
Si le président de la République en personne a haussé le ton, c’est qu’il a compris qu’avec un débit internet faible, c’est son propre programme économique et social qui risque de ne pas se réaliser ou du moins perdre sa crédibilité.
Brahim Boumzar, ministre de la Poste et des Télécommunications, a présidé hier une rencontre avec les premiers responsables des trois opérateurs de téléphonie mobile (Mobilis, Djezzy et Ooredoo) afin «d’unifier les efforts, améliorer les services et augmenter le débit d’internet en faveur des citoyens, conformément aux instructions du président de la République, Abdelmajid Tebboune, au cours du dernier Conseil des ministres».
Le débat a été qualifié de «franc et fructueux et les opérateurs ont exprimé leurs problèmes et leurs démarches pour fournir un flux élevé et très élevé». Les opérateurs publics et privés et les investisseurs, a assuré le ministre, auront toutes les facilités, surtout ceux qui veillent à l’amélioration de la qualité des services et à la création des postes d’emploi.
A cette occasion, le ministre a annoncé la libération de nouvelles bandes de fréquences, considérées comme une ressource rare et précieuse, en coordination avec les différentes parties concernées, les mettant à la disposition des opérateurs afin d’améliorer les services en étroite coordination avec l’Autorité de régulation de la poste et des communications électroniques (ARPCE).
Lounis Soufiane, directeur du marketing à Algérie Télécom (AT) avait évoqué récemment, lors d’une intervention sur le développement du réseau de télécommunications à la Télévision algérienne, qu’«environ 300 000 abonnés sont reliés au réseau moderne de la fibre optique et à peu près 2 millions d’abonnés sont connectés au réseau ADSL».
Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, avait ordonné il y a quelques jours au ministre de la Poste et des Télécommunications de venir, immédiatement, à bout du problème de la faiblesse du débit internet et d’élaborer un rapport détaillé sur cette question. Il lui a même demandé de définir «les facteurs nuisibles» et soumettre le dossier au Conseil des ministres si le besoin se fait sentir.
Si le président de la République en personne a haussé le ton, c’est qu’il a compris qu’avec un débit internet faible, c’est son propre programme économique et social qui risque de ne pas se réaliser ou du moins perdre sa crédibilité. Le processus de numérisation et des statistiques risque également de ne pas aboutir.
Coupures récurrentes, difficultés d’accès et cherté des abonnements
Certes, l’Algérie a réalisé des progrès en matière d’infrastructures de télécommunication et en connectivité. Toutefois, l’accès à internet ne se mesure pas seulement au taux de couverture réseau, mais aussi à la qualité de celui-ci, qui permet de juger la connexion et les services y afférents.
Les utilisateurs algériens (particuliers et entreprises) n’ont pas cessé durant de longues années de se plaindre de la qualité de la connexion : coupures récurrentes, difficultés d’accès et cherté des abonnements. Comment peut-on parler de commerce électronique, de ville et d’administration intelligentes avec un débit lent et des perturbations sur le réseau ? Assurément, internet est devenu essentiel à la croissance économique.
Le pouvoir de transformation et de facilitation des TIC passe par des services en ligne visibles, utiles et accessibles à tous les citoyens. Ce qui devrait alors créer mécaniquement un changement de paradigme dans le secteur public.
L’un des grands freins du développement du numérique et du retard dans sa transformation sont l’administration et ses lourdeurs et surtout la bureaucratie. Ils sévissent à pratiquement tous les niveaux, avec ou sans numérisation.
Le numérique ne devrait plus être l’apanage d’aucune institution en particulier : il devrait appartenir à tous. Tous les ministères et toutes les institutions doivent s’en emparer, chacun à sa manière et selon la spécificité de son secteur, et en assurer son interopérabilité avec toutes les autres institutions.
Une connexion performante et fiable des réseaux fixes et mobiles n’est plus un choix, mais une obligation. Tel semble être le message du ministre de la Poste et des Télécommunications délivré aux opérateurs lors de cette réunion.
En d’autres termes, les télécoms sont devenus un incontournable de la transformation numérique. Les opérateurs télécom doivent être capables de gérer tous les services liés à l’économie numérique en ce sens que l’industrie télécom doit créer de la valeur pour elle-même, ses abonnés et pour les autres industries, en opérant leur transformation digitale.
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Auteur: Anis Khecheba
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