Les TPE, PME, startups et pépites d’aujourd’hui deviendront peut-être les futures scale-ups et champions de demain. C’est en tout cas le rêve que nous caressons tous pour ce nerf de la guerre économique, de l’emploi et de la compétitivité. Encore faut-il les accompagner et les faire connaître en racontant leurs sagas. C’est l’objectif que se fixe L’Economiste à travers «PME Régions», ce rendez-vous désormais hebdomadaire et qui vise à mettre en avant les entreprises les plus prometteuses ou qui bataillent pour continuer d’exister, en dépit de cette période d’incertitude.

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Troisième destination de l’offshoring au Maroc après Casablanca-Settat (57%) et Rabat-Salé-Kénitra (24%), la région de Fès-Meknès attire depuis quelques années des géants de l’économie du savoir. Elle accapare actuellement 11% des emplois de ce secteur au niveau national. Avec ses 36 centres d’appel employant 4.433 salariés, l’offshoring était déjà le premier employeur de la ville de Fès en 2019 qui peut se targuer de compter plusieurs grands noms de l’offshoring dont Webhelp, Acticall/Sitel Group, CGI, ou encore Alten Delivery Center. A la tête des premiers groupes qui ont contribué au positionnement de la destination sur les métiers de l’offshoring, ce dernier est le leader européen d’ingénierie et du conseil.
La société gérée jusqu’à tout récemment par son fondateur Amine Zarouk, par ailleurs président de l’Apebi (Fédération des technologies de l’information, des télécommunications et de l’offshoring), a créé 800 postes d’emploi. Avec son réseau de partenaires, dont notamment l’Université Euromed de Fès (UEMF), elle participe à la formation, propulse l’innovation et assure l’accompagnement des jeunes (Alten boost)… Elle fait partie aussi du consortium qui initie le projet de la Fès Smart Factory (FSF) dédié à l’industrie 4.0. Décryptage.
 
■ Tout a commencé avec la création du parc Fès Shore
Amine Zarouk était jusqu’ici directeur d’Alten Delivery Center. Après plusieurs années de labeur, ce jeune vient de prendre son envol pour créer d’autres projets, à Casablanca et Fès, «toujours dans le même domaine… sans dire plus pour l’heure». Mais, pour son parcours à la tête d’Alten, il en parle avec beaucoup de fierté. Normal, parce que le groupe a cru en ses compétences et il a pu monter une équipe d’ingénieurs de très haut niveau. Quoique «avant 2006, l’idée de développer des activités d’offshoring à Fès ou Meknès paraissait utopique». Aujourd’hui, 14 ans plus tard, cette région est classée comme 3e destination offshoring au Maroc avec une part de marché de plus de 10%», souligne-t-il.
Une performance rendue possible grâce, notamment, au projet Fès Shore. «Je me rappelle parfaitement de ce jour, en 2008, lorsque j’étais avec mes associés français dans le bureau du directeur du CRI et que ce dernier nous a présenté le projet de zone offshore à Fès. Nous avons immédiatement perçu tout le potentiel de la région de Fès-Meknès en matière d’offshoring. Le lendemain, nous décidions de créer G-FIT Maroc qui deviendra plus tard Alten Maroc», exprime Zarouk. D’autres grands groupes ont rejoint Alten dans le parc Fès Shore, parmi lesquels Acticall/Sitel Group, CGI et Atos. Signalons que Fès Shore leur propose des services world class.
Stratégiquement situé à proximité des grands axes autoroutiers, de l’aéroport international et du centre-ville de Fès, il s’étale sur 20 hectares et offre aujourd’hui plus de 25.000 m2 de plateaux de bureaux et de services incluant notamment parkings, restauration et gardiennage. L’ensemble est jalonné d’espaces verts, d’agréables esplanades piétonnes et de larges avenues arborées, le parc étant conçu sur le modèle d’un campus d’entreprises qui réunit lieux de travail, de vie et de détente.

