La solution proposée hier par le chef d’état-major de l’ANP était déjà réclamée par plusieurs voix, et si elle venait à aboutir, elle aurait le mérite d’éviter au pays de sombrer dans une dérive dangereuse.
M. Gaïd Salah explique l’intérêt de suivre cette voie en disant qu’elle est susceptible d’aboutir à un consensus de l’ensemble des visions, faire l’unanimité au sein de toutes les parties et mettre fin aux divisions.
L’application de l’article 102 de la Constitution trace les jalons d’un plan de sortie de crise sans jamais risquer une quelconque violation de l’ordre institutionnel, tant les étapes à appliquer sont clairement définies et ne souffrent aucune ambiguïté.
Il y avait aussi l’impératif de répondre rapidement aux revendications qualifiées de «légitimes» du peuple. Les manifestants ont rejeté le calendrier consistant à tenir une conférence nationale, à amender la Constitution avant d’organiser l’élection présidentielle.
La mise en œuvre de l’article vide cet agenda de son contenu, et contracte, en même temps, la période de transition en quelques mois, alors qu’initialement nul n’avait avancé d’échéance précise pour achever tout le processus prévu. Le général de corps d’armée insiste aussi, dans son message, sur un volet essentiel lié au «maintien de la souveraineté de l’État», car il décelait des signes selon lesquels rien ne garantissait une existence durable de cette donne majeure dans la vie d’une nation.
En évoquant ce vocable de souveraineté cher aux constitutionnalistes, M. Gaïd Salah exprime clairement sa vision selon laquelle l’issue réside dans l’application de la Constitution, ce qui empêche le pays de sombrer dans un ordre loin de toute base légale. Si l’accent a été mis sur «le haut degré de conscience dont a fait preuve le peuple» durant les marches populaires pacifiques, c’est que la conviction est grande que ce même peuple n’acceptera pas une violation de la Constitution.
En outre, répondre favorablement aux aspirations du changement politique ne veut pas dire nécessairement qu’il faut mettre au placard tout ce qui a été réalisé. Le fait que des textes soient aussi explicites en ce qui concerne la manière de gérer des périodes de transition est au contraire une opportunité pour épargner des exégèses inutiles et qui ne garantissent pas une préservation de la stabilité et de la continuité de l’État. D’ailleurs, il est bien noté que «les marches pourraient être exploitées par des parties hostiles et malintentionnées, aussi bien de l’intérieur et que de l’extérieur, qui usent de manœuvres douteuses visant d’attenter à la stabilité du pays».
Ce sont-là des craintes qui motivent la décision de recourir à une issue dans le cadre légal, capable de prévenir le pays de toute situation incertaine.
Un appel est également lancé à tout un chacun d’œuvrer avec «patriotisme et abnégation», et de privilégier les intérêts suprêmes du pays, afin de sortir de la crise, qui «constitue l’unique garantie pour la préservation d’une situation politique stable». Cet engagement intervient en prolongement de l’attachement de l’ANP à défendre la souveraineté nationale et à protéger le peuple contre tout éventuel risque ou danger. Cela induit que l’armée «ne permettra jamais, à qui que ce soit, de détruire ce que le peuple algérien a pu construire». L’architecture institutionnelle faisant évidemment partie de cet édifice.
A. M.
Auteur: elmoudjahid
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