Marrakech – Les participants à une table ronde sur « la recherche en sciences humaines et sociales », organisée jeudi à Marrakech, ont plaidé en faveur de la promotion de la recherche en sciences humaines et sociales au sein des institutions d’enseignement supérieur, ainsi qu’à l’augmentation des budgets alloués dans ce sens.
Au cours de cette rencontre, organisée par la Faculté des Lettres et des Sciences Humaines relevant de l’Université Cadi Ayyad (UCA), dans le cadre de la première édition du Salon virtuel du livre universitaire (20-27 avril), les intervenants ont souligné que l’université ne peut pas assurer sa mission clé dans la société en l’absence de la promotion et l’encouragement de la recherche scientifique ainsi que de l’innovation.
A cet égard, M. Mohamed Maouhoub, professeur de philosophie contemporaine à la Faculté des lettres et des sciences humaines de Marrakech (FLSHM), a relevé que la recherche scientifique constitue un levier majeur de développement, ce qui explique que plusieurs pays s’appuient sur la recherche pour assurer un développement économique durable.
Ainsi, les économies mondiales œuvrent pour augmenter les fonds consacrés à la recherche scientifique afin de réaliser le développement escompté et accélérer sa cadence, a indiqué M. Maouhoub, ajoutant que la crise sanitaire et économique induite par la pandémie de la Covid-19 a souligné l’importance d’une telle approche.
De son côté, M. Said Bojrouf, professeur de géographie et d’aménagement de territoire à la FLSHM, a expliqué que la recherche en sciences humaines et sociales est passée de la marginalité à la centralité, faisant savoir que ces sciences sont, désormais, obligées de traiter les grands questionnements relatifs à la démocratisation, la gouvernance, la valorisation, la mobilisation et la gestion de toutes les ressources, la réduction des disparités territoriales et sociales, le développement territorial, les équilibres environnementaux, les transformations sociales, économiques, culturelles et identitaires, le contrat social qui garantit l’égalité et la liberté, les défis de la mondialisation, l’ouverture, l’emploi, l’investissement, la production et le partage de la connaissance humaine, la numérisation, l’intégrité territoriale, le rayonnement du Royaume, la régionalisation, et la décentralisation.
Affirmant que tous ces questionnements nécessitent la mise en place d’un système national de recherche scientifique dans le cadre d’une stratégie visant l’organisation, l’encadrement et le développement dans ce domaine, il a conclu que la recherche scientifique n’a pas atteint le niveau escompté en raison de l’insuffisance du budget alloué à ce secteur.
Pour sa part, M. Mostapha Saaliti, professeur de psychologie sociale à la FLSHM, a souligné que les universités marocaines ont besoin de projets de recherche sur le terrain dans tous les domaines des sciences humaines, notamment la psychologie sociale, qui offre des paradigmes théoriques à même de permettre de comprendre les phénomènes, les problèmes et les crises au sein de la société.
Dans ce contexte, il a soulevé un certain nombre de questionnements concernant notamment, les stratégies d’adaptation pour faire face à la Covid 19, les éléments impactant ces stratégies et les facteurs culturels, religieux… affectant la perception des risques par le citoyen, d’autant que cette perception a un impact direct sur son comportement.
Le professeur d’histoire et d’archéologie à la FLSHM, M. Hicham Rguig, a mis en exergue, quant à lui, l’importance de la perpétuation de la mémoire et la préservation de l’identité dans un monde confronté à de graves défis, notamment la mondialisation, qui cherche à effacer les idiosyncrasies culturelles en mettant fin à la diversité civilisationnelle et culturelle.
A cet égard, il a souligné que la préservation et la valorisation du patrimoine marocain constitue la pierre angulaire de la construction de l’identité culturelle chez les jeunes, faisant savoir que cet effort ne repose pas sur un simple agencement technique ou une orientation économique visant à encourager le tourisme culturel au Maroc, mais il s’agit d’un un projet sociétal consacré dans la Constitution de 2011 en tant que cadre réglementaire pour le renforcement de l’identité nationale fédératrice en mettant l’accent sur le patrimoine marocain millénaire.
De son côté, M. Zakaria Ibrahimi, professeur de sociologie à la FLSHM, a affirmé que les centres de production de connaissances en sciences humaines et sociales ont dépassé le cadre de l’université.
Ainsi, M. Ibrahimi a appelé à la structuration de la recherche en sciences humaines et sociales en privilégiant la production scientifique au sein des institutions et instituts de recherche scientifique, au lieu de rester dépendant des efforts individuels.
La table ronde a porté sur une série de questionnements, notamment le contexte interne et la structure organisationnelle de la recherche en sciences humaines et sociales dans les institutions d’enseignement supérieur, le financement de la recherche, les problématiques soulevées et le défi de répondre aux attentes en matière du développement, d’investissement, d’emploi, d’environnement, d’identité et du patrimoine, les sciences humaines et sociales et la pandémie de la Covid-19, ainsi que les sciences humaines et sociales: enjeux et perspectives.
Auteur: Meriem IGASS
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