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 ■ Ingénierie, conseil en technologie, systèmes embarqués… au menu
En mai 2017, les dirigeants d’Alten Delivery Center inauguraient la branche «systèmes embarqués automobile et aéronautique» du groupe à Fès Shore. L’entreprise, qui employait plus de 200 ingénieurs et techniciens IT et télécoms, avait décidé d’entamer la 2e phase de son plan de développement. «Notre objectif est d’initier un écosystème ESO (Engineering Services Outsourcing) à Fès en créant plus de 300 postes d’ingénieurs principalement dans les systèmes embarqués automobile et aéronautique», expliquait son management.
Et d’ajouter: «Notre groupe vise un centre de compétences de 500 ingénieurs à Fès à l’horizon 2020 avec la volonté d’atteindre 1.000 collaborateurs à terme au Maroc». Ils sont plus de 800 aujourd’hui dans cette plateforme d’ingénierie qui développe déjà des projets pour des grands comptes en France et en Allemagne, comme BMW, Volkswagen, ZF, Continental, Airbus et Safran. Présent à l’inauguration de la branche «systèmes embarqués automobile et aéronautique», Pascal Amore, membre du comité exécutif du groupe Alten France, avait souligné «qu’implanter un centre d’ingénierie à Fès est un choix stratégique du groupe, d’autant que cette ville dispose des compétences recherchées par notre groupe». Des propos réconfortants pour Moulay Hafid Elalamy qui avait insisté  sur «la qualité et les compétences professionnelles des ingénieurs marocains dans l’attractivité des investisseurs extérieurs». En tant que leader mondial en ingénierie et conseil en technologie, Alten compte bien sur la matière grise marocaine. Elle développe des projets de conception et d’études pour les grands comptes mondiaux des secteurs de l’information technologique, des télécoms, de l’aéronautique, du spatial et de l’automobile. «Je suis fier d’avoir été à la tête d’une bonne équipe qui peut désormais voler de ses propres ailes», résume Zarouk.

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■ Fès Smart Factory, un bel avenir pour la région
Accompagner au plus près les acteurs nationaux et internationaux existants, encourager le développement de champions nationaux et régionaux tout en œuvrant à améliorer l’image et le positionnement de la région auprès des investisseurs internationaux sont un premier axe. Tels sont les impératifs pour faire de l’offshoring un pôle de compétitivité au niveau régional. «Il faut également sécuriser les éventuelles pertes d’emplois liées à la mutation technologique imminente des écosystèmes CRM & BPO et anticiper les nouvelles tendances de l’offshoring», conseille Zarouk soulignant que «les projets d’innovation auront un bel avenir». Parmi eux figure le Fès Smart Factory, un projet basé sur les concepts de l’industrie 4.0. Conduit par le consortium composé de l’Université euro-méditerranéenne de Fès (UEMF), la branche Fès-Taza de la CGEM, la société Alten Delivery Center et le Conseil régional de Fès-Meknès, cette zone offre une opportunité de développement majeure pour la région. D’autant plus qu’il s’agit d’un grand marché qui est en train de se créer suite aux programmes de relocalisation d’unités industrielles dans les pays occidentaux: une nouvelle génération d’usines intelligentes pilotées à distance par des «télé-ouvriers» qualifiés. «Pour que ces pays puissent résoudre leur équation économique tout en garantissant leur souveraineté industrielle, ils ont besoin d’externaliser le maximum de positions dans des pays best cost comme le Maroc pour bénéficier d’un coût de main-d’œuvre compétitif», estime Zarouk. «Grâce à toutes les possibilités offertes par les technologies de l’industrie 4.0 (Réalité augmentée, IOT…), nous pouvons externaliser jusqu’à 70% des opérateurs de production. Créer un concept «d’usine virtuelle» au Maroc servira à piloter à distance une production dans d’autres pays», renchérit-il. Notons que pour récupérer une grande part de ce nouveau et grand marché mondial, il faut se montrer avant-gardistes et proactifs.
L’objectif étant de disposer rapidement d’un projet-pilote pour encourager les industriels internationaux qui investissent dans l’industrie 4.0 à utiliser la plateforme marocaine d’offshoring. «Il faut, sans tarder, identifier puis préparer les profils de cette nouvelle génération d’offshoring. La mise en place d’une plateforme d’apprentissage sera un grand atout», conclut l’ancien directeur d’Alten Delivery Center.

                                                               

Carte de visite

Leader mondial de l’ingénierie et du conseil en technologies (ICT), Alten réalise des projets de conception et d’études pour les grands comptes industriels, télécoms et tertiaires (les directions techniques et les directions des systèmes d’information). Créé en 1988, présent dans plus de 20 pays, ce groupe compte actuellement plus de 24.000 collaborateurs, dont 90% sont des ingénieurs de haut niveau. Il est implanté notamment en Europe, Amérique du Nord, Asie, Afrique et Moyen-Orient.

De notre correspondant permanent, Youness SAAD ALAMI

Auteur: hlafriqi
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