Lors d’un panel intitulé « Coopération en matière du changement climatique » dans le cadre de la 11ème édition de la conférence internationale « The Atlantic Dialogues », le fondateur et président de l’Institut Ecologique Allemand, Andreas Kraemer, a d’emblée tiré la sonnette d’alarme, soulignant que « les gens qui sont au pouvoir aujourd’hui sont la dernière génération qui doit agir et a encore la possibilité d’agir. Nous avons encore les solutions pour rendre la planète vivable ».

« Je veux créer à la fois un sentiment d’urgence et un sens de mission. Je viens d’un pays où la campagne « Vendredis pour l’avenir » a vu toute une génération de jeunes descendre dans la rue pour exiger que les dirigeants fassent quelque chose pour assurer leur avenir », a-t-il soutenu.

M. Kraemer s’est montré toutefois optimiste concernant la crise alimentaire actuelle aggravée par la guerre en Ukraine. « Nous ne sommes pas confrontés à une crise alimentaire absolue, mais à une crise liée aux chaînes de logistique, aux infrastructures et au fonctionnement des marchés », a-t-il expliqué, affirmant que des solutions « peuvent être trouvées dans le cadre d’une coopération internationale renforcée ».

Dans cette même veine, M. Hafez Ghanem, Senior Fellow au Policy Center for the New South (PCNS), a indiqué que le continent africain risque encore plus de souffrir des effets du changement climatique. « Plus de 230 millions de personnes, soit un Africain sur quatre qui habite dans le sud du Sahara, sont sous-alimentées. Il s’agit d’une augmentation de plus de 38 % par rapport à il y a 20 ans », a-t-il noté.

Cette situation est exacerbée par le changement climatique, la recrudescence des conflits, la fragilité des chaînes de logistique et l’augmentation des prix des matières premières, a expliqué M. Ghanem, appelant à renforcer la productivité agricole des pays africains, notamment à travers une collaboration Sud-Sud.

« L’Afrique a la capacité de nourrir sa population », a-t-il affirmé, rappelant que le continent, qui compte 60 % des terres arables non exploitées du monde, importe encore 80% de ses besoins alimentaires de l’extérieur du continent, soit environ 60,5 milliards de dollars.

M. Saïd Mouline, Directeur général de l’Agence Marocaine pour l’Efficacité Energétique (AMEE), a réaffirmé que l’Afrique dispose des potentialités humaines et naturelles lui permettant d’œuvrer pour assurer sa sécurité alimentaire et éviter la dépendance aux marchés extérieurs.

Dans ce sens, il a souligné que le Sommet des Chefs d’Etat et de Gouvernement Africains de l’Action en faveur d’une co-émergence du continent, en marge de la 22ème conférence des parties à la convention-cadre des nations unies sur les changements climatiques (COP22) « a montré qu’il existe a des solutions africaines pour notre continent dans les domaines de l’eau, de l’énergie, de la sécurité alimentaire… ».

Rappelant que le Maroc, qui a progressé d’un rang dans l’indice de performance climatique, recueillant ainsi la 4e place selon le rapport de l’indice de performance climatique, est disposé à partager son expérience dans le domaine climatique et de la sécurité alimentaire avec tous les pays africains, M. Mouline s’est félicité des efforts « exceptionnels » déployés par l’OCP dans le domaine de la sécurité alimentaire dans le continent à travers une fertilisation raisonnée, acceptable et économiquement acceptable pour les petits agriculteurs africains.

De son côté, Miguel Ángel Moratinos, Haut représentant de l’Alliance des civilisations de l’Organisation des Nations Unies, a souligné que le manque de gouvernance mondiale apparaît comme le principal obstacle à une coopération internationale efficace en matière de changement climatique.

« Au cœur de l’Agenda 2030 se trouvent les 17 Objectifs de Développement Durable (ODD) qui couvrent l’intégralité des enjeux de développement dans tous les pays, tels que le climat, la biodiversité, l’énergie, l’eau, la pauvreté, l’égalité des genres, l’agriculture, l’éducation… Mais si nous n’avons pas la paix, si nous ne pouvons pas nous respecter, si nous ne pouvons pas vivre ensemble, tous ces objectifs ne peuvent pas être atteints », a-t-il souligné.

« Il est important aujourd’hui de travailler dans un esprit de réconciliation, de paix et de respect mutuel. Sinon, tous les efforts de coopération, Nord-Sud, Sud-Sud, Est-Ouest, n’atteindront jamais leurs objectifs », a soutenu M. Moratinos, faisant savoir que le monde « fait face à des défis communs qui nécessitent une coopération renforcée ».

Les travaux de la 11ème édition de la Conférence internationale annuelle « The Atlantic Dialogues » se sont ouverts mercredi à Marrakech, avec la participation d’une pléiade de responsables, de chercheurs et d’experts internationaux.

Placée sous le Haut Patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, cette rencontre de haut niveau, organisée à l’initiative du Policy Center for the New South (PCNS), réunit, du 14 au 16 courant, plus de 350 invités de 60 nationalités, autour du thème « Coopération dans un monde en mutation : opportunités pour l’Atlantique élargi ».

The post Plaidoyer pour une coopération internationale renforcée face à la crise climatique appeared first on MapMarrakech.

Auteur: Meriem IGASS
Cliquez ici pour lire l’article depuis sa source.