Les différents intervenants à la séance de clôture de ce conclave, organisé par l’Organisation Internationale pour les Migrations (OIM)- Maroc, en coordination notamment, avec le ministère de la Transition Énergétique et du Développement Durable et le ministère de la Santé et de la Protection Sociale, ont appelé à élaborer des programmes et des stratégies de réduction de la vulnérabilité contre les effets de la rareté de l’eau et l’insécurité alimentaire induits par le changement climatique et qui affectent de manière significative la santé humaine et la migration.

A travers une batterie de recommandations ayant sanctionné les travaux de ce Symposium, ils ont souligné l’importance de renforcer le développement de la résilience climatique qui constitue la clé pour rendre les systèmes de santé réactifs et résilients aux effets du changement climatique, et d’apporter des réponses adaptées et abordables lors de la fourniture de services de soins de santé adaptés au climat et d’autres aides connexes (accès à l’eau, à la nourriture…)

Les participants ont été unanimes à estimer que la migration peut être une stratégie d’adaptation efficace lorsqu’elle se déroule de manière sûre, ordonnée et régulière, plaidant pour la diversification des voies de migration régulière en prévision d’une augmentation de la mobilité humaine dans le contexte du changement climatique.

Les impacts du changement climatique sur la santé humaine, aussi bien physique que mentale, parmi les populations mobiles doivent être traités de manière holistique, en particulier les maladies émergentes et réémergentes, telles que le paludisme, le choléra et la santé reproductive.

Ils ont, par ailleurs, mis en exergue l’importance de renforcer la résilience des individus et des communautés vulnérables face aux catastrophes induites par le climat, faisant observer que les actions devraient inclure des évaluations de risques, des actions d’anticipation et le renforcement des capacités en matière de préparation et de réponse après las catastrophes.

« Il est impératif de mettre en place des systèmes d’alerte précoce basés sur des données météorologiques et épidémiologiques, ainsi que d’initier des actions d’anticipation pour détecter l’émergence de maladies liées au changement climatique, couvrant toutes les populations, y compris les migrants et les personnes déplacées », ont-ils estimé, se disant en faveur du développement de systèmes intégrés de surveillance et de réponse aux maladies et aux urgences de santé publique.

Conformément à l’esprit des responsabilités communes mais différenciées, la fourniture et l’intensification du financement climatique par les pays industriels sont essentielles pour que les pays de la région MENA abordent le lien changement climatique, santé et migration, ainsi que d’autres priorités en termes d’adaptation et d’atténuation, ont-ils relevé, faisant savoir que le renforcement des capacités par les pays industriels en faveur des pays en développement doit être intensifié afin de soutenir la transition, notamment en transformant les systèmes de santé résilients au changement climatique.

Les intervenants ont enfin appelé à impliquer les migrants, les personnes déplacées et les communautés affectées dans le processus de délibération et de formulation des politiques et stratégies liées au changement climatique, la migration et la santé.

« Il est impératif de fédérer les efforts de l’ensemble de la communauté internationale pour mettre en place des stratégies et des politiques pour faire face au phénomène du changement climatique. Aucun pays ne peut affronter seul les effets du changement climatique », a déclaré à M24, la chaîne télévisée de l’information en continu de la MAP, M. Mohamed Ali Abunajela, Porte-parole de l’OIM pour la région MENA.

M. Abunajela a relevé que l’OIM œuvre avec les gouvernements nationaux à mettre en place des stratégies et des politiques pour faire face à ce phénomène croissant et dangereux sur la vie ds millions de personnes, faisant savoir que l’ONU prévoit 250 millions de réfugiés climatiques dans le monde en 2050, une multiplication par dix de la totalité des populations actuelles de réfugiés et de déplacés internes.

Pour sa part, M. Jalal El Moata, chargé de projet au Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), a indiqué que ce Symposium a mis en exergue l’importance de lancer une étude d’évaluation de la vulnérabilité aux changements climatiques, et d’élaborer des plans d’adaptation et d’atténuation au niveau national et de la région MENA.

Il a, dans ce sens, appelé les pays développés à assumer leur responsabilité et à intensifier davantage leurs efforts pour accompagner les pays en de développement dans leur adaptation aux conséquences du changement climatique.

Ce conclave de deux jours s’inscrit dans le cadre du projet régional « Favoriser la santé et la protection des migrants en situation de vulnérabilité au Maroc, Tunisie, Libye, Egypte, Soudan et Yémen », financé par le ministère des Affaires Étrangères de la Finlande.

Les recommandations issues de ce Symposium, qui s’inscrit aussi dans la lignée de l’objectif 13 de l’Agenda 2030 pour le Développement Durable et l’objectif 2 du Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières, permettront de nourrir les contributions de la Conférence des Parties (COP 27) prévue en novembre prochain en Egypte, ainsi que l’Initiative Présidentielle Égyptienne sur les femmes et la santé, lancée en juillet 2020.

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Auteur: Mohammed KOURSI
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