«Cette session de formation, initiée au profit de 70 enseignants de langue amazighe de la wilaya d’Alger, fait suite à celle qui a eu lieu en 2018, à l’Institut national de formation des cadres de l’éducation Bachir-Ibrahimi d’Aïn Témouchent, et qui a concerné 250 enseignants venus de plusieurs wilayas.»
Tels sont, en substance, les propos du ministre de l’Éducation nationale, qui s’est exprimé, hier, au lycée des mathématiques de Kouba (Alger), lors de l’ouverture d’une session de formation au profit des enseignants de langue amazighe. Une session qui devrait s’étaler jusqu’au 10 juillet.
Dans ce sillage, Abdelhakim Belabed a révélé qu’à la prochaine rentrée scolaire, une autre session de formation sera organisée, à Batna cette fois, au profit de 100 enseignants d’amazigh de l’est du pays. «La tenue de cette rencontre coïncide avec la sortie de l’École normale supérieure (ENS) de Bouzaréah, de la première promotion de 40 enseignants du cycle primaire en amazigh», s’est-il réjoui, avant d’ajouter que l’enseignement de cette langue se diffuse progressivement à travers le pays, et ce dans ses différentes variantes locales. «L’enseignement d’amazigh est, il faut le dire, en progression constante. À ce propos, depuis 1995, le nombre d’étudiants en amazigh a été multiplié par dix, passants de 37.690 élèves à plus de 390.000 en 2019, répartis sur 44 wilayas», a-t-il rappelé, avant de préciser que le nombre des enseignants de langue amazighe est passé sur la même période, de 233 à 3.039 actuellement. Le ministre a soutenu que ce progrès «significatif» s’explique, entre autres, par le partenariat qui lie son département, au Haut-Commissariat à l’amazighité (HCA).
Le ministre de l’Éducation a, par ailleurs, insisté sur le fait que l’école algérienne a pour rôle d’inculquer au citoyen, l’amour de la patrie, de ses valeurs et de son identité nationale bâtie sur le triptyque : Islamité, Arabité et Amazighité.
Poursuivant ses propos, Abdelhakim Belabed a affirmé que le rôle de l’école est, notamment d’ancrer les valeurs de la glorieuse Révolution de Novembre 1954 et le principe inaliénable de l’unité nationale. «L’école est un facteur d’unification, de fortification de la conscience nationale et de fidélité à la patrie», a-t-il réitéré, non sans soutenir que l’Arabité et l’Amazighité, additionnées aux valeurs spirituelles de l’islam, sont le ciment de la personnalité algérienne.
Revenant sur la question de la promotion de l’amazigh, le ministre n’omettra pas de souligner que l’ensemble des moyens scientifiques et matériels ont été mis à disposition pour son développement. «Le but de ces sessions de formation est de renforcer les enseignants sur le plan de la didactique et de la pédagogie», a-t-il assuré, avant de conclure son intervention en affirmant que «ces efforts s’inscrivent dans la stratégie des pouvoirs publics pour généraliser son enseignement et lui rendre la place qui lui sied».
De son côté, le secrétaire général du HCA a affirmé que «l’amazighité et l’arabité ont vécu ensemble durant des siècles sans le moindre problème, contrairement à ce que prétendent certains». Si El-Hachemi Assad a aussi mis à profit cette opportunité, pour saluer le soutien constant des pouvoirs publics dans la promotion de cette langue. «L’officialisation de l’amazigh est un grand acquis pour l’ensemble du peuple algérien. Cet acquis est certes le résultat du combat de plusieurs générations, mais il est surtout le fruit de la bonne volonté des pouvoirs publics», a-t-il fait savoir, avant de se féliciter sur le fait que l’école va contribuer davantage à renforcer le vivre ensemble entre l’ensemble des Algériens, «loin de tout régionalisme et de toutes formes d’extrémisme». M. Assad a, notamment souligné que cette rencontre est l’occasion pour pouvoir faire le point sur les réalisations et sur le chemin parcouru. «Prochainement, une filière d’enseignement en langue amazigh sera ouverte à Ouargla», a-t-il annoncé, ajoutant, dans la foulée, que cette filière renforcera l’enseignement délivré par les départements de langue et de culture amazighes des universités de Tizi Ouzou, de Béjaïa, de Batna et de Bouira. Enfin, Si El- Hachemi Assad a «appelé au renforcement de l’enseignement de l’amazigh au profit de notre communauté à l’étranger».
Sami Kaidi
Auteur: elmoudjahid
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