Condamné en première instance, en septembre 2025, à cinq ans de prison « pour association de malfaiteurs » dans le dossier de financement illégal de sa campagne présidentielle de 2007, l’ex-président français, Nicolas Sarkozy, est de retour, devant la Justice de son pays. Son procès en appel s’est ouvert le 16 mars dernier, devant le tribunal correctionnel de Paris où une nouvelle équipe de magistrats doit juger l’affaire. Un procès aux enjeux majeurs pour l’ancien locataire du palais de l’Elysée qui risque de faire face à des conséquences hautement dommageables pour lui s’il est reconnu, à nouveau, coupable des faits à lui reprochés.
Nicolas Sarkozy ne peut que s’en prendre à lui-même
Cela est d’autant plus vrai que dans ce nouvel épisode de son procès qui se joue sur sa capacité à convaincre le tribunal de son innocence, l’ancien chef de l’Etat français risque jusqu’à dix ans d’emprisonnement. Une situation qui, à 71 ans, sonnerait le chant du cygne pour l’ambitieux leader de la droite républicaine, en cas de confirmation de sa condamnation dans ce procès qui est encore loin de livrer tous ses dessous. Le moins que l’on puisse dire, c’est que depuis son départ du pouvoir, Nicolas Sarkozy est englué dans des démêlés judiciaires à n’en pas finir. En effet, condamné en appel en 2023 et en cassation en 2024, à trois ans de prison dont un an ferme à purger sous bracelet électronique, dans l’affaire dite des écoutes encore appelée « affaire Bismuth », l’ancien numéro un français sera, une fois de plus, happé par les fourches caudines de la Justice française qui le condamnera définitivement dans une autre affaire dite Bygmalion, un scandale politico-financier qui entachera encore son image et sa réputation, après le rejet de son pourvoi en cassation, en novembre 2025. Et depuis le 16 mars dernier, c’est le dossier du financement libyen pour sa campagne présidentielle de 2007, qui l’amène à nouveau devant les juges, pour un autre marathon judiciaire qui est parti pour durer au moins trois mois. Un véritable chemin de croix pour l’ancien chef de l’Etat dont on se demande s’il pourra se tirer, cette fois-ci, d’affaire. A quand donc la fin de la descente aux enfers pour Nicolas Sarkozy ? La question est d’autant plus fondée qu’avec l’enchaînement de ces procès où il vole de déconfiture en déconfiture, tout porte à croire que « l’homme pressé » est en train d’être rattrapé par son passé. Et les choses pourraient aller de mal en pis pour lui, si sa cause n’est pas entendue dans ce procès en appel qui fonde tous ses espoirs de redorer son blason dans une affaire qui a vu son nom traîné dans la boue pour « association de malfaiteurs ». Et le voir tomber plus bas que terre en entrant dans l’histoire comme le premier ex-président de l’histoire de la République française, à être jeté en prison comme un malpropre. Mais Nicolas Sarkozy ne peut que s’en prendre à lui-même. Car, comme le dit si bien l’adage, « nul ne peut se prévaloir de ses propres turpitudes ». Et dans le cas des procès intentés contre lui, le natif de Paris s’est plus d’une fois révélé comme un homme de compromission, au regard des verdicts prononcés à son encontre.
C’est un procès potentiellement riche en enseignements pour l’Afrique
Réussira-t-il à se tirer, cette fois-ci, d’affaire ? On attend de voir. Mais d’ores et déjà, tout porte à croire que le prédécesseur de François Hollande joue gros dans ce jugement en appel qui pourrait sonner le glas de ce qu’il reste de ses ambitions politiques. Même si tout reste possible dans ce nouveau procès où la Cour d’appel peut confirmer, alourdir ou réduire sa peine, voire prononcer sa relaxe. Autant dire que c’est un procès à quitte ou double pour l’ancien chef de l’Etat français qui joue autant sa liberté et sa dignité, que la prison et le déshonneur dans cette affaire où le fantôme de l’ex-guide libyen assassiné, ne semble pas vouloir le lâcher d’une semelle. Et on se demande quel impact la disparition tragique d’un témoin clé comme Seif al Islam, le fils du colonel libyen Mouammar Kadhafi, qui ne manquait pas d’occasion d’accabler le dirigeant français, aura sur le procès. Mais au-delà des déboires judiciaires de Nicolas Sarkozy, c’est un procès qui est potentiellement riche en enseignements pour l’Afrique. Un continent où les peuples ne semblent pas aussi regardants sur les actes de leurs dirigeants qui agissent en véritables timoniers et autres prédateurs des ressources publiques. Et de Libreville à Tripoli en passant, entre autres, par Ouagadougou et Abidjan, Dieu seul sait combien de mallettes d’Omar Bongo, de « Djembé » de Blaise Compaoré et que sais-je encore de Laurent Gbagbo, ont transité par des circuits occultes pour aider à installer des présidents à l’Elysée, sans que cela ne fasse sourciller en Afrique. C’est dire si autant la France demande aujourd’hui des comptes à Nicolas Sarkozy, autant l’Afrique devrait en demander à ses dirigeants qui se rendent coupables de telles forfaitures. Car, à y voir de près, c’est souvent l’argent du contribuable africain qui est utilisé à de telles fins, pour un renvoi d’ascenseur souvent nauséeux, une fois le grand chef blanc royalement installé sur son trône. Il faut que ça change !
« Le Pays »
Auteur: Editions LEPAYS
Cliquez ici pour lire l’article depuis sa source.
