Le ministre des Affaires étrangères, Abdelkader Messahel, et le secrétaire général de la Ligue des Etats arabes, Ahmed Abou El-Ghit, ont signé hier au Caire un accord portant sur l’envoi d’une mission d’observation pour l’élection présidentielle du 18 avril prochain, apprend-on auprès du ministère des Affaires étrangères. « (…) la Ligue des Etats arabes a accédé à la demande algérienne de participer à l’observation internationale de l’élection présidentielle, en marquant l’intérêt qu’elle porte pour la réussite de ce rendez-vous important», selon la même source.
Au terme de cet accord et comme pour les échéances électorales précédentes, l’organisation panarabe participera à l’observation internationale de l’élection présidentielle d’avril prochain. La mission d’observation de la ligue arabe se joindra à celle de l’Union africaine, de l’Union européenne, de l’organisation de la coopération islamique et des Nations unies, a-t-on souligné. Le secrétaire général de la ligue des Etats arabes a loué, à l’occasion, «l’attachement de l’Algérie à réunir toutes les conditions de transparence et de régularité pour ce scrutin, y compris en invitant des organisations régionales et internationales à l’observation de cette élection».
Garantie du droit d’expression et d’opinion
Lors d’une rencontre entre les deux responsables, la situation en Algérie a été évoquée, offrant l’occasion au chef de la diplomatie d’insister particulièrement sur «les garanties constitutionnelles du droit d’expression et d’opinion, y compris à travers des manifestations pacifiques, comme le veut la pratique démocratique dans tout Etat de droit». M. Messahel a également mis en exergue le contexte national marqué par «une stabilité acquise au prix de lourds sacrifices et à laquelle tient le peuple algérien».
«Cette stabilité, a-t-il dit, est à même de permettre la tenue des élections conformément à la Constitution algérienne dans les conditions requises de transparence, de sérénité et de quiétude». «C’est dans cet esprit qu’intervient le message adressé à la nation par le candidat Abdelaziz Bouteflika, qui s’est engagé, si le peuple lui renouvelle sa confiance, à mettre en œuvre une série de réformes importantes qui projetteraient, dans la sérénité, l’Algérie dans une ère nouvelle», a-t-il ajouté. Pour sa part, le secrétaire général de la Ligue arabe a indiqué que «la stabilité de l’Algérie est importante non seulement pour le peuple algérien mais aussi pour l’ensemble de la région, en particulier dans un monde arabe qui peine à trouver des solutions aux crises qui le secouent, et continue d’avoir besoin d’une Algérie stable et active au sein de l’ensemble arabe comme elle l’a toujours été». «C’est dans cet esprit, a-t-il ajouté que la ligue des Etats arabes a accédé à la demande algérienne de participer à l’observation internationale de l’élection présidentielle, en marquant l’intérêt qu’elle porte pour la réussite de ce rendez-vous important». Il a loué, dans ce cadre, l’attachement de l’Algérie à réunir toutes les conditions de transparence et de régularité pour ce scrutin, y compris en invitant des organisations régionales et internationales à l’observation de cette élection.
Règlement de la crise libyenne : les pays voisins réitèrent leur soutien aux efforts de l’ONU
Les trois pays voisins de la Libye ont réitéré leur soutien aux efforts déployés par l’ONU et le représentant personnel du secrétaire général, Ghassan Salamé, pour le règlement de la crise libyenne, rejetant les «interférence étrangères» dans le processus de stabilisation, à l’issue de la réunion ministérielle tripartite tenue au Caire. Cette rencontre tripartie, qui s’inscrit dans le cadre des concertations continues entre les trois pays voisins de la Libye, a réuni mardi dernier, les ministres des Affaires étrangères de l’Algérie, de la Tunisie et de l’Egypte, respectivement Abdelkader Messahel, Sameh Choukri et Khemaies Jhinaoui. Les chefs de la diplomatie des trois pays ont réaffirmé, à l’occasion, leur soutien aux efforts des Nations unies et du représentant personnel du secrétaire général, pour le règlement de la crise libyenne, à travers une démarche «consensuelle» et dans le cadre de «l’appropriation du processus de règlement par les libyens eux-mêmes». Ils ont salué ainsi les efforts déployés par M. Salamé pour la résolution de la crise libyenne, notamment par le biais du plan visant à trouver une solution globale fondée sur un consensus entre toutes les parties, a indiqué un communiqué publié à la fin des travaux de cette réunion tripartite. Les ministres ont souligné, à ce titre, leur rejet de toute «intervention étrangère en Libye qui entraînerait des complications dans la crise et perturberait le processus politique», a ajouté le même document. Réaffirmant leur soutien au rétablissement d’une «Libye souveraine et unie», les chefs de diplomatie ont renouvelé leur appui à une solution politique basée sur le dialogue et la réconciliation nationale, seule à même de mettre fin à la crise et permettre à ce pays de retrouver sa stabilité et sa sécurité. Exprimant leurs préoccupations quant à la situation sécuritaire «précaire» dans le pays voisin, les trois ministres ont renouvelé, à cette occasion, leur soutien à Tripoli à la lutte contre le terrorisme et son financement, ainsi que les autres fléaux connexes, notamment le crime organisé et le trafic humain.
