En cette matinée de la fin du mois de mars, la Grande-Poste et ses alentours est bondée de monde. En effet, plusieurs centaines de citoyens issus de plusieurs activités et branches professionnelles ont scandé à l’unisson «Nous voulons être écoutés». Parmi eux, des étudiants, des lycéens et des membres de l’Organisation nationale des enfants de chouhada, venus de plusieurs wilayas, arborant l’emblème national et portant des banderoles et des pancartes appelant à «d’importants changements politiques». La foule s’étendant de la Grande-Poste à la faculté centrale d’Alger 1 a entonné des chants patriotiques tels que Min Djibalina et Maoutini entrecoupés de youyous. Au cœur de l’avenue Didouche- Mourad, véritable artère centrale de la capitale, un groupe de jeunes manifestants a exprimé la cohésion et l’unité des rangs entre différentes franges de la société, par le biais de slogans comme «Djeïch, chaâb, khawa, khawa, Armée et peuple, frères, frères», qui étaient repris en chœur. Il convient de signaler que ces marches sont marquées par un caractère pacifique et une ambiance bon enfant qui fait que les passants s’arrêtent pour observer d’un œil amusé, la procession des jeunes qui défilent.
Aussi, le dispositif policier présent sur les lieux n’a pas à intervenir. De plus, des manifestantes, probablement des enseignantes, ont procédé à la distribution de bonbons et différentes autres friandises. Ce qui dénote l’atmosphère de fraternité et de solidarité qui régnait sur ces lieux. Non loin de la place Audin, nous avons pu recueillir les propos de Réda, le jeune étudiant en économie, de 20 ans, s’exprimant à cette occasion, qui nous a confié être venu depuis Bab Ezzouar (Alger), et ce en pleine période de vacances scolaires,  afin de pouvoir faire entendre sa voix.  «En tant que jeunes, nous devons donner notre avis et nous voulons être écoutés. Nous voulons être impliqués dans la construction de notre nation», a-t-il fait savoir, non sans ajouter vouloir que l’Algérie soit plus forte et plus développée. Nous avons ensuite arpenté le Tunnel des facultés, pour revenir vers la Grande-Poste, à quelques mètres de cette dernière, où nous avons fait connaissance avec deux autres jeunes, âgés de 21 ans, participant à la manifestation. Il s’agit de Fayçal et de son meilleur ami Mounir qui sont étudiants en finances et comptabilité, à la faculté de Dély Ibrahim. S’exprimant de leur côté, ils nous ont indiqué vouloir «un changement radical des pratiques politiques» et ne désirer que le meilleur pour la nation.  Et d’affirmer, dans la foulée,  qu’il n’existe nul autre avenir pour les jeunes qu’en Algérie,  «Personne ne va bâtir notre pays, si ce n’est nous», ont-ils souligné, non sans mettre en évidence le fait que les citoyens veulent une amélioration des conditions socio-économiques. À cet effet, Fayçal et Mounir ont souhaité que les pensions au profit des personnes aux besoins spécifiques puissent être augmentées, pour permettre à toutes les catégories de la population de «mieux vivre». Enfin, pour sa part, Djihad, un enseignant d’anglais, nous a fait part de ses espérances et de son désir de voir le changement s’opérer au cœur de la société, également pour marquer une évolution des  «mentalités», exprimant au passage sa joie de voir les jeunes se réapproprier des thématiques telles que la protection de l’environnement, la participation à la politique et dans la prise de décision. Il a, d’autre part, souligné le fait que la jeunesse algérienne, en rejetant toutes formes d’ingérence étrangère et en faisant prévaloir le dialogue, a fait preuve d’une «maturité» qui mérite d’être saluée.
Sami Kaidi

Auteur: elmoudjahid
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