La conjoncture actuelle imposerait une «refondation constitutionnelle» pour dépasser l’impasse politique que vit le pays, ont soutenu hier à Tizi-Ouzou des spécialistes en Droit intervenant lors des débats de l’UMMTO, organisés à l’université Mouloud-Mammeri. Me Hocine Zehouane, ancien moudjahid et président de la Ligue algérienne des droits de l’Homme, a soutenu, à ce propos, que «le besoin et le sentiment du vivre ensemble» exprimés par des millions d’Algériens, depuis le 22 février dernier, «exigent un édifice constitutionnel qui exprime réellement les aspirations des membres de la société». Une entreprise qui devra se concrétiser, a-t-il poursuivi, par un «processus constituant qui sera représentatif de toutes les sensibilités de la société et qui aboutira à l’élaboration d’une Constitution pérenne qui devra permettre à la société de régler ses conflits et ses contradictions de façon durable et pacifique».  Considérant que l’Algérie a «besoin non pas d’une simple transition mais d’une rupture dans son mode de gestion», il a appelé à «tirer les leçons des expériences passées», plaidant pour une Constitution «expurgée de tout vice rédhibitoire qui pourra générer des blocages au sein de la société et lui infliger des crises à intervalles, dont elle pourra s’en passer». Faisant, par ailleurs, un parallèle entre la dynamique populaire actuelle et les manifestations du 11 Décembre 1960, Me Zehouane a considéré que «comme ces manifestations (du 11 décembre 1960) qui avaient changé le cours de l’Histoire de la guerre de Libération, cette dynamique peut en faire autant», estimant que la société algérienne «possède assez de réserves morales pour résister aux diverses pressions».  Pour sa part, l’universitaire Mohand Arezki Lakabi a évoqué une «révolution d’initiatives citoyennes qui exigent un changement rapide, profond, ordonné et pacifique auxquelles il faudrait apporter des réponses claires».
Des réponses, a-t-il opiné, qui ne peuvent intervenir qu’à travers «un processus constituant qui encourage l’esprit de négociation et non d’imposition». La voie constitutionnelle, qui ne devra pas «reproduire le même système, mais permettre l’expression des différents courants de la société», exige, selon l’universitaire, des «préalables à mettre en œuvre avant l’enclenchement du processus», citant l’ouverture des espaces d’expression et la réadaptation de la réglementation, entre autre, le code électoral.

Auteur: elmoudjahid
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