Après deux semaines d’une campagne dense et passionnée, les Camerounais se sont rendus massivement aux urnes le 12 octobre pour élire leur président.

Selon les premières compilations locales, le scrutin s’est globalement déroulé dans le calme, avec un taux de participation jugé soutenu par les observateurs nationaux et internationaux. Les chiffres issues des commissions locales de dépouillement placent Issa Tchiroma Bakary (FSNC) en tête dans plusieurs départements du pays, tandis que le président sortant Paul Biya (RDPC) maintient une avance confortable dans ses bastions traditionnels dans plusieurs départements des régions du Centre et du Sud. Ce qui se dessine, selon certains observateurs, c’est un basculement historique dans le paysage politique camerounais, sans qu’aucun résultat officiel ne soit encore proclamé.Le candidat Paul Biya, sortant du bureau de vote de Bastos à Yaoundé, a d’ailleurs tenu à rappeler sa prudence coutumière : « Je ne peux pas faire de projets sans être sûr d’être élu », a-t-il déclaré, invitant à la patience et au respect des institutions.

sérénité et vigilance

Globalement pacifique, le scrutin a toutefois été émaillé de quelques irrégularités isolées : bourrages d’urnes, falsification présumée de procès-verbaux, et quelques cas d’expulsion de scrutateurs dans certaines localités, selon des témoins. Des incidents qui, s’ils ne remettent pas fondamentalement en cause le déroulement du vote, invitent néanmoins à la vigilance.Les regards sont désormais tournés vers le Conseil constitutionnel, attendu au pied du mur. L’instance suprême devra proclamer les résultats le 26 octobre 2025, à l’issue de la compilation nationale des procès-verbaux. Entre-temps, les états-majors politiques, dans une ambiance d’attente mêlée d’espoir et de tension contenue, multiplient les consultations internes.

Appel à la paix et à la dignité nationale

Sur les réseaux sociaux, le message d’Ateki Seta Caxton, ancien candidat investi par le

Parti de l’Alliance Libéral et figure de la société civile, a trouvé un écho particulier. Publiée sous le titre « Pour l’Amour du Cameroun », sa déclaration met en avant un appel vibrant à la responsabilité collective, à la retenue et au respect de la volonté populaire.L’homme politique y retrace son parcours, rappelant qu’il avait volontairement retiré sa candidature pour soutenir Bello Bouba Maïgari (UNDP), dans une démarche de consensus et d’unité de l’opposition.

Mais au-delà des calculs politiques, son message s’impose comme un plaidoyer pour la paix. « En démocratie, la voix du peuple est sacrée. Ce qui compte le plus, c’est de l’accepter, même lorsqu’elle ne s’accorde pas avec nos ambitions personnelles », écrit-il. « Le Cameroun a déjà trop souffert. Ce n’est pas le moment d’ajouter de nouvelles blessures. Nous devons laisser le processus suivre son cours, dans la paix et la dignité. » En saluant la performance d’Issa Tchiroma Bakary, qu’il décrit comme bénéficiant d’un « soutien significatif » à travers le pays, Ateki Seta Caxton invite ses pairs et les militants de tous bords à préserver la cohésion nationale et à refuser toute dérive.

À mesure que se poursuivent les opérations de compilation départementale, le Cameroun tout entier retient son souffle. Les citoyens, épuisés par des années de difficultés économiques et d’instabilité sociale, aspirent à un changement porteur d’espoir, mais surtout à la paix.Les observateurs, eux, saluent la maturité du peuple camerounais, qui a su exprimer ses choix dans le calme et la dignité. Le véritable enjeu, désormais, est de préserver cette sérénité jusqu’à la proclamation des résultats officiels.Dans un contexte régional où les transitions politiques se font souvent dans la tension, le Cameroun a l’occasion d’écrire une page nouvelle de son histoire démocratique, fondée sur le respect du suffrage universel, la transparence et la paix.

Respecter la voix du peuple

À l’heure où les rumeurs et les chiffres non officiels circulent, la sagesse commande de laisser les institutions compétentes faire leur travail. Car au-delà des victoires et des revers électoraux, c’est la cohésion du Cameroun qui demeure le plus précieux des acquis.Comme le résume Ateki Seta Caxton dans sa conclusion : « Quelle que soit la position que chacun occupe, ce qui nous unit avant tout, c’est notre citoyenneté commune et les devoirs qu’elle implique. Agissons avec responsabilité, dans la paix et la fidélité aux valeurs qui fondent notre Nation. » Plus que des chiffres ou des couleurs politiques, le véritable message de cette présidentielle réside dans la maturité du peuple camerounais, sa soif de changement pacifique et son attachement à la dignité nationale.Le Cameroun est à la croisée des chemins et le choix de la paix reste, plus que jamais, le seul qui vaille.

Léon Mgba

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Auteur: Diapason Media Group Diapason Media Group
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