Le dossier de candidature de M. Abdelaziz Bouteflika à l’élection présidentielle du 18 avril prochain a été déposé, hier soir, au niveau du Conseil constitutionnel. Le dossier de candidature de M. Bouteflika a été déposé par son directeur de campagne électorale, Abdelghani Zaâlane. M. Zaâlane a indiqué que le président Bouteflika avait collecté «19.700   signatures d’élus à travers les 48 wilayas, et 5.860.000 signatures   d’électeurs inscrits dans les listes électorales».  Le président sortant est le huitième postulant à avoir déposé son dossier de candidature au Conseil constitutionnel, avant la clôture de la période de dépôt de dossier de candidature fixée à hier à minuit, et ce conformément à l’article 140 de la loi organique portant régime électoral et au décret présidentiel portant convocation du corps électoral.

Hier, peu après 16h00, les formulaires de signature du candidat Abdelaziz Bouteflika sont arrivés au siège du Conseil constitutionnel.
Dans une lettre au peuple lue par son directeur de campagne, M. Abdelghani Zaâlane, le Chef de l’Etat a déclaré avoir entendu les appels des milliers de jeunes qui l’ont interpellé. «J’ai écouté et entendu les cris de cœur des manifestants et en particulier des milliers de jeunes qui m’ont interpellé sur l’avenir de notre patrie. Ces jeunes ont exprimé une inquiétude compréhensible face aux incertitudes qui les animent. J’ai le devoir et la volonté d’apaiser les cœurs et les esprits de mes compatriotes », a-t-il affirmé, annonçant un changement de système et une élection présidentielle anticipée.
«Je m’engage à ne pas être candidat à cette élection qui assurera ma succession dans des conditions incontestables de sérénité, de liberté et de transparence. La date de cette élection présidentielle anticipée sera fixée par la conférence nationale », écrit-il.
Une conférence qui sera «inclusive et indépendante pour débattre, élaborer et adopter des réformes politiques, institutionnelles, économiques et sociales, devant constituer le socle du nouveau système rénovateur de l’Etat national algérien en harmonie avec les aspirations de notre peuple ». Le Chef de l’Etat a également annoncé « l’élaboration et l’adoption par référendum populaire d’une nouvelle Constitution qui consacrera la naissance de la nouvelle République et du nouveau système algériens ».
Il a évoqué, en outre, « la mise en œuvre rapide de politiques publiques garantissant une redistribution des richesses nationales plus juste et plus équitable et l’élimination de la marginalisation et de l’exclusion sociales, y compris le phénomène de la Harga, ainsi qu’une mobilisation nationale effective contre toutes les formes de corruption ». Enfin, le candidat Bouteflika s’est engagé solennellement à prendre des mesures concrètes « pour faire de tous nos jeunes des acteurs et des bénéficiaires prioritaires dans la vie publique à tous les niveaux et dans toutes les sphères du développement économique et social » et de réviser «la loi électorale avec notamment la création d’un mécanisme indépendant d’organisation des élections qui aura la responsabilité exclusive de l’organisation des élections ».
Peu avant, c’était le président du Mouvement El Infitah, Omar Bouacha, qui, après avoir été reçu par le président du Conseil constitutionnel, M. Tayeb Belaiz, a déclaré qu’il a pris la décision de se porter candidat à la magistrature suprême pour éviter que le pays connaisse une phase d’instabilité.
«Nous connaissons actuellement une situation un peu particulière et nous devons agir de concert pour ne pas revivre les souffrances d’hier », a-t-il déclaré, non sans indiquer que le flambeau doit être transmis aux générations montantes pour le bien de l’Algérie. Il a appelé à consolider la stabilité, et ce, dans tous les domaines. « Dans les années 1990, il y avait des parties extérieures qui ont comploté contre notre pays, ce que nous ne voulons plus», a-t-il soutenu, avant de promettre qu’il fera tout pour que «nos jeunes ne quittent plus leur patrie pour chercher une vie meilleure ailleurs ».
M. Bouacha a exprimé sa volonté d’agir au service de l’Algérie. Il a assuré avoir un programme complet en matière d’économie, d’agriculture et d’éducation pour pouvoir sortir de la dépendance aux hydrocarbures.

Une ambiance particulière

C’est une ambiance particulière qu’a vécue le siège du Conseil constitutionnel, la journée d’hier, qui a vu plusieurs candidats se succéder pour déposer leur dossier afin de participer à la prochaine présidentielle.
Dès les premières heures de la matinée, cette institution située à Ben Aknoun, a été investie par de nombreux représentants de médias, journalistes, reporters photographes et cameramen, qui se sont pressés à l’entrée de l’édifice pour prendre les clichés des candidats et rapporter leurs premières déclarations à l’opinion publique .
En effet, en plus de MM. Bouteflika et Bouacha, d’autres candidats à la candidature ont procédé au dépôt de dossier. Il s’agit de M. Ali Ghediri qui a affirmé avoir collecté le double du nombre des formulaires de signatures individuelles qu’exige le code électoral. « Ce n’était pas une sinécure mais j’ai réussi à parachever toutes les procédures comme le stipule la loi en vigueur », a-t-il déclaré.
Il a, a ce propos, indiqué avoir couvert 35 wilayas où plus de 3.000 formulaires ont été signés dans plus de la moitié d’entre elles, alors que le code électoral exige un minimum de 1.500 signatures dans 25 wilayas. «C’est une occasion pour moi de remercier les Algériens pour la confiance qu’il m’ont accordée, surtout que je suis un candidat libre », a-t-il dit.

Deux indépendants en course

A l’heure où nous mettons sous presse, 8 postulants à la candidature pour l’élection présidentielle ont déposé leurs dossiers auprès du Conseil constitutionnel. Ces postulants à la candidature sont le président sortant Abdelaziz Bouteflika, le président du Front Al-Moustakbel, Abdelaziz Belaïd, le président du mouvement El-Bina, Abdelkader Bengrina, le président du Mouvement El Infitah, Omar Bouacha, le président du Parti de la victoire nationale (PVN), Adoul Mahfoudh, le président du parti du Rassemblement algérien (RA), Ali Zeghdoud, Abdelhakim Hamadi et le général à la retraite, Ali Ghediri (indépendants).
Les partis Talaie El Hourriyet, le Mouvement de la société pour la paix (MSP) et le Parti des travailleurs (PT) ont annoncé, pour leur part, qu’ils ne participeront pas à l’élection présidentielle.

Sarah A. Benali Cherif  et Sami Kaidi

Auteur: elmoudjahid
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