Appel à accompagner les Libyens pour une solution consensuelle
Intervenant lors des travaux, M. Abdelkader Messahel a rappelé que «l’approche algérienne est fondée sur le triptyque de la non-ingérence, l’équidistance et l’appropriation par les Libyens du processus de règlement de la crise dans leur pays». Il a ajouté, dans ce sillage, que l’Algérie avait toujours plaidé pour un «dialogue inclusif et la réconciliation nationale pour la mise en œuvre du plan d’action onusien». M. Messahel a affirmé, dans ce contexte, que «le devoir qui incombe à la communauté internationale et aux partenaires régionaux et internationaux de la Libye est celui d’accompagner les Libyens, sans ingérence dans leurs affaires intérieures, sur la voie du dialogue et de la réconciliation nationale». «Je pars du principe et de la conviction que l’avenir de la Libye intéresse les Libyens. C’est aux Libyens de trouver une solution et de s’inquiéter de la situation de leur pays. Notre devoir c’est de partager avec eux notre expérience», a-t-il encore fait observer. De son côté, le ministre égyptien des Affaires étrangères, Sameh Choukry, a réaffirmé la position constante de son pays basé sur le soutien au processus politique en Libye, le considérant comme une voie «fondamentale» pour restaurer les institutions du pays et pour répondre aux aspirations du peuple libyen. Le ministre tunisien des Affaires étrangères, Khemaies Jhinaoui, a mis en exergue, quant à lui, l’importance de la réconciliation entre les Libyens, jugeant qu’«il est indispensable de parvenir à une solution inter-libyenne et consensuelle parrainée par les Nations unies». «Tout règlement politique de la crise doit être inter-libyen, parrainé par l’organisation onusienne», a-t-il souligné, réaffirmant le rejet «catégorique» de Tunis contre toute ingérence étrangère en Libye. La rencontre ministérielle des pays voisins de la Libye intervient dans une conjoncture particulière marquée par d’intenses préparatifs en vue de l’organisation des élections législatives et présidentielles qui devraient avoir lieu cette année, tandis que la communauté internationale œuvre à l’unification des rangs de l’armée nationale libyenne et à la dissolution des milices ainsi que les autres groupes armés. Ghassan Salamé a appelé, récemment, les différentes parties libyennes au dialogue pour que la Libye sorte de «l’impasse politique actuelle» et au respect des accords signés par les acteurs libyens afin de restaurer la stabilité et la sécurité dans le pays. Le Représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU a exprimé dans ce contexte la volonté de l’ONU de continuer à travailler avec tous les Libyens pour unifier les institutions et dynamiser le dialogue politique.
Réformer la Ligue arabe
Le ministre des Affaires étrangères a réitéré l’appel de l’Algérie à une réforme «globale» de la Ligue arabe, précisant que cet appel découlait des situations prévalant dans certains pays arabes «confrontés à des défis et des risques majeurs».
Prononçant une allocution à la 151e session ordinaire du Conseil de la Ligue arabe au niveau ministériel, M. Messahel a indiqué que «l’appel de l’Algérie à la réforme de l’organisation arabe découle des situations prévalant dans certains pays arabes, malheureusement confrontés à des défis et des risques majeurs nourris par l’instabilité et les crises sévissant dans plusieurs régions», impliquant ainsi «l’unification et la conjugaison des efforts en vue de resserrer les rangs arabes et d’examiner, avec objectivité et responsabilité, les crises marquant la scène arabe, et ce à travers l’instauration du dialogue en tant que base de la communication arabe, afin de mettre un terme aux ingérences étrangères dans les affaires internes des pays arabes».
«La réforme souhaitée doit être concrétisée en vue d’être en adéquation avec les développements survenus dans le monde, une réforme qui ne saurait se réaliser sans une évaluation objective de la performance des organes de la Ligue ainsi que de l’action des organisations spécialisées relevant de la Ligue, pour resserrer les rangs arabes et relancer l’action arabe commune», a-t-il ajouté.
A ce propos, le chef de la diplomatie algérienne a estimé qu’«en dépit des relations profondes liant les pays arabes, de par leur destin commun enraciné dans l’histoire, la Ligue arabe souffre encore de la faiblesse de son rôle dans la résolution des crises qui sévissent dans la région arabe et de son incapacité d’atteindre les objectifs pour lesquels elle a été créée, essentiellement le règlement des crises dans la région arabe, une région sous l’influence de forces internationales ayant leurs propres agendas».
Il a réaffirmé, par la même, que «l’Algérie demeure fidèle à ses principes et ses constantes, rejette toutes formes d’ingérence étrangère et réitère son attachement au respect de la souveraineté nationale de chaque Etat, tout en œuvrant au règlement pacifique et politique des conflits, par le dialogue inclusif et la Réconciliation nationale, axes principaux de l’approche algérienne en matière de résolution des crises qui déstabilisent la région arabe».
Auteur: elmoudjahid
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