A la fin de son article, l’auteure s’interroge : «Peut-on alors comparer le groupe hirak aux groupes de personnes traumatisées ?» Nadia Kacha est sûre d’une chose : cette expérience sociale aura été véritablement «fondatrice et structurante».

Si le hirak a disparu de l’espace public, il continue néanmoins à habiter la mémoire collective, à être régulièrement invoqué et, surtout, il continue à nourrir moult travaux de chercheurs pluridisciplinaires et à être disséqué sous toutes ses coutures. A ce titre, il convient de citer cette étude très instructive que l’on doit à Nadia Kacha : «Le hirak, un groupe thérapeutique».

Nadia Kacha est psychologue clinicienne, psychothérapeute et formatrice au Cirppa, le Centre d’information et de recherche en psychologie et psychanalyse appliquées, basé à Paris. Son article est paru tout récemment dans le numéro 16 de la revue suisse Tribune Psychanalytique.

Dans cet article, l’auteure s’est donc intéressée à ce fameux rituel du vendredi qui a scandé tout au long de l’année 2019 et jusqu’au début de la pandémie, la vie sociale en Algérie, donnant à voir un formidable moment de communion citoyenne comme rarement les Algériens en ont connu. «Il était important de se rencontrer chaque vendredi pour se sentir enveloppé par ce sentiment si fort de fierté d’être Algérien.

On se sentait bien ensemble, tous pareils, sans différence d’âge, de sexe et de générations», écrit Nadia Kacha. Pour elle, cette communion «évoquait l’égrégore dont parlent les ésotéristes, cet ensemble d’énergies cumulées créées par la pensée de gens qui ont un but commun, ou Carl Gustav Jung avec sa théorie de l’inconscient collectif que l’humanité partagerait comme une sorte d’héritage psychique qui permettrait de relier les individus entre eux».

Dans l’approche qu’elle propose, Nadia Kacha dit s’inspirer notamment des travaux des psychanalystes français René Kaës et Didier Anzieu. René Kaës «parle d’un appareil psychique groupal», indique-t-elle.

«Pour lui, dans les groupes, chaque sujet mobiliserait inconsciemment certaines formations psychiques pour s’appareiller, s’accorder, pour faire lien avec des structures homologues chez les autres sujets, le lien se fondant essentiellement sur des alliances inconscientes qui se nouent entre les sujets», explique la praticienne.

Retrouvez l’intégralité de nos articles sur la version papier

L’article Psychanalyse du Hirak est apparu en premier sur El Watan.

Auteur: Anis Khecheba
Cliquez ici pour lire l’article depuis sa source.