On prend un pays, et on en sape tous les fondements. Méticuleusement, pernicieusement, avec la bonne conscience du devoir accompli. On prend un pays, et en lieu et place de s’atteler à reconstruire, tout ce qui a été déconstruit, en veillant à panser toutes ses plaies, afin qu’il n’ait pas à mourir de toutes ses blessures, l’on se met, au contraire, à s’activer à les infecter davantage, dans le net objectif de précipiter sa « mise à mort »… Afin d’en affaiblir toutes les structures, et en enrayer tous les heureux mécanismes, lesquels auront, jusqu’ici, résisté comme par miracle, à tous les coups de « boutoir » de ses ennemis patentés, avant de se résoudre à jeter l’éponge. Par fatigue et par extrême lassitude. 

On prend un pays, et l’on s’acharne à creuser, faisant le lit de tous les désespoirs, toutes les inégalités, déjà criantes d’injustice, entre les régions, afin de participer à ce qu’il y ait, définitivement, dans une Tunisie qui était, jusque, il n’y a pas si longtemps, forte, de sa classe « moyenne », pour engendrer un Etat-monstre, qui marche à deux vitesses, et ne se soucie pas une seconde, ce faisant, d’approfondir l’écart, entre ceux qui se sentent y appartenir, parce que, pour eux, le vent tourne toujours dans le bon sens, et ceux qui en viennent à douter. Aujourd’hui, plus que jamais…

Une enfant, engloutie, par la bouche ouverte d’un égout ? Un détail de l’Histoire. Un père de famille, mort, écrasé sous les décombres de son kiosque de fortune, démoli par les instances municipales, à l’aube d’un jour qui ne pourra pas se lever pour lui ? Un détail de l’Histoire. Et, ne l’oublions pas : le tribut, promis, à la révolution. Celle que l’on est censé, quelques tragédies après, applaudir à tout rompre, en attendant d’en voir la couleur. Qui est responsable ? Qui ne l’est pas ?

Il y a, vraiment, quelque chose de pourri. Et le royaume de Suède n’y est pour rien.

Le dos au mur. Problème : même les murs ont été dévastés.

Auteur: letemps1
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