Repousser les logiques d’exclusion véhiculées par les discours de certains acteurs politiques

Le panel des personnalités est appelé à réunir, autour de l’option de dialogue, les acteurs concernés par la situation politique afin d’œuvrer à proposer une issue à la crise que connaît le pays depuis plusieurs mois.
Mais quelles sont les conditions d’un dialogue réussi pour sortir de l’impasse ? Pour le politologue Redouane Bouhidel, le dialogue est une nécessité «et une bonne initiative» pour mettre fin à la situation de blocage, d’autant plus qu’«il faut plutôt  réunir les conditions nécessaires afin que les acteurs du dialogue puissent réfléchir sur l’idée de la reconstruction «pour trouver une solution à la crise».
Il préconise, dans un entretien à la presse, de ne pas s’enfermer dans l’impasse du monologue. Selon lui, le panel est face à une épreuve difficile :«Celle de l’approbation de l’opinion publique, des acteurs de la société civile et des partis.» Et de poursuivre : «Il reste à convaincre certains acteurs et partis de dialoguer avec un pouvoir qu’ils  considèrent comme “illégitime”.»
Il notera que c’est le moment de placer les intérêts du pays au-dessus de toute autre considération en repoussant les «logiques d’exclusion véhiculées par les discours de certains acteurs politiques», car le panel de personnalités chargé du dialogue ne sont que des médiateurs dont la tâche consiste à faciliter la recherche de passerelles.
Pour lui, la mission de ce panel «n’est pas d’ordre politique, mais d’ordre juridique et technique» permettant de «tracer une voie claire pour inscrire toutes les questions, revendications, exigences et demandes de ces millions d’Algériens qui manifestent leur volonté de voir leur pays dépasser cet état de blocage». Toutefois, celui-ci estime que «la mission du panel n’est pas encore clairement définie».
De son côté, Adnane Adem Chebine, doctorant en sciences politiques et représentant des étudiants lors du Forum du dialogue organisé au début juillet à Alger, estime que la réussite du dialogue est impossible sans «la bonne volonté» du pouvoir et «l’intention sincère» des acteurs appelés à participer pour qu’il soit possible d’atteindre «un consensus» sur la nécessité d’organiser l’élection présidentielle et entamer le processus de réformes politiques dont l’Algérie a besoin.
«C’est le vrai changement que le peuple exige depuis que les Algériens ont décidé de réinvestir l’espace public longtemps verrouillé», indique-t-il.
Il met l’accent sur la nécessité du respect des engagements du panel des personnalités, notamment celui relatif à la non-participation du pouvoir dans le processus du dialogue. Il y a lieu aussi de rejeter toute sorte de pression sur les acteurs engagés, pour tenter de faire passer des agendas de «replâtrages» et de reproduction du même système. Ce sont là des conditions sine qua non pour réussir la délibération inclusive et surtout pour dire non aux divisions qui sont attisées par «les promoteurs des différents agendas».
Pour le représentant du Pôle des étudiants, tout processus de dialogue doit «être inclusif» pour regrouper toutes les tendances et dynamiques de la société y compris le corps estudiantin qui constitue l’une des forces motrices du Hirak.
M. Chebine explique que les étudiants, qui continuent de manifester même en période de vacances, «sont conscients de la nécessité du dialogue comme moyen pour régler les conflits et faire converger les opinions et positions vers un but commun, à savoir la refondation de la pratique démocratique». «Pour nous, les étudiants sont d’abord les acteurs de réalisation d’une citoyenneté responsable, soucieuse de la préservation de notre espace public et  politique». Pour ce faire, «ils sont actuellement en concertation pour lancer une conférence nationale des étudiants, dont l’objectif est de réfléchir sur des propositions allant dans le sens du renforcement et d’appui aux initiatives politiques pour sortir de la crise» a-t-il signalé. La participation active des étudiants dans les marches populaires et leur adhésion consciente au processus de dialogue reposent sur l’idée de montrer que le récit national devrait désormais être produit par les Algériens eux-mêmes, en se réappropriant leurs institutions ouvertes, solides et républicaines», ajoute-t-il.
M. Chebine évoque l’importance de réfléchir aux mécanismes pratiques pour mettre en œuvre les résultats du dialogue, car, poursuit-il, «la solution consensuelle est un prélude pour en finir avec les a priori contradictoires».
Tahar Kaïdi

Auteur: elmoudjahid
Cliquez ici pour lire l’article depuis sa source.