L’avocat de la défense des prisonniers sahraouis du groupe «Gdeim Izik», Olfa Ouled, a tiré la sonnette d’alarme sur l’état de santé des prisonniers sahraouis, détenus dans les prisons marocaines, notamment en cette période de pandémie de coronavirus, a rapporté hier l’Agence sahraouie (SPS).
Olfa Ouled, avocate française à la Cour (Paris 6e arrondissement), représente 18 des prisonniers politiques sahraouis du Groupe Gdeim Izik.
«La pandémie actuelle fait craindre une aggravation de la situation de tous les prisonniers politiques sahraouis et, en particulier, des prisonniers que je représente. Ils ont tous des problèmes de santé en raison des tortures qu’ils ont subies et n’ont pas accès à des médecins, ce qui les expose à un risque accru par rapport au Covid-19», a souligné Olfa Ouled, dans un entretien accordé aux médias sahraouis.
Le cas du Groupe Gdeim Izik, selon plusieurs organisations internationales, «est un exemple des multiples violations de la loi par les autorités marocaines dans les territoires occupés du Sahara occidental, où la détention arbitraire est la norme et non l’exception, lorsqu’elle est déjà appliquée à la population sahraouie et les militants des droits de l’homme».
L’avocate a rappelé que la Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Michelle Bachelet, a appelé «les gouvernements à libérer toute personne détenue sans base légale suffisante, y compris les prisonniers politiques, et détenue simplement pour avoir exprimé des opinions critiques ou dissidentes. Une fois libérées, ces personnes devraient subir un examen médical et des mesures devraient être prises pour s’assurer qu’elles reçoivent les soins et le suivi nécessaires, y compris un suivi médical».
Cette demande a également été transmise par l’Observatoire pénitentiaire marocain, qui a demandé à l’administration pénitentiaire de libérer les prisonniers d’opinion et les militants jugés pacifiques.
Un «manque flagrant d’infrastructures et de personnel médical peut en fait entraîner la propagation généralisée du Covid-19 dans les prisons marocaines.
Les conditions dans les prisons marocaines où sont détenus mes clients manquent des mesures d’hygiène les plus élémentaires», a-t-elle alerté.
En outre, l’avocate a indiqué qu’elle a été empêchée à plusieurs reprises de rendre visite à ses clients et, dans la situation actuelle, les familles ne peuvent pas non plus leur rendre visite.
Le gouvernement marocain a même cessé de recevoir des plaintes de l’étranger. Par conséquent, il est impossible de savoir clairement l’état de santé des prisonniers et, en ce qui concerne l’épidémie de Covid-19, nous sommes obligés de faire confiance aux informations officielles.
Elle a indiqué qu’elle «contacte régulièrement les autorités marocaines à différents niveaux, concernant les violations commises contre mes clients dans les différentes prisons où ils sont détenus, en relation, entre autres, avec leur état de santé, négligence médicale, isolement et droit à continuer les études».
«Le dernier rapport de torture et de mauvais traitements a été envoyé au procureur d’Inzegane et reçu le 25 février, mais jusqu’à présent je n’ai reçu aucune réponse», a-t-elle souligné.
Auteur: elmoudjahid
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