La mobilisation estudiantine hier à Oran (photo : el watan )Moins nombreux que d’habitude, les étudiants ont quand même marché hier à Oran. Le nombre a, certes, diminué, mais la détermination de ceux qui ont participé à la manifestation reste visiblement intacte, ils demandent le départ des symboles du système, tels que Bensalah et Bédoui.
Ceux-ci estiment que «le hirak de l’étudiant est partie intégrante du hirak du peuple» et se sont exprimés en faveur de «la constitution d’un gouvernement de transition et à sa tête des figures qui ont la confiance du peuple».
Le mois de Ramadhan ne semble pas constituer un frein aux plus déterminés qui scandent : «Nous jeûnons mais nous résistons (…).»
Beaucoup avaient en effet pensé que le mouvement estudiantin allait s’essouffler à cause du jeûne, et c’est probablement le cas pour certains mais pas pour tous. «Pouvez-vous passer le Ramadhan sans hirak ? Il n’en est pas question (makanch menha)», lit-on en arabe sur une pancarte parmi des dizaines d’autres brandies hier tout le long du parcours.
Le point de rencontre a été d’abord la place du 1er Novembre, où un rassemblement a été organisé dès le matin. Répétés en chœur, les slogans scandés sur place insistent toujours sur l’unité du peuple et de la nation et aucun coin du territoire ni composante de la nation n’ont été omis. Ils préviennent ainsi contre toute tentative de division.
La conscience politique des étudiants va au-delà en s’intéressant au contexte extérieur. Tout en étant contre toute forme d’ingérence, on les a entendus tacler un pays comme les Emirats en scandant «El Imarate bled el mou’amarate !» (Les Emirats, pays des complots).
Les manifestants dénoncent par ailleurs les pressions exercées auparavant sur les avocats, sur les enseignants, etc., mais aussi la marginalisation des catégories sociales, comme les chômeurs. «Vous avez valorisé celui qui vous caresse dans le sens du poil», dénoncent-ils au passage.
Les étudiants, qui revendiquent en parallèle «la liberté de la presse et plaident pour l’instauration d’un Etat de droit, où règne l’équité», ont ensuite emprunté le boulevard Emir Abdelkader avant de bifurquer, pour longer la rue Larbi Ben M’hidi.
Des haltes ont été observées à certains endroits, mais sans grande conséquence sur la circulation habituellement dense dans cette partie du centre-ville.
Certains slogans sont propres à la communauté estudiantine avec les jeux de mots habituels traduits littéralement : «Comment ! Vous craignez une année blanche et vous n’avez pas peur d’un avenir noir !»
Une ambiance bon enfant caractérise néanmoins cette marche qui s’est terminée, comme à l’accoutumée, face au siège de la wilaya, où un autre groupe d’étudiants avait déjà pris place.
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Auteur: Hicham Chouadria
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