Le travail effectué par l’Autorité nationale indépendante des élections pendant près d’une semaine a été conforté par la décision du Conseil constitutionnel validant les cinq candidatures finales. Elle a aussi pris le soin de vérifier les parrainages qui ont été annexés aux dossiers de candidature.

«En validant le liste des cinq candidats à la magistrature suprême, la décision du Conseil constitutionnel, conformément à la loi organique portant régime électorale, est venue conforter le travail accompli par l’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE)», a déclaré, hier, Karim Khelfane, membre de l’Autorité lors de son passage sur les ondes de la Chaîne III de la radio nationale. «Tout le travail a été effectué conformément à la loi», a indiqué M. Khelfane qui était l’invité de la rédaction en précisant que «pendant près d’une semaine nous avons vérifié et étudié les 23 dossiers déposés par les candidats à la candidature.»
Il a, dans le sillage, indiqué que l’ANIE a pris le soin de vérifier les parrainages qui ont été annexés aux candidatures. «Nous avons compté et recompté à maintes reprises, pour l’ensemble des candidats, nous avons fait un comptage manuel avec nos propres mains ensuite, nous avons fait le comptage numérique», a souligné le membre de l’ANIE, avant d’ajouter que la décision a été prise conformément à la loi portant régime électoral, notamment pour ce qui est de l’obligation pour les candidats de réunir pas moins de 50.000 parrainages. Il précisera, dans ce contexte, que «l’Autorité n’a lésé aucun candidat», ajoutant que les commissions de vérification des candidatures «ont accompli leur tâche avec dévouement».
S’exprimant au sujet des candidats n’ayant pas été retenus dans la course électorale, M. Khelfane a révélé que parmi ces derniers «certains, ayant affirmé avoir collecté plus de 50.000 signatures, n’ont finalement déposé que des boîtes vides et des formulaires de parrainage vierges».
Pour l’intervenant, l’une des missions principales de l’Autorité nationale indépendante des élections est de veiller à ce que le scrutin soit transparent, démocratique et propre. «L’ANIE travaille depuis son installation, le 15 septembre dernier, pour asseoir les mécanismes pour atteindre cet objectif, et ce, en mettant à la disposition de ses membres au niveau local et international les moyens nécessaires à même de leur permettre de réaliser cet objectif», a-t-il expliqué.
Poursuivant ses propos, le membre de l’ANIE a relevé l’importance de réinstaurer la confiance entre le pouvoir et le peuple. «Ce qui nécessite, selon lui, un travail de longue haleine et ça peut commencer par des élections libres et transparentes».

« Il y a une majorité silencieuse  qui pourra dire son mot le jour J. »

Il a, dans le sillage, plaidé pour une moralisation de la vie politique, à travers la mise en place « de balises et de garde-fous, pour que la politique soit faite en Algérie dans des conditions saines et sereines», considérant également que tout candidat aspirant au poste de président de la République se doit d’être «irréprochable».
S’agissant de la mobilisation des citoyens, il a rappelé, dans ce contexte, le rôle des délégués des wilayas qui sont le prolongement de l’Autorité au niveau local et nous sommes en train de travailler avec les délégués des communes, précisant que ce travail est à terme et les délégués de communes seront installés au plus tard au début de la semaine prochaine. «Nous aurons, ainsi, 9.017 représentants pour les communes et nous aurions à faire appel à 600.000 agents administratifs qui vont encadrer le scrutin à l’échelle nationale», a fait savoir l’invité de la radio.
M. Khelfane qui est également professeur en droit et en sciences politiques a fait savoir qu’il est à la charge des candidats de trouver les meilleurs moyens pour mobiliser au mieux, des citoyens pour fédérer le maximum d’Algériens autour d’un projet commun, et qui est celui d’aller vers les urnes.
Pour lui, «le vide que nous vivons depuis le 22 février dernier, et même bien avant, tarde et met à mal les institutions de l’Etat. Continuer sur cette optique pourrait être dangereux pour l’avenir de la nation. Nous ne sommes pas seuls au monde, nous avons des partenaires avec lesquels nous échangeons sur le plan commercial, sur le plan politique et sur le plan militaire», a-t-il noté, ajoutant que «nous avons également des engagements internationaux, il faudrait que l’Etat algérien ait un interlocuteur élu pour justement parler au nom du peuple, aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays».
Le membre de l’ANIE a mis en relief l’existence de menaces multiples qui risquent de porter atteinte à l’intégrité du territoire algérien et la cohésion de la société algérienne. «C’est pourquoi il faudrait agir au mieux et le plus vite pour sortir de ce vide juridique et ça ne peut se faire que par le biais des élections», a-t-il estimé.
Pour lui, quand on parle et on insiste sur l’application des articles 7 et 8 de la Constitution, «Bien évidemment que ces articles stipulent que la souveraineté appartient au peuple», a-t-il expliqué, «oui mais comment l’exercer», s’est-il interrogé ?
«C’est par le biais d’une élection libre et démocratique et parfois aussi à travers un référendum quant il s’agit d’une question primordiale pour le devenir du pays, qu’il est question dans ces deux articles», a également souligné M. Khelfane, affirmant qu’«il y a une majorité silencieuse en Algérie qui pourra dire son mot le jour J».
Kamélia Hadjib

Auteur: elmoudjahid
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