Nous entendons constamment parler des cotes d’écoute en tout temps. Quelles sont exactement ces cotes et leurs agences ?

En général, une notation de crédit est utilisée par les fonds souverains, les fonds de pension et d’autres investisseurs pour évaluer la solvabilité du Cameroun, ce qui a un impact important sur les coûts d’emprunt du pays. Cette page inclut la cote de crédit de la dette publique pour le Cameroun telle que rapportée par les principales agences de notation de crédit.

La notation de Fitch évalue juste le Cameroun comme B avec une perspective négative. Que pensez-vous de cette publication récente ?

Je dirais que nous devrions le prendre avec une pincée d’assaisonnement parce que des efforts énormes sont faits à divers niveaux, non seulement pour que notre économie continue d’avancer dans la bonne direction, mais aussi comme un pivot dans la sous-région d’Afrique centrale. Le Cameroun seul serait exceptionnel malgré nos défis internes.

Voici les principaux facteurs. Le premier est le ralentissement des progrès en matière d’assainissement budgétaire. Fitch Ratings s’attend à ce que le déficit budgétaire sur la base de l’engagement se réduise à 2,2 % du PIB, contre 2,5 % en 2018, ce qui ne passe pas de l’objectif de 2 % en raison de la hausse des subventions aux carburants, de la baisse de la perception des impôts et du report des mesures fiscales.

Pour ce qui est de la croissance résiliente, nous prévoyons que la croissance du PIB réel ne diminuera que légèrement, passant de 4,1 % en 2018 à 3,9 % en 2019, en raison d’un rebond de la production de pétrole et de gaz, de la construction et des nouvelles cultures, malgré les perturbations continues de l’activité économique dans les régions anglophones. Fitch prévoit une hausse du PIB de 4,1 % en 2020 et de 4,3 % en 2021, tirée par la construction et l’arrivée de projets d’infrastructure.

En ce qui concerne les options de financement restreintes, Fitch suppose que le gouvernement restera dans le cadre d’un programme du FMI après juin 2020, date à laquelle le programme actuel expirera normalement. L’État a acquis une forte crédibilité sur les marchés financiers internationaux, où l’augmentation de la capacité de financement des projets d’infrastructure est énorme.

Vient ensuite le facteur lié à la stabilisation de la dette publique, échéances après 2022. A ce niveau, Fitch prévoit une légère hausse de la dette publique générale (GGGD) à environ 41 % du PIB sur la 2019-2021, contre 39 % en 2018. Malgré la concentration des échéances après 2022, le service de la dette qui devait être dû à la Chine sur les 2019-2021 a étés reportés à 2022-2035, et l’amortissement de l’euro-obligation (750 millions us) est dû sur 2023-2025. On prévoit que le gouvernement commencera à obtenir d’énormes rendements sur les investissements dans les différents projets lourds en cours dans les domaines de l’hydroélectricité, ce qui permettra d’achever la préparation d’Afcon, dont la plupart donneront au gouvernement une bouffée d’air frais en termes budgétaires.

Enfin, pour les déficits courants (CAD), Fitch prévoit que la CAO restera autour de 3,5 % du PIB d’ici 2021. Cela est dû à l’impact de la crise anglophone sur les exportations agricoles, à l’augmentation des importations de carburant et aux importations liées aux projets d’infrastructure. La poursuite de l’ajustement budgétaire soutenu par le FMI au niveau de la Communauté économique et monétaire centrafricaine (CEMAC) et l’application du nouveau règlement sur les changes par la banque centrale régionale devraient soutenir l’accumulation des réserves à moyen terme, bien qu’à un niveau bas.

Quelles sont les forces sur lesquelles le pays peut s’appuyer pour passer rapidement d’un négatif B à une économie B plus stable ?

L’on préconise une croissance résiliente due à une économie plus diversifiée que les autres exportateurs de pétrole de la région, avec des ressources métallurgiques et agricoles. L’augmentation de la production de gaz et de l’agriculture de troisième génération est un atout majeur dans le renforcement d’autres sources budgétaires. Il faut également une faible inflation et une monnaie stable, reflétant en grande partie l’adhésion du Cameroun à la CEMAC. Et enfin, la baisse de la GGGD par les pairs.

Ce qui devrait être fait pour éviter la situation actuelle…

Je pense que nous sommes sur de bonnes bases parce que beaucoup d’efforts sont faits dans la bonne direction pour relever certains des grands défis auxquels nous sommes confrontés.

Il est important de noter les faits suivants : La situation économique à laquelle nous sommes actuellement confrontés n’est pas propre au Cameroun ni à cause d’une mauvaise gestion. Il y a eu une baisse continue des prix des produits de base qui affecte tous les pays dépendants du pétrole. Notre économie diversifiée est ce qui explique notre capacité à résister aux chocs économiques extérieurs (Moody 2019 rating)

Deuxièmement, nous sommes sur la voie de la croissance avec la vision de devenir un pays émergent venir 2035, cela implique la transformation de notre secteur de l’énergie en préparation à l’industrialisation, la construction de routes et d’autres infrastructures, la transformation du service l’industrie, la réingénierie de l’économie, tous ces projets absorbent d’énormes ressources raison pour laquelle la courbe de croissance peut sembler en baisse (courbe J). Lorsque l’investissement va basculer au fond comme nous le faisons face aujourd’hui, la croissance avec le printemps dans les années à venir raison pourquoi je suis confiant.

*Expert en ingénierie financière

Auteur: Francky
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