La fabrication chimique des drogues et usage de drogues au Maroc
Khalid Darfaf
« Il faut opérer un changement de paradigme en traitant l’addiction à la drogue comme une maladie et non point comme un acte criminel », a souligné le professeur de la psychiatrie, Jallal Toufiq, lors d’une conférence organisée, mercredi 15 février, à la faculté des lettres et des sciences humaines de Mohammedia (FLSHM), relavant l’Université de Hassan II Casablanca. Le vice-président de l’organe international de contrôle des stupéfiants (OICS) a ainsi appelé à faire prévaloir le terme usager de drogues et éviter les jugements de valeurs et les stigmates (toxicomane, drogués).
Placée sous le thème « Situation de l’usage de drogues au Maroc et dans le monde : rôle de l’observatoire marocain des drogues et addictions », cette rencontre scientifique fut une occasion pour l’intervenant afin d’établir un état des lieux de l’usage du drogue et les menaces qui guettent le pays, tout en mettant l’accent sur le fait qu’une politique publique en bonne et due forme, dédiée à lutter contre ce phénomène doit, avant tout être basée sur « des évidences scientifiques ». Le conférencier a ainsi mis en avant le rôle rempli par l’observatoire marocain des drogues et addictions (OMDA), une instance autonome, dont sa mission principale consiste à collecter les données et établir des recommandations afin de fournir aux policy makers des données réelles voire objectives en matière de l’usage de drogues et addictions.
Prise de conscience du risque : l’autre défi !
Il faut dire, selon le conférencier, que le Maroc se situe sur la route de trafic de toutes les drogues du monde. En plus de cela le Maroc compte une population jeune, d’où l’aggravation du risque. Cela étant, il y a une inflation des personnes qui sont exposées à l’usage de la drogue. Autant dire, beaucoup de facteurs qui aggravent la vulnérabilité des jeunes, en citant dans ce sens le problème de l’accessibilité de la drogue, tels la résine du cannabis ou la cocaïne dont le prix du gramme a connu une baisse significative.
Abondant dans le même ordre idées, le professeur de psychiatrie a révélé les résultats d’une étude effectuée sur un échantillon représentative de jeunes lycéens. Le plus important, a-t-il insisté, c’est que la perception du risque chez cette catégorie sociale nous renseigne amplement sur le phénomène de l’amplification de l’utilisation de la drogue. En fait, la majorité des enquêtés lycéens a répondu qu’ils « n’est point consciente du risque de l’utilisation des drogues ou il s’agit de substances qui, selon eux, ne contiennent aucun risque, soit les deux tiers de l’échantillon », a-t-il précisé.
Et le véritable malheur a-t-il ajouté, c’est qu’on assiste aujourd’hui à un polyusage des drogues. Autre point non moins important, consiste dans le fait que les personnes, issues d’un milieu social aisé, s’adonnent, de façon précoce, à la drogue, mais ils disposent des possibilités financières qui leur permettent de sortir de la toxicomanie contrairement aux individus appartenant à un milieu social défavorisé.
Cependant, il faut dire que, de nos jours, la véritable menace des drogues provient des nouvelles substances psychoactives (NPS). Il s’agit d’une orientation mondiale vers une industrie chimique de drogue à bas prix, a-t-il conclu.
L’article Professeur Jallal Toufiq : « Le monde se dirige vers une industrie chimique de drogue à bas prix » est apparu en premier sur ALBAYANE.
Auteur: M’hammed rahal
Cliquez ici pour lire l’article depuis sa source.