20 ans de réclusion criminelle ont été requis, hier, en début de soirée par le tribunal de Blida à l’encontre de Saïd Bouteflika, Mohamed Mediène, Athmane Targtag et Louisa Hanoune. C’est ce que nous a confirmé, hier, Me Miloud Brahimi, un des avocats de la défense, contacté par El Moudjahid. Il fera savoir que la même peine a été également requise contre l’ancien ministre de la Défense nationale, Khaled Nezzar, son fils Lotfi, gérant de la société SMART LINK COM (SLC) et Benhamdine Farid.
Nezzar et son fils font l’objet, pour rappel, de mandats d’arrêt internationaux délivrés par le tribunal militaire de Blida. En fuite à l’étranger, ils sont poursuivis pour complot et atteinte à l’ ordre public. Me Brahimi informe, en outre, que le verdict sera connu aujourd’hui. En effet, le procès de Saïd Bouteflika, de Mohamed Mediène, Athmane Tartag et de Louisa Hanoune a abouti, hier, au réquisitoire qui sera suivi des plaidoiries de la défense.
Comme au premier jour de l’ouverture de ce procès, les alentours de l’institution sont étroitement surveillés par les services de sécurité, policiers et gendarmes fortement déployés sur les lieux. L’accès aux audiences est strictement réservé aux avocats et aux familles des quatre accusés poursuivis, rappelle-t-on, pour «atteinte à l’autorité de l’armée» et «complot contre l’autorité de l’Etat». De graves accusations pour lesquelles les concernés risquent de lourdes peines d’emprisonnement pouvant atteindre jusqu’à 10 ans fermes, en vertu des articles 284 du code de la justice militaire et des dispositions contenues dans les articles 77 et 78 du code pénal. A l’ouverture, lundi dernier, de ce procès emblématique et très médiatisé, le général Athmane Tartag a refusé de comparaître devant le tribunal, selon Me Farouk Ksentini, un des avocats du collectif de la défense, tandis que Saïd Bouteflika a refusé de répondre aux questions des juges. Autre fait marquant le premier jour du procès, l’audition de l’ex-président du Conseil constitutionnel, Tayeb Belaïz, convoqué en tant que témoin. D’autres témoins devront, eux aussi, se succéder à la barre parmi lesquels il est question notamment d’ex-conseillers à la présidence de la République, comme l’a indiqué à la presse Me Farouk Ksentini, pour qui ce procès «peut durer plusieurs jours avant le prononcé du verdict». Hier, ce qui a le plus distingué ce deuxième jour du procès c’est essentiellement l’audition, par les juges, du général à la retraite Mohamed Mediène, dit Toufik, ex-responsable des services de renseignement qu’il a dirigés pendant 25 ans. Selon ses avocats, «il a été longuement interrogé sur la réunion du 27 mars qu’avait abritée la résidence Dar El Afia, à Hydra, et ses réponses étaient sereines et convaincantes». Malade, et un état de santé qui s’est dégradé selon sa famille et ses avocats, le général Toufik, toujours selon ses avocats, a préféré le terme «rencontre» à celui de «réunion». Il a reconnu avoir pris part à cette «rencontre» pour apporter, a-t-il dit, sa contribution à la résolution de la crise que traverse le pays. Il a expliqué aux juges que les accusations pour lesquelles il est poursuivi ont un lien avec les événements survenus en 2013, notamment l’ouverture par les services de renseignement, qu’il dirigeait à l’époque, des dossiers de corruption, entre autres celui lié à l’affaire Sonatrach à laquelle l’ex-président s’est opposé. Comme rapporté par ces avocats, il dira encore que c’est bel et bien pour cette raison qu’il a été destitué de son poste.
«Zeroual a refusé de gérer la période de transition»
Toujours selon ses avocats, le général Toufik a contacté l’ancien président de la République, Liamine Zeroual, pour gérer la transition, sur proposition de Saïd Bouteflika après que ce dernier aurait refusé les noms d’Ali Benflis et d’Ahmed Benbitour. Toufik a pris contact avec Zeroual et ce dernier lui a fait part, dans un premier temps, de sa disponibilité à assurer la transition. Rendez-vous est pris par les deux hommes, le 30 mars dernier à Moretti. Sur place l’ancien président de la République s’est rétracté, évoquant son état de santé et la dynamique du Hirak populaire, dira Mohamed Mediène dont les propos ont été rapportés par ses avocats.
Des officiers en charge de la gestion de la Résidence Dar El Afia ainsi que les chauffeurs des quatre prévenus ont également été entendus hier en tant que témoins.
Karim Aoudia
Auteur: elmoudjahid
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