Essaouira – Le vernissage d’une exposition d’oeuvres artistiques singulières d’Abdellah Oulamine a eu lieu mardi soir à Essaouira, en présence d’un parterre d’artistes peintres, d’intellectuels et d’acteurs associatifs.
Visible aux cimaises de l’espace de Dar Souiri, cette exposition, placée sous le signe »Rêve et Lumière », s’inscrit dans le cadre des activités mensuelles de l’Association Essaouira-Mogador visant à contribuer à la dynamique et à l’animation artistique et culturelle que connait la cité des alizés.
A travers cette exposition composée d’une cinquantaine d’oeuvres artistiques, dont des toiles et les vitraux (oeuvres en bois ornées de verre), cet artiste-peintre souiri convie les visiteurs à un long périple, le temps de découvrir la richesse et la diversité de la nature (arbre, oiseaux….), l’authenticité du patrimoine, et la singularité d’un quotidien avec ses aléas et ses tracasseries, tel que vécu par tout un chacun.
»Il ne s’agit pas de vitraux au sens propre du terme, mais plutôt d’oeuvres singulières alliant en toute subtilité du bois et du verre, et qui sont largement inspirés des anciennes maisons d’Essaouira et du Maroc qui disposaient de vitrail (Douaya) pour laisser jaillir de la lumière », a confié à la MAP, l’artiste-peintre Abdellah Oulamine.
« L’idée donc de ces oeuvres (Vitrail) est très originale, en ce sens que la finalité est d’apporter et de laisser passer cette lumière dont nous avons tous besoin », a-t-il précisé, se disant fier d’être à l’origine de l’introduction de cette technique dans les arts plastiques.
Et de conclure que la ville d’Essaouira peut se targuer d’être, sans nul doute, une véritable école des beaux arts au Maroc.
»Abdellah Oulamine est un artiste créatif d’Essaouira, parmi les précurseurs de cette cité en matière d’art et de recherche. Il est également épris par le patrimoine –matériel et immatériel- du Maroc, à partir duquel il fait ressortir d’autres créations artistiques », a précisé Ahmed Harrouz, artiste-peintre et membre de l’Association Essaouira-Mogador.
Et d’expliquer que »ceci en plus de sa pratique du +point+ minutieux avec lequel Oulamine entame la composition et l’expression, tel la prise d’un chapelet avec lequel il compte spirituellement la lecture et la réécriture du message », notant que »la lumière et le rêve se rejoignent alors pour montrer l’au-delà de la forme et l’invisible à voir et à relire ».
M.Abdellah Cheikh, critique d’art et professeur de l’histoire de l’art écrit à ce sujet: »les travaux artistiques de Abdellah Oulamine se distinguent par une lumineuse écriture symbolique pointue et par des formes architecturales suggestives; l’artiste inaugure sa démarche à partir d’un point avec lequel il construit le projet de l’immensité artistique ».
Même son de cloche chez Hassan Moutaki, critique d’art pour qui l’élément référentiel de base est pour Oulamine, les traces de la mémoire, les couleurs du rêve et la polyformité des points agencés à travers un traitement stylistique évoquant la rhétorique de la profondeur, de la transparence et de la substitution ».
Et d’ajouter que »loin des tendances occidentales, la peinture minutieuse de l’artiste peintre Abdellah Oulamine s’inscrit dans une actualité intemporelle. Elle n’est pas à indexer à un quelconque courant de l’art néo figuratif au sens conventionnel du terme ».
»Ce plasticien chercheur est hypersensible et très doué. Par ses études des connotations rhétoriques de la forme, il capte et restitue en couleurs alchimistes la beauté à la fois apparente et latente des motifs et ce, dans un doigté généreux et une fluidité chromatique surprenante. Il a bien voulu transgresser les canons classiques de la peinture figurative pour intégrer un espace d’expression plastique plus vaste et éloquent, celui de création merveilleuse et magico-poétique en général », a conclu Moutaki.
Auteur: Meriem IGASS
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