Le film documentaire, la Main rouge, de Kamel Faiz, réalisé sur la base d’un scénario de notre confrère Mustapha Aït Mouhoub, et sous la direction de Lamri Ouzzir, fait une incursion dans les arcanes des crimes commis par la France coloniale durant la guerre de Libération nationale.
Construit autour des témoignages des actants de la guerre de Libération, tels qu’Omar Boudaoud, Ould Kablia et Ali Haroun, et d’autres historiens algériens et français, le film met en lumière les crimes commis par «la Main rouge», une organisation secrète chargée par l’État français d’assassiner des leaders des mouvements de libération. Les auteurs du film documentaire se sont évidemment focalisés sur le cas de l’Algérie, et ont, minutieusement, reconstitué l’histoire de cette sombre et morbide organisation qui finira par s’allier, à la fin de la guerre de Libération, à une autre organisation criminelle, l’OAS. Sur le plan informationnel, le documentaire est d’une grande richesse. En effet, chaque témoignage apporte son lot d’informations qui éclairent le spectateur sur les visées de «la Main rouge». Cependant, le documentaire pèche dans sa mise en scène, notamment dans sa tentative de reconstitution de certains assassinats.
Cette partie fictionnelle est complètement ratée. La reconstitution freine le rythme du film, voire atténue la crédibilité et la valeur des témoignages.
Les auteurs gagneraient à supprimer, avec un nouveau montage, ces séquences de reconstitution.
Le film documentaire la Main rouge est d’un apport avéré dans la quête sur des vérités de notre guerre de Libération. Le film met en lumière une des parties restées obscures et dans l’ombre, et, partant, révèle que d’autres pistes pour de nouveaux documentaires. Le public, qui a assisté à la projection, jeudi à la salle Afrique, est convaincu, comme affirmeront certains lors du débat, que des films restent à réaliser pour montrer les visées de la France coloniale et ses crimes contre l’humanité.
La Main rouge rend aussi un hommage particulier à ces Européens qui ont soutenu notre guerre de Libération et qui y ont contribué jusqu’à la victoire finale. On parle dans les films des porteurs de valises, mais pas seulement. Sont évoqués aussi les avocats qui défendaient les militants algériens, les intellectuels qui se sont mobilisés contre la guerre que menait la France en Algérie.
Abdelkrim Tazaroute

Auteur: elmoudjahid
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