Le procès en appel de trois Ahmadis de Béjaïa aura lieu demain près la cour d’appel de Béjaïa. La Ligue algérienne de défense des droits de l’homme (LADDH) dénonce ce qu’elle qualifie de «campagne d’inquisition et de persécution» contre cette communauté et plaide pour l’abandon de l’ensemble des poursuites. 

«La Laddh, qui a suivi cette affaire dès le début, a déjà dénoncé cette campagne d’inquisition et de persécution contre cette communauté et plaidé pour l’abandon de l’ensemble des poursuites, car en contradiction avec les libertés de culte et de conscience consacrées par la Constitution et le pacte international relatif aux droits civils et politiques ratifié par l’Algérie», précise Saïd Salhi, vice-président de la Laddh dans une déclaration rendue publique, hier, relevant que son organisation réitère encore une fois son plaidoyer et se mobilise afin d’assurer la défense par ses avocats MesChiter et Houali et d’observer le procès par le biais de l’Observatoire algérien des procès (OAP) pour un procès équitable.

Le communiqué de la Ligue précise que les prévenus ont été déjà jugés en première instance devant le tribunal d’Akbou à une peine de trois mois de prison avec sursis et à une amende de 20 000 DA. Il s’agit de M. Idjaâd et sa femme et M. Adrar, qui n’ont pas comparu sur un groupe de 27 Ahmadis déjà jugés suite à l’appel introduit par le procureur de Béjaïa, en deuxième instance, à la cour de Béjaïa en confirmant le verdict déjà prononcé au tribunal d’Akbou, précise la Laddh. L’ensemble des Ahmadis mis en cause ont été interpellés le 10 mars 2017 dans plusieurs localités de la wilaya de Béjaïa et poursuivis pour plusieurs chefs d’inculpation : offense à l’islam, constitution d’association illégale, collecte illégale d’argent.

Leur seul tort, s’offusque Saïd Salhi, vice-président de l’organisation, est «d’être Ahmadis, algériens et musulmans de confession non makekite», déclarés par le ministère des Affaires religieuses comme seul «référent confessionnel des Algériens». Des ONG ont dénoncé le traitement réservé par les autorités algériennes à la communauté ahmadie. Human Right Watch (HRW) a noté, début janvier 2018, l’«intensification» des poursuites judiciaires contre les membres de cette communauté, «en se fondant sur des accusations liées à l’exercice de leur religion».

«Pour le seul mois de décembre 2017, il y a eu au moins huit nouveaux procès en Algérie, où ont comparu au moins 50 Ahmadis. Depuis juin 2016, ce sont 266 Ahmadis qui ont été inculpés, pour certains dans plusieurs procès en même temps», précise l’organisation, relevant que le président de la communauté en Algérie, M. Fali, lui a précisé qu’«au moins quatre autres procès devaient s’ouvrir au cours du mois de janvier 2018». Depuis cette date, d’autres fidèles de la communauté ont été poursuivis, principalement à Akbou (Béjaîa). L’ahmadisme est considéré commune un mouvement réformiste musulman fondé par Mirza Ghulam Ahmad (1835-1908) à la fin du XIXe siècle au Penjab (Inde). 

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Auteur: Hicham Chouadria
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