cet important programme est tributaire du développement des capacités locales de réalisation et d’une industrie locale des équipements et composants contribuant à l’émergence de filières créatrices de richesse et d’emploi. Avec les efforts déployés, Sonelgaz se positionne en tant qu’ «acteur d’intégration nationale en termes de capacités d’études, de services, de travaux et de fabrication pour favoriser l’émergence d’un système industriel national». Sur le même ordre d’idées, M. Boulakhras a égrené les opportunités mises en œuvre par Sonelgaz pour «algérianiser la maintenance, fabriquer localement les pièces de rechange,  localiser en Algérie des usines de fabrication d’équipements de pointe, développer le génie et l’expertise en matière d’engineering, de réalisation et de montage». Pour sa part, le représentant de General Electric pour la région Mena qualifie la signature de ladite commande d’évènement historique du point de vue développement industriel et création d’emploi, ainsi qu’en termes de confirmation des capacités des ingénieurs algériens. Ce projet, enchaîne-t-il, permettra non seulement de couvrir le marché national mais aussi d’accéder à d’autres marchés régionaux et internationaux.
Fouad Irnatene

Vers l’abandon du «Clés-en-main»

Le PDG de Sonelgaz a souligné, par ailleurs, que le groupe compte abandonner la formule «Clés-en-main» dans les contrats concernant les ouvrages complexes qui seront désormais réalisés en lots totalement décomposés. «Cette décomposition des lots favorisera la fabrication locale de bon nombre de composants et l’émergence, localement, de nouvelles petites entreprises et sociétés sous-traitantes, y compris de réalisation», a relevé M. Boulakhras. Dans le cadre de sa stratégie d’intégration nationale, Sonelgaz a conclu jusque-là cinq partenariats industriels: General Electric Algeria turbines (GEAT) (créée en 2014, entre Sonelgaz et General Electric), Vijai Electronicals Algérie (VEA) (créée en 2018 entre Sonelgaz, Electro-Industries et l’indien Vijai Electricals), Boliers Handassa Industrie Algérie (BHI) (créée en 2019 entre Sonelgaz, IMetal et le sud-coréen BHI ), Sediver Algérie (créée en 2019 entre Sonelgaz, Enava, AI Elec et le français Sediver), Hyenco (créée en 2015 entre Sonelgaz, les sud-coréens Hyundai et Daewoo).
(APS)
 

Auteur: elmoudjahid
Cliquez ici pour lire l’article depuis sa source.